19 Avril 2005


 
Nouveautés Orphanet
 
Un stand Orphanet au congrès de la Société Européenne de Génétique Humaine
 
Bonjour à tous,

L'équipe d'Orphanet tient à vous informer qu'elle participera au congrès de la Société Européenne de Génétique Humaine (ESHG) du 7 au 10 mai prochain, où elle tiendra le stand C410. Venez nombreux rencontrer nos représentants et découvrir les évolutions actuelles et futures d'Orphanet.
Bonne lecture à tous,

 
http://www.eshg.org/eshg2005
 
Nouveaux essais cliniques
 
Recherches cliniques prévues ou en cours
 
Evaluation de la stimulation électrique chronique de l'hypothalamus dans l'algie vasculaire de la face chronique
 
http://www.orpha.net//consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=59268
 
Etude randomisée comparant l'amnioéchange à l'absence d'amnioéchange en prise en charge des foetus atteints de laparoschisis
 
http://www.orpha.net//consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=59213
 
S'enregistrer pour être informé des nouvelles recherches cliniques sur une maladie rare
 
http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/home_info.php?file=Eclor&Lng=FR
 


 
Zoom sur...
 
La dysmorphologie, ou l’étude des anomalies du développement embryonnaire
 
La dysmorphologie est un terme créé il y a une cinquantaine d’années par l’américain David Smith, pour définir l’étude des anomalies du développement. Elle est pratiquée par la plupart des généticiens pédiatres qui, à l’aide d’un arbre généalogique, d’une observation complète de leurs patients, et si besoin d’analyses complémentaires, tentent de mettre un nom sur des anomalies morphologiques, associées dans un tiers des cas à un retard mental. Les patients, des enfants pour la grande majorité, sont adressés en consultation par les pédiatres et chirurgiens pédiatriques, les pédiatres de ville, les pédopsychiatres, les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP), ou les structures de prise en charge, dans l’objectif d’établir ou de compléter un diagnostic. Avec plusieurs milliers de syndromes chromosomiques et 3 000 syndromes géniques différents actuellement décrits, la tâche peut paraître complexe. Et c’est effectivement le cas : les dysmorphologistes les plus expérimentés parviennent à mettre un nom sur seulement la moitié des anomalies qu’ils rencontrent, le diagnostic restant inconnu dans les autres cas. Depuis peu, les techniques de cytogénétique permettent d’identifier les anomalies chromosomiques fines, et de poser 5 à 10% de diagnostics en plus. Outre l’identification de la maladie, les dysmorphologistes assurent le conseil génétique destiné à informer les parents sur les répercussions familiales, et participent parfois à la prise en charge. Ainsi, dans le cadre de polyhandicaps, certains assurent la coordination entre les différents spécialistes.
En général, les consultations sont menées par une seule personne, mais certaines sont multidisciplinaires. Ainsi, Alain Verloes, responsable du centre de référence des anomalies du développement embryonnaire d’origine génétique à l’hôpital Robert Debré, a mis en place trois consultations multidisciplinaires (regroupant deux cliniciens simultanément), associant un dysmorphologiste à un pédopsychiatre, un dentiste ou un ophtalmologiste.

En dysmorphologie, on distingue les anomalies mineures de la face et des extrémités, et les malformations majeures. Une anomalie mineure isolée, observée chez 13,4% des nouveaux-nés, a généralement peu de conséquences : 3% de ces enfants ont une malformation majeure. En revanche, la présence de deux anomalies mineures (trouvées chez 0,8% des nouveaux-nés) est signe d’une malformation majeure dans 11% des cas, et la combinaison de trois malformations mineures ou plus (0,5% des nouveaux-nés) est associée à une malformation majeure dans 90% des cas.

Orphanet propose un système d'aide au diagnostic des syndromes dysmorphiques (rubrique "recherche par signes") basé sur les signes cliniques observés chez un patient.

Pour en savoir plus :

Basic Dysmorphology (Virtual Children’s Hospital)

Smith's Recognizable Patterns of Human Malformation
Auteur : Kenneth Lyons Jones
Edition : W.B. Saunders Company
5ème édition, octobre 1996, 875 pages, 72 euros.

