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Nouveautés Orphanet Orphanet réorganise son équipe pour assurer ses nouvelles missions Récemment, de nouveaux projets sont venus compléter les missions d’Orphanet : le développement d’une base européenne sur les médicaments orphelins, la participation à un réseau d’excellence pour l’harmonisation des tests génétiques (EUROGENETEST), et la création d’une lettre d’information européenne en anglais sur les maladies rares. Afin d’intégrer ces nouvelles tâches aux métiers de chacun, Orphanet s’est accordé deux jours de réflexion à la campagne. De ce temps d’échanges ont émergées la nécessité d’une réorganisation de l’équipe, et l’idée d’une évolution du site Orphanet vers un portail. Vous pouvez découvrir, sur une photo prise à cette occasion, les visages de ceux et celles qui font vivre Orphanet en France.
Nouveaux textes Cutaneous lupus erythematosus http://www.orpha.net/data/patho/GB/uk-Cutaneous-lupus-erythematosus.pdf Hyperthyroidism, familial, due to mutations in TSH receptor http://www.orpha.net/data/patho/GB/uk-familial-hyperthyroidism-TSH.pdf Peripartum cardiomyopathy http://www.orpha.net/data/patho/GB/uk-Peripartum-cardiomyopathy.pdf Tungiasis http://www.orpha.net/data/patho/GB/uk-Tungiasis.pdf

Zoom sur... Les registres de patients facilitent la recherche clinique sur les maladies rares
Connaître l’épidémiologie, orienter les recherches, ou améliorer la prise en charge d’une maladie rare s’avère très délicat car, par définition, le nombre de sujets atteints est très faible (prévalence allant de 1/2000 à 1 sur plusieurs millions). La tâche peut être facilitée par la constitution de registres de malades, sortes de base de données issues du recueil, auprès des médecins généralistes ou spécialistes, d’informations concernant les personnes atteintes d’une maladie. Pour les maladies rares, ces registres peuvent être régionaux (Registre des malformations chroniques de l’intestin du Nord-Ouest EPIMAD), nationaux (Registre national des tumeurs solides de l’enfant RNTSE) ou internationaux (Fabry Registry), en fonction de la prévalence. Créés à l’initiative d’un chercheur, d’une association, voire d’un laboratoire pharmaceutique impliqué dans le développement de médicaments orphelins, les registres recensent diverses informations concernant les malades :
- diagnostic précis
- tableau clinique
- examens pratiqués
- prise en charge thérapeutique entreprise
- évolution de la maladie avec ou sans traitement
- observations diverses
La compilation de l'ensemble de ces données permet de caractériser et de décrire précisément une population touchée par une maladie, de générer de nouvelles hypothèses pour la recherche, de tenir à jour un fichier de participants potentiels à des essais cliniques, et de guider le choix des stratégies thérapeutiques futures. Par l’intermédiaire des registres, les spécialistes ont également la possibilité de partager leurs expériences, une démarche précieuse dans le domaine des maladies rares.
Les registres, nécessairement déclarés à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, sont organisés de manière plus ou moins formelle, selon les moyens dont ils disposent. En général, les médecins désirant s’y impliquer sont invités à envoyer, de manière régulière, les informations relatives aux patients suivis et aux nouveaux cas enregistrés (Registre aquitain des lymphomes cutanés, par exemple). Dans certains cas (registres EPIMAD ou RNTSE, par exemple), des attachés de recherche clinique se rendent directement chez les spécialistes pour recueillir les informations. Les médecins participants au registre sont informés périodiquement de l’état de ce dernier et peuvent consulter l’intégralité des données. Les informations archivées, confidentielles, ne sont transmises aux personnes extérieures (chercheurs, industriels, médecins non participants) qu’après anonymisation et analyse approfondie de leur demande par les responsables du registre.
Outre les registres, d'autres moyens de recherche clinique et épidémiologique sont à la disposition des spécialistes des maladies rares : enquêtes ad hoc, cohortes, observatoires... Une bonne définition des questions posées est nécessaire au choix d'un outil adapté.
Orphanet est conscient de l’importance des registres pour les maladies rares. C’est pourquoi, l’équipe de documentation travaille à les recenser. Si vous êtes responsable d’un registre de patients atteints de maladies rares non signalé sur Orphanet, vous pouvez le déclarer à Caroline Holef : cholef@orpha.net.

Nouveaux syndromes Une nouvelle forme d’ichtyose congénitale autosomique récessive Article basé sur l'étude de 14 familles consanguines affectées par la maladie.
Signes cliniques : érythrodermie ichthyosiforme congénitale non-bulleuse avec fine desquamation blanche, et présence de squames bruns importants sur les fesses, le nez et les jambes. Quelques malades présentent une ichtyose lamellaire généralisée. 60% des patients sont nés "bébé collodion", et une kératodermie palmoplantaire est observée dans tous les cas.
