Résumé
L'hyperaldostéronisme familial de type 1 est une pathologie héréditaire rare de transmission autosomale dominante due à l'expression ectopique de l'aldostérone synthase dans la zone fasciculée de la glande surrénale. Elle se manifeste par une hypertension artérielle sévère précoce (souvent apparue avant l'âge de 20 ans), un tableau biologique d'hyperaldostéronisme primaire d'intensité variable et un taux anormalement élevé de dérivés 18-oxo et 18-hydroxy du cortisol. Le défaut moléculaire responsable de cette pathologie est la survenue d'un événement de recombinaison génétique sur le bras long du chromosome 8 entraînant une duplication-fusion entre la partie 5' du gène de la 11 bêta-hydroxylase CYP11B1 et la partie 3' du gène de l'aldostérone synthase CYP11B2, deux gènes très similaires (93%) et très proches. L'ensemble des remaniements s'effectue avant l'exon 5 du gène CYP11B2, qui possède des acides aminés essentiels à la fonction aldostérone synthase. Le gène hybride possède ainsi la partie promotrice du gène CYP11B1, sensible à l'Adrenocorticotropic Hormone (ACTH), et la partie codante du gène CYP11B2. Ceci conduit à une synthèse surrénalienne excessive, dépendante de l'axe hypothalamo-hypophysaire, de composés minéralocorticoïdes. Le diagnostic et le dépistage familial reposent sur la mise en évidence du gène hybride par Southern Blot et/ou PCR. Les dosages urinaires montrent une élévation majeure des composés 18-oxo et 18-OH du cortisol. La certitude diagnostique permet la mise en place d'un traitement spécifique freinateur basé sur l'association de petites doses de dexaméthasone avec un anti-aldostérone. *Auteur : Pr X. Jeunemaitre (octobre 2001)*.