 


 
Nouveaux syndromes
 
Syndrome Al-Aqeel Sewairi, ou ostéolyse-arthrite syndrome
 
Signes cliniques : arthropathies des articulations métacarpiennes, métatarsiennes, interphalangiennes, progressant vers les articulations proximales avec diminution de l’ampleur des mouvements et déformations, associées à une ankylose et une ostéopénie généralisée. Douleur au toucher des coussinets palmaires et plantaires. Hirsutisme et caractéristiques dysmorphiques modérées dont une proptose, une racine nasale étroite, un nez bulbeux et une micrognathie.
Etiologie : mutations homozygotes du gène MMP2, codant pour une métalloprotéinase de matrice.
Lire le résumé sur Pubmed
Autres références : Al Aqeel et coll., Martignetti et coll.

 
Saudi Medicine Journal ; 26(1) : 24-30 ; Janvier 2005
 
Syndrome cutis laxa, lié à une anomalie de la glycosylation
 
Article basé sur cinq patients.
Signes cliniques : cutis laxa touchant les articulations et le squelette, retard du développement, troubles neurologiques.
Signes biologiques : trois des cinq patients présentent une erreur innée du métabolisme altérant la synthèse des O-glycanes et des N-glycanes simultanément. C’est la première fois qu’un syndrome cutis laxa est causé par une glycosylation anormale des O-glycanes et N-glycanes.
Lire le résumé sur Pubmed

 
European Journal of Human Genetics ; 13(4) : 414-421 ; Avril 2005
 
Hernie congénitale de Spieghel – cryptorchidie
 
Signes cliniques : hernie congénitale de Spieghel (hernie apparaissant sur les côtés de l’abdomen, au niveau de l’union entre le muscle transverse et son aponévrose), et cryptorchidie (malformation congénitale caractérisée par l'absence des testicules dans le scrotum, à la suite de leur rétention dans la cavité abdominale). Cette association se retrouve dans 28% des hernies de Spieghel pédiatriques décrites dans la littérature.
Lire le résumé sur Pubmed

 
Hernia ; Publication en ligne avancée ; 22 mars 2005
 


 
Nos gènes se dévoilent
 
Communication interauriculaire : des anomalies de la chaîne lourde de l’alpha-myosine impliquées
 
La communication interauriculaire est la plus fréquente des malformations cardiaques congénitales, caractérisée par un trou anormal dans le septum auriculaire, la paroi séparant les deux cavités supérieures du cœur, l'oreillette gauche et l'oreillette droite. Selon une équipe franco-britannique, une substitution faux-sens du gène MYH6, codant pour la chaîne lourde de l’alpha-myosine (fortement exprimée au cours du développement des oreillettes), serait en cause dans la communication interauriculaire dominante. Une hypothèse vérifiée chez l’animal : chez des embryons de poussins invalidés pour l’homologue du gène MYH6, le septum auriculaire ne se forme pas alors que la chambre auriculaire se développe normalement. Ching et coll. montrent également que l’expression de MYH6 est régulé par TBX5, un facteur de transcription cardiaque qui, sous certaines formes mutées, est responsable du syndrome d’Holt-Oram (anomalies cardiaques dont communication interauriculaire, et anomalies squelettiques). Ces données mettent en évidence l’existence d’un lien entre le facteur de transcription TBX5, la protéine structurale MYH6, et la communication interauriculaire.
 
Pour en savoir plus sur "Communication interauriculaire"

 
Nature Genetics ; 37 : 423-428 ; Avril 2005
 
Cardiomyopathie dilatée et perte auditive neurosensorielle : une délétion du gène EYA4 en cause
 
Selon les travaux de Schönberger et coll., le syndrome associant cardiomyopathie dilatée et perte auditive neurosensorielle serait dû à une délétion dominante du gène EYA4, induisant la synthèse d’un co-activateur transcriptionnel tronqué E193. Pour déterminer le rôle de Eya4 dans la fonction cardiaque, les chercheurs ont injectés des oligonucléotides anti-sens ciblant la région EYA4 délétée dans des embryons de poisson-zèbre. Ils ont observé une atténuation du taux de transcrits Eya4, à l’origine du développement des caractéristiques morphologiques et hémodynamiques de l’insuffisance cardiaque. Précédemment, des mutations tronquantes de EYA4 ont été associées à des pertes auditives neurosensorielles sans atteinte cardiaque. Dans ces cas, la protéine incomplète forme un dimère avec la protéine sauvage Eya4 et interagit avec les facteurs de transcription Six, maintenant un contrôle normal de l’expression des gènes cardiaques. En revanche, E193 ne forme pas de dimère avec la protéine Eya4 sauvage, ni n’interagit avec les protéines Six. Ces données indiquent qu’une expression normale des gènes cardiaques dépend de la concentration en complexes associant les dimères Eya4 et les protéines Six.
 