Identification du gène impliqué sur le chromosome 5q33 : ichthyin code pour une protéine porteuse de plusieurs domaines transmembranaires, membre d’une nouvelle famille de protéines de la membrane plasmatique présentant des homologies avec les récepteurs et les transporteurs couplés à la protéine G.
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Human Molecular Genetics ; 13(20) : 2473-2482 ; 15 octobre 2004

Nos gènes se dévoilent La dermopathie restrictive létale est une laminopathie sévère La dermopathie restrictive létale est une pathologie autosomique récessive dont tous les signes résultent d’une anomalie cutanée restreignant tous les mouvements in utero. Chez deux parmi neuf fœtus/nouveaux-nés atteints de cette maladie, des chercheurs français et hollandais ont mis en évidence une mutation d’épissage hétérozygote du gène LMNA1 codant pour la lamine A (un constituant de la lamina nucléaire, le réseau filamenteux tapissant la face interne de la membrane nucléaire des cellules), et entraînant la synthèse d’une protéine prélamine A tronquée. Les sept autres sujets présentaient une unique insertion hétérozygote induisant l’addition d’un codon stop prématuré sur ZMPSTE24 (ou FACE-1), un gène codant pour une metalloprotéinase impliquée dans le processus post traductionnel du précurseur de la lamine A. Ainsi, un mécanisme pathogénétique commun, impliquant des anomalies de la lamina et de la matrice nucléaires, semble à l’origine de tous les cas de dermopathie restrictive. Les auteurs concluent que la dermopathie restrictive est une des plus graves laminopathies identifiée chez l’homme, causée par des anomalies de la lamine A et des altérations structurelles et fonctionnelles nucléaires.
Pour en savoir plus sur "Dermopathie restrictive létale"
Human Molecular Genetics ; 13(20) : 2493-2503 ; 15 octobre 2004 Maladie de Parkinson héréditaire : niveau d’expression du gène de l’alpha-synucléine et sévérité de la maladie semblent liés La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative associée à des troubles du mouvement, affectant environ 1% de la population de plus de 60 ans. Les formes familiales, 5 à 15% des cas, présentent une forte hétérogénéité génétique : 10 locus et 5 gènes y ont été associés. Parmi eux, le gène de l’alpha-synucléine, dont de rares mutations et une triplication (voir Orphanews du 17 novembre 2003) ont été identifiées comme intervenant dans l’apparition de formes dominantes de la maladie. Ibanez et coll. ainsi que Chartier-Harlin et coll. décrivent respectivement deux et une famille de malades porteurs d’une duplication du gène de l’alpha-synucléine. Ces sujets présentent un phénotype identique à celui d’une maladie de Parkinson d’origine sporadique, contrairement aux personnes ayant une triplication du gène, chez qui la maladie est précoce, d’évolution rapide et associée à une démence. Ainsi, les anomalies du gène de l’alpha-synucléine (mutation, duplication, triplication) à l’origine d’une maladie de Parkinson héréditaire, sont plus fréquentes qu’initialement envisagé, et il semble exister une relation directe entre le nombre de copies du gène et la sévérité des symptômes. Les chercheurs suggèrent qu’une simple variation du niveau d’expression du gène de l’alpha-synucléine constitue un facteur de susceptibilité chez les patients sans antécédents familiaux.
Pour en savoir plus sur "Parkinson, formes génétiques, maladie de"
The Lancet ; 364(9440) : 1169-1171 ; 25 septembre 2004The Lancet ; 364(9440) : 1167-1169 ; 25 septembre 2004 Atrophie optique autosomique dominante et cataracte : le gène OPA3 impliqué Les atrophies optiques, caractérisées par une atteinte dégénérative des fibres ganglionnaires qui forment le nerf optique, sont un groupe hétérogène de maladies présentant différents modes de transmission. L’hérédité autosomique dominante, la plus fréquente, est associée dans 60 à 80% des cas à des mutations du gène OPA1, codant pour une protéine impliquée dans la structure et la biogenèse mitochondriales. Des mutations du gène OPA3, situé sur le chromosome 19q, ont été associées à une forme autosomique récessive syndromique : l’acidurie méthylglutaconique de type 3. Chez deux familles atteintes d’atrophie optique autosomique dominante et cataracte, l’équipe française de Reynier et coll. a mis en évidence deux mutations faux-sens du gène OPA3. Ainsi, les anomalies de ce gène codant pour une protéine de la membrane interne mitochondriale, sont responsables d’atrophies optiques autosomiques de transmission dominante et récessive.
