Résumé
L'adénosine phosphoribosyltransférase catalyse la synthèse de l'AMP (adénosine monophosphate) à partir de l'adénine et du 5'-phosphoribosyl-1-pyrophosphate (PP-ribose-P) en présence de magnésium (Mg2+). Dans le déficit en cet enzyme, l'adénine est d'abord oxydée en 8-hydroxyadénine (8-HA) avant de se transformer 2,8-dihydroxyadénine (2,8-DHA) grâce à la xanthine déshydrogénase. L'adénine est formée à partir de la 5'-méthylthioadénosine grâce à l'action du 5'-méthylthioadénosine phosphorylase ; elle est un sous-produit de la synthèse de la polyamine. Il s'agit probablement, in vivo, de la principale voie de synthèse de l'adénine. Ce déficit se transmet sur le mode autosomique récessif. Le gène responsable est situé sur le chromosome 16q24. Deux types d'homozygotes ont été mis en évidence, suite à l'observation de l'activité de l'APRT dans les lysats des érythrocytes. Chez les patients de type 1, surtout en Europe et en Amérique du Nord, il est impossible de déceler l'activité de l'APRT. Chez les patients de type 2, observé au Japon seulement, 10 à 25% de l'activité de l'APRT est normale en raison d'une anomalie cinétique apparente seulement dans des conditions non physiologiques. Que ce soit dans le type I ou II, aucune activité ne peut être mise en évidence dans les érythrocytes intacts dans des conditions physiologiques. L'hétérozygotie pour les deux anomalies est élevée (0,4 à 1,2 pour 100), ce qui suggère un nombre d'homozygotes compris entre 1/250 000 à 1/33 000. Les signes cliniques - colique, hématurie, infection du tractus urinaire et dysurie - ; résultent de la présence de cristaux ou calculs plus ou moins grands de 2,8 DHA retrouvés dans les urines. L'insuffisance rénale aiguë peut être le signe clinique révélateur de la maladie et peut être réversible ; cependant, si cette insuffisance n'est pas diagnostiquée, les homozygotes évoluent généralement vers l'insuffisance rénale chronique, avec dialyse et transplantation. Chez les sujets plus âgés, des cristaux de 2,8 DHA sont d'abord décelés lors de la biopsie rénale, suite à la transplantation. Environ 15% des homozygotes ne présentent absolument aucun symptôme, même si une cristallurie est observée chez tous les homozygotes dès la naissance. L'allopurinol empêche la formation de 2,8-DHA ; la lithotripsie s'est révélée efficace. *Auteur : Dr H.A. Simmonds (juillet 2003)*.