Nature Genetics ; 37 : 418-422 ; Avril 2005
 
Délétion subtélomérique 9q34 : une haploinsuffisance en Euchromatin Histone Methyl Transferase1 (Eu-HMTase1) impliquée
 
La délétion subtélomérique 9q34 (9q-) est une affection cytogénétique caractérisée par un retard mental sévère, une hypotonie, une brachycéphalie, des troubles cardiaques conotronculaires et de nombreux signes dysmorphiques. La délétion minimale provoquant ce syndrome couvre 1,2 mégabase et contient au moins 14 gènes. Kleefstra et coll. ont étudié la translocation balancée t(X ;9)(p11.23 ;q34.3) observée chez une femme présentant un retard mental et des caractéristiques cliniques similaires au syndrome 9q-. Ils ont mis en évidence une rupture du gène Euchromatin Histone Methyl Transferase1 (Eu-HMTase1) codant pour la méthyltransférase H3-K9 HMTase. Une haploinsuffisance en Eu-HMTase1 est donc responsable du phénotype chez cette patiente, et probablement des principaux signes cliniques du syndrome 9q-. Une hypothèse renforcée par l’expression spatio-temporelle de Eu-HMTase1 : chez l’embryon de souris, il est exprimé dans le système nerveux en développement et dans certains tissus périphériques, alors que chez la souris adulte, son expression est confinée à quelques régions du cerveau. Ainsi, la protéine H3-K9 HMTase joue probablement un rôle dans le développement et le fonctionnement du système nerveux central.
 
Journal of Medical Genetics ; 42: 299-306 ; Avril 2005
 
Syndrome EEM : deux mutations pathogènes distinctes du gène CDH3 identifiées
 
Le syndrome EEM associe une dysplasie ectodermique (hypotrichose avec cheveux courts et épars, sourcils et cils courts et épars, anodontie partielle), une ectrodactylie (absence d’un ou plusieurs doigts) ou une syndactylie, et une dystrophie maculaire. Kjaer et coll. viennent d’identifier, chez deux familles de malades, deux mutations homozygotes pathogènes distinctes du gène CDH3 (codant pour la cadhérine 3) déjà impliqué dans un syndrome proche : l’hypotrichose congénitale avec dystrophie maculaire juvénile. Chez la souris, Cdh3 est exprimé dans la crête ectodermique apicale qui conditionne le développement des bourgeons membranaires, et plus tard dans le mésenchyme interdigital. Un profil d’expression compatible avec le phénotype du syndrome EEM. CDH3 constitue le troisième gène en cause dans l’ectrodactylie et semble jouer un rôle important dans la formation de la main.
 
Pour en savoir plus sur "EEM, syndrome"

 
Journal of Medical Genetics ; 42 : 292-298 ; Avril 2005
 
Un même gène responsable du syndrome de Walker-Warburg et de la dystrophie des ceintures avec retard mental
 
En 2003, des chercheurs turcs ont identifié une nouvelle forme modérée de dystrophie musculaire des ceintures autosomique récessive : débutant au cours de la première décennie, elle est associée à un retard mental sévère. Au niveau biochimique, la glycosylation de l’alpha-dystroglycane est significativement réduite dans le muscle squelettique. La même équipe vient de démontrer qu’une mutation du gène POMT1 est responsable de ce phénotype. POMT1, codant pour la O-mannosyltransférase, est également muté dans le syndrome de Walker-Warburg qui regroupe une dystrophie musculaire congénitale et des malformations des yeux et du cerveau. Le mécanisme pathologique associé est aussi une hypoglycosylation de l’alpha-dystroglycane. Les travaux de Balci et coll. élargissent donc le spectre phénotypique des troubles de la glycosylation dus aux mutations du gène POMT1.
 