Pour en savoir plus sur "Atrophie optique" Pour en savoir plus sur "Acidurie 3-méthylglutaconique"
Journal of Medical Genetics ; 41(9) ; Septembre 2004 Tumeurs d’Ewing : la répression d'un gène induit une prolifération cellulaire incontrôlée Le sarcome d’Ewing est une tumeur osseuse qui s’observe chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Dans 85% des cas, l’anomalie chromosomique responsable de cette pathologie est une translocation entre les chromosomes 11 et 22, aboutissant à la synthèse d’une protéine anormale EWS-FLI-1. En inactivant le gène de fusion EWS-FLI-1 des cellules d’Ewing, une équipe française a montré que la protéine altérée EWS-FLI-1 réprimait IGFBP-3, un gène normalement impliqué dans le contrôle de la voie de signalisation du facteur de croissance IGF-1. Cette perturbation serait responsable de la multiplication cellulaire et de la formation de tumeurs. D’après ces observations, IGFBP-3 constitue une cible thérapeutique potentielle pour bloquer la prolifération cellulaire des tumeurs d'Ewing.
Pour en savoir plus sur "Ewing, sarcome d'"
Molecular and cellular biology ; 24(16) : 7275-7283 ; Août 2004 Déficit en complexe 1 de la chaîne respiratoire mitochondriale : une forme néonatale létale due à des mutations de NDUFS6 Le déficit en complexe 1 de la chaîne respiratoire mitochondriale est à l’origine d’un groupe de myopathies métaboliques de présentations cliniques variables : maladie mitochondriale infantile létale, maladie de Leigh, encéphalopathie, cardiomyopathie, myopathie, maladie hépatique... Des mutations de huit gènes nucléaires et de sept gènes mitochondriaux, codant pour des sous-unités du complexe I, sont responsables de 40% des cas de la maladie environ. Une analyse de complémentation, réalisée par des chercheurs australiens et britanniques, sur 10 malades non apparentés, réfute l’hypothèse qu’un unique gène encore non identifié puisse être une cause majeure du déficit en complexe 1. En revanche, elle met en évidence l’implication de mutations de NDUSF6, une autre sous-unité du complexe 1, dans une forme létale néonatale de la maladie.
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Journal of Clinical Investigation ; 114 : 837-845 ; Septembre 2004

La recherche, jour après jour Recherche fondamentale Maladie de Crohn : vers une confirmation de l'hypothèse d’une infection par une mycobactérie Depuis plusieurs années, des chercheurs suspectent l’existence d’un lien entre l’infection par des mycobactéries de la sous-espèce paratuberculosis (MAP) et la maladie de Crohn. Des études ont déjà mis en évidence une association entre cette maladie inflammatoire de l’intestin et la présence de MAP dans les muqueuses intestinales des malades ou dans le lait de patientes allaitantes. Des chercheurs américains ont prélevé le sang de 52 sujets (28 atteints de maladie de Crohn, 9 de recto colite hémorragique et 15 témoins) dans lequel ils ont recherché d'une part la présence d’ADN spécifique des MAP, et d'autre part la présence de MAP vivantes. L’existence de matériel génétique des mycobactéries est mise en évidence dans les trois groupes étudiés, mais seul le sang des sujets atteints de la maladie de Crohn ou de recto colite hémorragique contient des bactéries vivantes. Si l’infection par les mycobactéries semble relativement courante (20% des sujets contrôles), leur multiplication, restreinte aux sujets atteints d’une maladie inflammatoire de l’intestin, pourrait être favorisée par un terrain génétique particulier. La comparaison d’un antibactérien spécifique et d’un placebo chez des patients atteints de la maladie de Crohn a été l’objet d’un essai clinique australien récemment terminé. L’analyse des résultats devrait permettre de savoir si la prédisposition génétique favorise l’infection bactérienne active, entraînant la maladie de Crohn, ou si la prédisposition génétique favorise la maladie de Crohn, elle-même à l’origine de l’infection active par MAP.