Pour en savoir plus sur "Walker-Warburg, syndrome de"

 
Neuromuscular Disorders ; 15(4) : 271-275 ; Avril 2005
 
Syndrome de Rubinstein-Taybi : une maladie génétiquement hétérogène
 
Le syndrome dysmorphique de Rubinstein-Taybi associe retard mental, aspect caractéristique de la face et des extrémités, retard de croissance, malformations diverses et propension aux tumeurs. Le premier gène responsable identifié, CBP, code pour la protéine CREB-binding fonctionnant comme co-activateur transcriptionnel de l’expression génique. En analysant la totalité du gène CBP chez 92 malades atteints du syndrome de Rubinstein-Taybi, Roelfesema et coll. n’ont mis en évidence que 36 mutations pathogènes, suggérant une hétérogénéité génétique de la maladie. Compte tenu de l’homologie entre les protéines CBP et p300, en particulier au niveau des sites de liaison avec les facteurs de transcription, les chercheurs ont analysé le gène EP300 chez les malades présentant un gène CBP normal. Ils ont effectivement découvert trois mutations pathogènes, associant pour la première fois des anomalies du gène EP300 à une maladie congénitale.
 
Pour en savoir plus sur "Rubinstein-Taybi, syndrome de"

 
The American Journal of Human Genetics ; 76 : 572-580 ; Avril 2005
 
Syndrome du QT court : découverte d'une troisième forme causée par des mutations du gène KCNJ2
 
Le syndrome du QT court, caractérisé par un intervalle QT abrégé (<300 millisecondes), prédispose les malades à des arythmies de pronostic sévère. Deux formes sont déjà connues : SQT1 et SQT2, liées respectivement à des mutations gain de fonction sur les gènes codant pour les canaux potassiques HERG (KCNQ2) et KVLQT1 (KCNQ1). Priori et coll. viennent d’identifier une troisième forme, SQT3, présentant un phénotype unique à l’électrocardiogramme caractérisé par des vagues T asymétriques, et une anomalie du gène KCNJ2 codant pour le canal potassique Kir2.1. Faute de consentement, les chercheurs n’ont pu évaluer la susceptibilité aux arythmies des patients SQT3. Cependant, des simulations par ordinateur révèlent une prédisposition accrue aux arythmies "réentrantes".
 
Pour en savoir plus sur "QT court familial, syndrome du"

 
Circulation Research ; Publication en ligne avancée ; 10 mars 2005
 
Troubles mentaux de l’alimentation : une étude européenne confirme l’implication du facteur neurotrophique dérivé du cerveau
 
Plusieurs études ont montré une forte association entre les troubles de l’alimentation (anorexie et boulimie mentales) et les polymorphismes Val66Met et –270C/T du gène BDNF, codant pour le facteur neurotrophique dérivé du cerveau. Ribases et coll. ont vérifié ces résultats sur 453 trios de malades issus de huit centres européens. Ils ont effectivement mis en évidence une association positive entre anorexie nerveuse restrictive, index de masse corporelle faible et présence de l’allèle Met66. D’après ces résultats, BDNF jouerait un rôle dans les comportements alimentaires et conférerait, sous certaines formes, une susceptibilité génétique aux troubles alimentaires, en particulier l’anorexie nerveuse restrictive et le faible indice de masse corporelle.
 
Pour en savoir plus sur "Anorexie mentale, forme familiale"

 
Journal of Medical Genetics ; 13 : 428-434 ; Avril 2005
 


 
La recherche, jour après jour
 
Recherche fondamentale
 
Progeria : corriger l’épissage aberrant permet de recouvrer un phénotype cellulaire normal
 
Le syndrome de Hutchinson-Gilford (progeria), caractérisé par un vieillissement prématuré de début postnatal, résulte d’une mutation ponctuelle du gène LMNA (lamine A). Cette anomalie active un site cryptique d’épissage aberrant dans le pré-ARNm du gène LMNA, conduisant à la synthèse d’une lamine A tronquée et à une réduction de la quantité de lamine A sauvage. Les fibroblastes des malades présentent des anomalies morphologiques sévères dans la structure de l’enveloppe nucléaire. La transfection de cellules de patients atteints de progeria par un plasmide exprimant la lamine A sauvage, tentée par Scaffidi et coll., ne permet pas de retrouver un phénotype cellulaire normal, suggérant un effet dominant négatif de la lamine A mutée sur la lamine A sauvage. Pour corriger les anomalies morphologiques cellulaires, il semble donc nécessaire d’éliminer la protéine mutante. Pour ce faire, Scaffidi et coll. ont essayé d’empêcher l’épissage aberrant via l’introduction d’un oligonucléotide ciblant le site cryptique d’épissage, dans des fibroblastes et des lignées de lymphocytes B de patients progeria. La manipulation s’est traduite, en moins d’une semaine, par une élimination totale de la protéine mutante (sans augmentation de la lamine A sauvage), et une correction des anomalies morphologiques du noyau cellulaire dans plus de 90% des cellules. D’autre part, certains gènes dont l’expression est perturbée dans les fibroblastes de patients progeria ont retrouvé une expression normale. Ces résultats montrent la faisabilité, à l’échelle cellulaire, d’une correction du vieillissement prématuré chez les individus atteints de progeria.
 