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The Lancet ; 364(9439) ; 18 septembre 2004 Syndrome des cassures de Nijmegen : définition du rôle de la nibrine dans la stabilité chromosomique et la viabilité cellulaire Le syndrome des cassures de Nijmegen est une maladie génétique caractérisée par une radiosensibilité, une immunodéficience, une instabilité chromosomique et une susceptibilité accrue aux cancers du système lymphatique. La majorité des malades présente une petite délétion homozygote (5 paires de base) du gène NBS1, codant pour la protéine nibrine impliquée dans la réparation des cassures de l’ADN double brin et la surveillance du cycle cellulaire. Cette mutation n’est probablement pas nulle, car des protéines tronquées fonctionnelles sont détectées au moins in vitro. Une équipe franco-allemande a obtenu des souris porteuses d’une mutation nulle inductible du gène nbn (homologue de NBS1). L’induction de la mutation entraîne une perte du point de surveillance G2/M, une augmentation des dommages chromosomiques, une sensibilité aux radiations ionisantes, et la mort cellulaire. In vivo, les tissus lymphatiques, la moelle osseuse, le thymus et la rate, sont beaucoup plus affectés que le foie, le rein et les muscles. In vitro, la mort cellulaire des fibroblastes de souris porteurs de la mutation nulle peut être évitée par transfert d’ADN complémentaire de la nibrine humaine, qu’il soit complet ou qu’il porte la délétion de 5 paires de base. Les auteurs en concluent que la délétion fréquemment observée dans le syndrome des cassures Nijmegen conduit à la synthèse d’une protéine fonctionnelle mais moins active (mutation hypomorphe). De plus, l’expression d’une protéine tronquée s’avère suffisante pour restaurer les fonctions cellulaires vitales de la nibrine.
Pour en savoir plus sur "Nijmegen breakage syndrome"
Human Molecular Genetics ; 13(20) : 2385-2397 ; 15 octobre 2004 Ataxie télangiectasie : les drosophiles mutantes atm constituent un bon modèle animal L’ataxie télangiectasie, caractérisée par une neurodégénérescence progressive, une instabilité chromosomique, une radiosensibilité et une prédisposition à certaines formes de cancer, est due à des mutations de la protéine ATM impliquée, chez les mammifères, dans les mécanismes de réparation de l’ADN. Selon une équipe canadienne, des drosophiles mutées sur le gène atm (mutants atm) représentent de bons modèles animaux de cette maladie. Des anomalies variables des poils, des yeux et des ailes, tous impliqués dans la perception sensorielle, sont observées chez ces insectes mutants, démontrant un rôle important du gène atm dans le développement des tissus nerveux. En outre, les caractéristiques majeures de l’ataxie télangiectasie humaine sont présentes chez les drosophiles mutantes, à savoir des problèmes locomoteurs, une sensibilité extrême aux radiations ionisantes, une instabilité chromosomique et une fusion des télomères. Ainsi, l’étude des drosophiles mutantes atm devrait faciliter la compréhension des mécanismes de maintenance de la structure chromosomique impliquant la protéine ATM. Ces organismes modèles pourront également servir à tester différentes molécules potentiellement actives pour ralentir ou prévenir la progression de l’ataxie télangiectasie humaine.
Pour en savoir plus sur "Ataxie télangiectasie"
Current Biology ; 14(15) : 1341-1347 ; 10 août 2004 Maladies de surcharge lysosomale : une stratégie efficace pour traiter les troubles cérébraux chez la souris Dans les maladies de surcharge lysosomale, le déficit d’une enzyme lysosomale entraîne l’accumulation de déchets dans les cellules et les tissus de l’organisme. Les approches thérapeutiques à l’étude -thérapie enzymatique de remplacement ou transplantation de moelle osseuse- sont efficaces au niveau des organes viscéraux, mais leur effet sur les troubles du système nerveux central est controversé. Une équipe japonaise a transplanté, dans le ventricule latéral de souris nouveaux-nés modèles de la mucopolysaccharidose type VII, des cellules stromales de moelle osseuse génétiquement modifiées pour surexprimer l’enzyme bêta-glucuronidase, déficiente chez les malades. Deux semaines après la manipulation, des cellules exprimant l’enzyme sont observées dans le bulbe olfactif, le striatum et le cortex cérébral, et les activités enzymatiques résultantes sont en augmentation dans les différentes zones cérébrales. Les concentrations en glycosaminoglycanes atteignent le niveau normal en 4 semaines et restent stable durant 16 semaines. Une amélioration marquée de la fonction cognitive différencie les animaux transplantés des animaux non traités. Les maladies lysosomales n’étant pas diagnostiquées avant la naissance, la transplantation décrite dans l’article n'est pas transposable à l'homme. Sakurai et coll. poursuivent donc leur étude, en testant l’efficacité de la manipulation chez des souris mutantes âgées de 3 à 4 semaines.
Pour en savoir plus sur "Mucopolysaccharidose type 7"
Gene Therapy ; 19(11) : 1475-1481 ; Octobre 2004 Myopathie de Duchenne : l’héréguline améliore le phénotype dystrophique chez la souris mdx L’absence de dystrophine, une protéine des fibres musculaires, est responsable de la myopathie de Duchenne. Une des pistes thérapeutiques à l'étude depuis plusieurs années pour cette maladie est basée sur la surexpression de l’utrophine, une protéine présente chez le fœtus, identique à 80% à la dystrophine et que l'on pense capable d’assurer une fonction similaire. Des travaux antérieurs ont démontré, in vitro, la capacité d’un facteur trophique d’origine neurale, l’héréguline, à transactiver le promoteur de l’utrophine. Krag et coll. ont testé l’effet de cette molécule in vivo en réalisant, chez des souris mdx (modèles de la myopathie de Duchenne), des injections intrapéritonéales d’un petit peptide d’héréguline. Le protocole réalisé pendant trois mois a entraîné une surexpression de l’utrophine, une amélioration des propriétés mécaniques du muscle, et une réduction de la pathologie musculaire chez les animaux traités. Les résultats observés ne sont pas si marqués que ceux qui découlent d’une surexpression de l’utrophine par des méthodes transgéniques. Néanmoins, la technique serait avantageuse puisqu’elle éviterait les problèmes de délivrance des gènes et de rejet, rencontrés dans les approches de thérapie génique.
Pour en savoir plus sur "Dystrophie musculaire de Duchenne et Becker"
PNAS ; 101(38) : 13856-13860 ; 21 septembre 2004 Recherche clinique Maladie de Huntington d’apparition précoce : un syndrome de dégénérescence neuronale La chorée de Huntington se manifeste généralement à l’âge adulte par l’apparition de troubles moteurs (syndrome choréique), de troubles du caractère ou du comportement, voire de troubles psychiatriques (syndrome dépressif). Les formes juvéniles (10% des cas) qui débutent avant l’âge de 20 ans, ont certains signes cliniques distincts : bradykinésie, rigidité, dystonie et crises épileptiques. Seneca et coll. décrivent le cas inhabituel d’une petite fille chez qui la maladie, apparue dans l’enfance, se présentait par des crises et une régression psychomotrice depuis l’âge de trois ans. L’IRM a révélé une atrophie corticale et sous-corticale progressive, une atrophie cérébelleuse progressive, et des lésions du ganglion basal. Au niveau génétique, la petite fille portait une expansion importante de 214 triplets de la répétition CAG sur le gène de la huntingtine. Les auteurs en concluent qu’une maladie de Huntington juvénile est à considérer chez les enfants présentant une pathologie neurodégénérative progressive.
Pour en savoir plus sur "Huntington, maladie de"
European Journal of Pediatrics ; Publication en ligne avancée ; 26 août 2004 La myopathie oculopharyngodistale autosomique récessive est une entité distincte La myopathie oculopharyngodistale a initialement été décrite comme une maladie musculaire autosomique dominante d’apparition tardive dont le premier symptôme est un ptosis, suivi d’une dysphagie et d’une faiblesse musculaire des mains et des jambes lentement progressives. Une équipe néerlandaise a suivi pendant 25 ans deux sujets d’une même fratrie atteints de myopathie oculopharyngodistale de transmission autosomique récessive. Ils ont mis en évidence des différences phénotypiques, histologiques et génétiques significatives avec la maladie de transmission dominante et la dystrophie musculaire oculopharyngée (DMOP). Si les signes cliniques sont équivalents pour les deux modes de transmission de la myopathie oculopharyngodistale, ils sont plus sévères dans sa forme récessive. Cette dernière se différencie de la DMOP par un âge d’apparition plus précoce, un symptôme initial caractérisé par une faiblesse bilatérale des muscles antérieurs du tibia et un ptosis bilatéral, une implication musculaire différente, l’absence d’inclusions intranucléaires dans les fibres musculaires, et l’absence de mutations du gène PABPN1. Les auteurs en concluent que la myopathie oculopharyngodistale autosomique récessive peut être considérée comme une entité phénotypique, histologique et génétique distincte.
Pour en savoir plus sur "Dystrophie musculaire oculo-pharyngée"
Journal of Neurology Neurosurgery and Psychiatry ; 75 : 1499-1501 ; Octobre 2004 Maladie cœliaque : les risques de malignité et de mortalité sont faiblement accrus La maladie cœliaque est une intolérance au gluten qui se traduit, dans sa forme classique, par une asthénie, ainsi que des douleurs abdominales et une diarrhée de type malabsorption avec stéatorrhée, amaigrissement et dénutrition. Selon divers travaux, la maladie cœliaque serait associée à une augmentation du risque de mortalité et de développement de cancers lymphoprolifératifs. Cependant, ces conclusions reposent sur des études non significatives. Pour définir de manière fiable les risques associés à la maladie cœliaque, des chercheurs britanniques ont mené une étude de cohorte basée sur une large population (4732 sujets malades et 23620 sujets contrôles). Les résultats montrent qu’une très faible augmentation des risques de malignité et de mortalité est associée à la maladie cœliaque, en particulier au cours de l’année qui suit le diagnostic. En revanche, les sujets malades présentent un risque significativement plus faible de développer un cancer du sein.