Pour en savoir plus sur "Progéria"

 
Nature Medicine ; 11 : 440-445 ; Avril 2005
 
Sclérose latérale amyotrophique et chorée de Huntington : les résultats encourageants des ARN interférents chez la souris
 
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative causée, dans 20% des formes familiales, par des mutations gain de fonction du gène SOD1, codant pour l’enzyme superoxyde dismutase. Ce mois-ci, Nature Medicine publie les travaux de deux équipes européennes ayant employé la technique de l’ARN interférence pour éliminer l’expression du gène SOD1 muté, chez des modèles expérimentaux murins de la SLA. Raoul et coll. démontrent que l’injection lombaire d’un vecteur viral porteur d’un ARN interférent (ARNi) ciblant le gène SOD1 muté, permet de retarder significativement l’âge d’apparition et la progression de la maladie. Le même type d’injection, réalisée dans différents muscles de souris SLA par Scott Ralph et coll., conduit à une réduction spécifique et significative de l’expression de SOD1 muté, et améliore la survie des neurones moteurs dans le tronc cérébral et la moelle épinière. En outre, les performances motrices des animaux sont considérablement améliorées. Les premiers symptômes de la maladie apparaissent deux fois plus tard, et la durée de vie est allongée de 80% par rapport à la durée normale observée chez les animaux malades.
Une approche similaire s’est montrée également efficace sur des modèles expérimentaux murins de la maladie de Huntington, une pathologie héréditaire due à l’expansion anormale d’un trinucléotide répété induisant un gain de fonction toxique de la huntingtine. En témoignent les travaux de Harper et coll. publiés dans PNAS. Les chercheurs ont injecté un vecteur viral porteur d’un ARNi ciblant la huntingtine mutée dans le cerveau des souris malades. A une réduction significative de la concentration cellulaire en protéines mutantes s’est ajoutée une modification histologique : l’inhibition de la formation des corps d’inclusions toxiques dans les cellules neurales. Au niveau phénotypique, on observe une amélioration des symptômes comportementaux initialement présents chez les animaux malades.
Ces trois études confirment le potentiel thérapeutique des ARNi pour le traitement de certaines maladies héréditaires dominantes.

 
Pour en savoir plus sur "Sclérose latérale amyotrophique"
Pour en savoir plus sur "Huntington, maladie de"

 
Nature Medicine ; 11 : 423-428 ; Avril 2005
Nature Medicine ; 11 : 429-433 ; Avril 2005
PNAS ; Publication en ligne avancée ; 5 avril 2005
 
Mucopolysaccharidose type I : une thérapie génique chez des souriceaux nouveaux-nés atténue plusieurs symptômes majeurs
 
Dans la mucopolysaccharidose type I (MPS1), un déficit en enzyme alpha-L-iduronidase entraîne une accumulation de glycosaminoglycanes dans le sang. Dans la forme la plus sévère, le tableau clinique associe hernies, dysmorphie faciale, hirsutisme, limitations articulaires, dysostose multiple, nanisme, hépatosplénomégalie, atteinte cardiaque, surdité, atteinte respiratoire, opacités cornéennes, et régression psychomotrice aboutissant à un retard mental sévère. Une équipe américaine a évalué l’efficacité d’une thérapie génique sur un modèle de souris, consistant en l’injection d’une forte ou d’une faible dose d’un vecteur rétroviral exprimant l’alpha-L-irudonidase canine. Après huit mois, les souris non traitées présentaient une insuffisance cardiaque, une densité minérale osseuse accrue, et des réponses diminuées aux sons et à la lumière. En revanche, chez les souris ayant reçu une dose élevée de vecteur rétroviral, l’échocardiogramme, les réponses aux potentiels évoqués, et l’électrorétinogramme se sont révélés normaux. L’analyse biochimique a confirmé la réduction de l’accumulation pathologique de glycosaminoglycanes dans les organes. Les auteurs en concluent qu’une thérapie génique basée sur l’administration de fortes doses d’un vecteur rétroviral porteur du gène de l’alpha-L-iduronidase, atténue plusieurs caractéristiques cliniques majeures de la MPS1 chez la souris. L’utilisation d’une faible dose de vecteur est significativement moins efficace.
 