Pour en savoir plus sur "Coeliaque, maladie"
BMJ ; 329(7468) : 716-719 ; 25 septembre 2004 Histiocytose langerhansienne : un nouveau score clinique pour évaluer l’activité de la maladie L’équipe française de Donadieu et coll. a développé un score clinique destiné à déterminer l’activité d’une histiocytose langerhansienne. Testé sur une base de données rassemblant les informations relatives à 612 malades, ce score s’est avéré être un outil objectif pour évaluer la sévérité de l’histiocytose langerhansienne au moment du diagnostic, mais également pendant le suivi et le traitement de la maladie.
Pour en savoir plus sur "Histiocytose langerhansienne"
Pediatric Blood Cancer ; Publication en ligne avancée ; 17 août 2004 Purpura thrombopénique idiopathique : l’éradication d’Helicobacter pylori corrige la thrombopénie Des associations entre les infections par Helicobacter pylori et le purpura thrombopénique idiopathique (PTI) ayant été reportées, des chercheurs japonais ont étudié la prévalence de l’infection chez les sujets atteints de PTI, et les effets de son éradication sur l'évolution du nombre de plaquettes. Une infection à H pylori était présente chez 39 parmi 53 adultes PTI présentant un très faible nombre de plaquettes. La bactérie a été éradiquée chez 27 des 32 sujets infectés traités, modifiant favorablement la thrombopénie chez 10 d’entre eux. Globalement, une augmentation significative du nombre de plaquettes est démontrée chez les sujets ayant répondu positivement au traitement anti-infectieux, et non chez les sujets non traités ou n’ayant pas répondu au traitement. Ainsi, comme l’ont suggérées d’autres études, l’éradication de H pylori chez les sujets PTI infectés permettrait de corriger la thrombopénie.
Pour en savoir plus sur "Purpura thrombopénique auto-immun"
Archives of internal medicine ; 164(17) : 1827 ; 27 septembre 2004 Syndrome de Wolff-Parkinson-White asymptomatique de l’enfant : bénéfice d’une ablation prophylactique des faisceaux cardiaques Le syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) est caractérisé par la persistance de faisceaux surnuméraires entre les oreillettes et le coeur, pouvant entraîner des arythmies mettant en jeu le pronostic vital. Sa forme asymptomatique présente un mauvais pronostic qui, chez l’adulte, peut être amélioré par une ablation prophylactique des voies surnuméraires. Les travaux récents d’une équipe italienne montrent qu’une telle intervention, réalisée par un opérateur entraîné, est également bénéfique chez des enfants asymptomatiques à haut risque d’arythmie. Parmi 165 enfants WPW éligibles, 60 ont été considérés comme à risque élevé : 20 ont subi une ablation des voies accessoires par radiofréquence, et 27 ont constitué le groupe contrôle. Au cours du suivi, d’une durée moyenne de 34 mois, des événements arythmiques ont été observés chez un enfant du groupe ablation contre douze du groupe contrôle. En outre, deux enfants du groupe contrôle ont présenté une fibrillation auriculaire, et un autre est décédé soudainement. Dans un commentaire du New England Journal of Medicine, Hein Wellens souligne que de nombreux électrocardiogrammes et la disponibilité de centres expérimentés dans les études intracardiaques et les ablations, seront nécessaires pour identifier et traiter de la sorte les enfants WPW à haut risque. Ces besoins générant des coûts de santé élevés, il paraît important de confirmer les résultats présentés par Pappone et coll. par des études complémentaires.
Pour en savoir plus sur "Wolff-Parkinson-White, syndrome de"
NEJM ; 351(12):1197-205 ; 16 septembre 2004 Syndrome myélodysplasique : les promesses du trioxyde d’arsenic Trisenox (trioxyde d’arsenic) est autorisé aux Etats-Unis et en Europe pour le traitement de la leucémie aiguë promyélocytaire récurrente ou réfractaire. Les résultats préliminaires d’une étude européenne multicentrique de phase I/II mettent en évidence une certaine efficacité dans le syndrome myélodysplasique. 27 % des 101 patients atteints d’un syndrome myélodysplasique à risque élevé ou faible, et traités par l’agent unique Trisenox, ont présenté une amélioration hématologique. De plus, l’administration de Trisenox a permis de supprimer le besoin en transfusion érythrocytaire chez 11 patients et de le réduire de plus de 50% chez 5 patients. La durée moyenne de réponse au traitement est de 4 mois. Des études de Trisenox combiné avec l'azacytidine 5 (une autre molécule dont l’efficacité a été prouvée dans des études de phase II) sont en projet.
Poster relatif à l’essai clinique
Pour en savoir plus sur "Myélodysplasiques, syndromes"

Médicaments orphelins Huit nouvelles désignations orphelines au mois de septembre 2004 Au cours du mois de septembre 2004, le COMP (Committee for Orphan Medicinal Products) a accordé la désignation orpheline à huit substances médicinales pour les indications suivantes :
- Traitement du carcinome rénal familial
- Traitement de l’empoisonnement au monochloroacétate
- Traitement de la leucémie myéloïde chronique
- Traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique
- Traitement de la malabsorption liée à une insuffisance en enzyme pancréatique
- Traitement du cancer pancréatique, en combinaison avec le 5-fluorouracil
- Traitement du gliome
- Traitement de l’uvéite autoimmune
Consulter le registre des désignations orphelines européennes

Prise en charge et thérapie Déficit en alpha- 1 antitrypsine : évaluation à long terme de la chirurgie de réduction de volume pulmonaire Les signes majeurs du déficit en alpha-1 antitrypsine sont une atteinte hépatique caractérisée par une hépatomégalie et un bilan biologique hépatique anormal, et une atteinte pulmonaire sous la forme d’un emphysème. Sachant que l’emphysème du fumeur peut être, dans certains cas, soigné efficacement par chirurgie de réduction pulmonaire, une équipe suisse a évalué l’effet d’une telle approche sur les emphysèmes liés au déficit en alpha-1 antitrypsine. Tutic et coll. ont suivi 21 sujets ayant subi une chirurgie de réduction pulmonaire pour un emphysème sévère du à un déficit en alpha-1 antitrypsine, pendant au moins cinq ans après l’opération. Ils ont observé une amélioration significative de la dyspnée et de la fonction pulmonaire, maintenue pendant 3,5 ans dans les meilleurs cas. Les effets observés sont plus profitables aux sujets ayant une maladie hétérogène et peu ou pas d’inflammation pulmonaire. Cependant, la chirurgie donne des résultats moins marqués et de plus courte durée que dans les cas d’emphysème du fumeur.
Pour en savoir plus sur "Alpha-1 antitrypsine, déficit en"
Journal of Thoracic Cardiovascular Surgery ; 128 : 408-413 ; Septembre 2004

Politique de recherche et de santé La Commission européenne adopte une proposition de règlement sur les médicaments pédiatriques La Commission européenne vient d'adopter une proposition de règlement sur les médicaments à usage pédiatrique. Elle contient un ensemble de mesures destinées à promouvoir la mise au point de médicaments spécifiquement conçus pour les enfants, notamment : la création d'un comité pédiatrique dédié (au sein de l'EMEA), la mise en place d’une autorisation de mise sur le marché en vue d’un usage pédiatrique (PUMA), et la prorogation de 10 à 12 ans de la période d’exclusivité commerciale pour les médicaments orphelins si les prescriptions concernant les données relatives à l’utilisation sur l’enfant sont intégralement respectées. Avant son entrée en vigueur attendue pour 2006, cette proposition doit passer au Conseil et au Parlement européen. Proposition du parlement européen et du conseil relatif aux médicament utilisés en pédiatrie
MED-VET-NET : un réseau européen de recherche sur les maladies animales transmissibles à l’homme Cinq instituts vétérinaires européens, dont l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), ont conçu un projet de réseau d’excellence destiné à renforcer les recherches sur la prévention et le traitement des zoonoses. Présenté dans le cadre du 6ème PCRD, il a été retenu par la Commission Européenne, et vient de recevoir un financement de 14,4 millions d’euros pour cinq ans. Ce réseau baptisé Med-Vet-Net est constitué de 16 institutions (vétérinaires et de santé publique) réparties dans 10 pays. Les recherches sur les agents de zoonoses, sélectionnées pour leur importance en Europe, seront menées en commun dans le cadre de « work-packages scientifiques », les quatre thèmes retenus étant : l’épidémiologie, l’interaction hôte-pathogène, la détection et le contrôle, l’analyse du risque.
Med-Vet-Net améliorera la connaissance des maladies rares, la plupart des zoonoses étant particulièrement rares en Europe (échinococcose alvéolaire, leishmaniose, leptospirose, tularémie...).
Pour en savoir plus sur Med-Vet-Net :
http://www.medvetnet.org/
http://www.afssa.fr/ftp/afssa/24552-24553.pdf

Actualité des associations L'association Hémochromatose France commente le rapport de l'ANAES sur le dépistage de l’hémochromatose HFE-1 L’ANAES vient de publier un rapport sur l’évaluation clinique et économique du dépistage de l’hémochromatose HFE-1 en 2004.
L'agence préconise pour l’année 2004 :
-la mise en place au niveau national d’un dépistage systématique de l’hémochromatose HFE-1 au sein des familles de malades (dépistage en cascade);
-la mise en place à un niveau régional d’un dépistage pilote en population générale afin d’évaluer sa faisabilité et de répondre aux nombreuses questions en suspens : âge du dépistage, stratégie à adopter, seuils des tests biologiques, périodicité et durée totale de la surveillance biologique, adhésion des populations cibles aux stratégies de dépistage envisagées, coût total du dépistage.
Dans son journal, l’association Hémochromatose France commente ce rapport, dont elle retient les éléments suivants :
- la reconnaissance de l’importance du test génétique tant pour le diagnostic individuel que pour le dépistage familial.
- la préconisation de la mise en oeuvre au niveau national d’un dépistage génétique familial systématique.
- la préconisation de la mise en oeuvre au niveau régional d’un dépistage pilote en population générale.
Campagne d’information de l’Association des maladies orphelines de Midi-Pyrénées A l’occasion de sa première campagne d’information, l’Admo (Association des maladies orphelines en Midi-Pyrénées) met en vente dans sa région des lapins en peluche parfumés pour désodoriser les voitures. L’argent récolté permettra de financer l’étude de faisabilité d’un registre des maladies rares en Midi-Pyrénées, débutée depuis deux ans par le Dr Hélène Grandjean (Inserm). Les fonds restants pourraient être utilisés pour qu’une consultation psychologique, actuellement destinée aux parents d’enfants atteints d’une maladie métabolique, soit étendue à toutes les maladies rares.
http://www.admo-mp.org/

Colloques et séminaires Les maladies génétiques de l'intelligence : de la biologie moléculaire au traitement
Ces premières journées internationales sur les maladies génétiques de l'intelligence, organisées par la Fondation Jérôme Lejeune, sont destinées à rassembler des médecins cliniciens, des scientifiques et des chercheurs du monde entier, travaillant dans des domaines aussi variés que la biologie moléculaire, la génétique, ou les neurosciences pour confronter leurs réflexions dans une perspective de mise au point future d'une thérapeutique.
Contact : Fondation Jérôme Lejeune, fjl@fondationlejeune.org, 01 46 33 31 82
http://www.jijl.net
Réunion du Groupe Français de Recherche sur la Sclérodermie
Des exposés et communications sur la recherche fondamentale, les recherches en cours et futures, et la recherche clinique seront accompagnées de trois présentations plus générales sur les voies cellulaires de production de la fibrose, l'implication pulmonaire, et la kinésithérapie dans la sclérodermie.
Informations complémentaires auprès du Pr Jean Cabane : 01 49 28 23 87, jean.cabane@sat.ap-hop-paris.fr
Fifth workshop EPPOSI for partnering for serious disease therapy development
Thème : "A responsible system for healthcare innovation and access to care"
Programme
Inscription
Innovations technologiques et handicap
Pour la 17ème édition de ses entretiens annuels, l'Institut Garches, en collaboration avec l'IFR 25 (Institut fédératif de recherche sur le handicap dirigé par Jean-François Ravaud), a choisi de débattre autour du thème : "Innovations technologiques et handicap".
Programme
Inscriptions
Téléthon 2004
Comme tous les ans, l'AFM organise le téléthon, une collecte nationale destinée à soutenir la recherche sur les maladies rares, et à améliorer la vie quotidienne des personnes malades.
A cette occasion, la Marche des Maladies Rares se tiendra le 4 décembre. Elle partira de l'hôpital Broussais (96 bis rue Didot, Paris 14ème) et arrivera au Trocadéro (16ème) en fin d'après-midi, où seront situés le plateau de télévision et une tente d'accueil.
Rassemblement à l'hôpital Broussais à 15 heures.
Outre son côté convivial et festif, la Marche a pour objectif de témoigner de l'existence des maladies rares et de sensibiliser le grand public et les pouvoirs publics sur leurs principales problématiques. Sa réussite dépend essentiellement de la mobilisation de tous. Pour plus de renseignements, appeler le 01 56 53 53 40.
http://www.telethon.fr
Annonces et découvertes du handicap mental aujourd’hui
Ce colloque scientifique, organisé dans le cadre des « journées de l’Unapei », sera constitué d’interventions de spécialistes, praticiens, femmes et hommes du terrain, personnes déficientes intellectuelles et familles concernées. Trois thèmes principaux seront abordés : découvertes et annonces aux différentes étapes de la vie ; Annonces et modernité : l’accès à l’information ; Annonces : quand, pour qui et comment ? Cet événement est ouvert à toute personne désireuse d’écouter, de participer et d’échanger sur ces sujets.
Programme complet et inscription au 01 44 85 50 50 et sur http://www.unapei.org

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