Pour en savoir plus sur "Mucopolysaccharidose type 1"

 
Molecular Therapy ; 11(1) : 35-47 ; Janvier 2005
 
Rétinite pigmentaire : la neurodégénérescence potentiellement accélérée par la lumière chez le chien
 
La rétinite pigmentaire (RP) est une maladie neurodégénérative de la rétine pour laquelle de nombreux gènes, dont celui de la rhodopsine, sont en cause. Les individus porteurs des mêmes mutations de la rhodopsine présentent des degrés différents dans la sévérité et la progression de la perte de vision, suggérant l’impact de facteurs environnementaux. Parmi eux, la lumière est fortement suspectée. Chez des modèles canins de RP liée aux mutations de la rhodopsine, des chercheurs américains ont découvert que des lumières de faible intensité, comme celles utilisées en pratique clinique courante, accéléraient fortement la dégénérescence rétinienne. Selon la dose d’exposition lumineuse (forte, moyenne ou faible), la dégénérescence est irréversible (rapide ou lente) ou lentement réversible. Dans le dernier cas, on assiste à un mécanisme de réparation naturel, laissant imaginer de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur l’induction de ce phénomène. Ces observations confirment la nuisance de la lumière dans certaines formes de rétinite pigmentaire qu’il semble nécessaire de diagnostiquer correctement afin de mettre en place une prévention appropriée.
 
Pour en savoir plus sur "Rétinite pigmentaire"

 
PNAS ; 102 : 5233-5238 ; 5 avril 2005
 
Recherche clinique
 
Une forte corrélation génotype-phénotype des mutations de GLI3 différencie céphalosyndactylie et syndrome de Pallister-Hall
 
Des mutations de GLI3, codant pour un facteur de transcription à doigt de zinc, sont en cause à la fois dans la céphalosyndactylie (ou syndrome de Greig) et le syndrome de Pallister-Hall (PHS), deux maladies distinctes présentant certaines manifestations cliniques communes (polydactylie, syndactylie). Johnston et coll. ont posé l’hypothèse que des mutations de GLI3 conduisant à la synthèse d’une protéine tronquée étaient associées au PHS, alors qu’une haploinsuffisance fonctionnelle en GLI3 causait une céphalosyndactylie (GCPS). Pour le vérifier, ils ont analysé le gène GLI3 chez 89 patients atteints de GCPS et 46 patients atteints de PHS. Deux corrélations génotype-phénotype évidentes en sont ressorties. GCPS est causée par plusieurs types d’altérations : translocations, large délétions, délétions et duplications exoniques, petite délétions dans le cadre, mutations diverses (d’épissage, faux-sens, non-sens, déplaçant le cadre de lecture). Au contraire, PHS résulte uniquement de mutations d’épissage, non-sens, et déplaçant le cadre de lecture. De plus, parmi les mutations non sens et déplaçant le cadre de lecture, celles situées dans le premier tiers du gène causent le GCPS, alors que celles concernant le second tiers entraînent principalement un PHS. Il existe donc une forte corrélation génotype-phénotype pour les mutations de GLI3, probablement exploitable en pratique clinique, et supportant l’hypothèse que la céphalosyndactylie et le syndrome de Pallister-Hall sont deux maladies alléliques de mécanismes pathogéniques distincts.
 
Pour en savoir plus sur "Greig, syndrome de"
Pour en savoir plus sur "Pallister-Hall, syndrome de"

 
The American Journal of Human Genetics ; 76 : 609-622 ; Avril 2005
 
Drépanocytose : des marqueurs génétiques pour pronostiquer le risque d’accidents ischémiques vaso-occlusifs
 
Les drépanocytoses sont des maladies hémolytiques chroniques susceptibles de trois types d'accidents aigus : les anémies graves, les infections bactériennes graves et les accidents ischémiques dits vaso-occlusifs (AVO). Le risque d’AVO est actuellement évalué en recherchant une vasculopathie cérébrale par échographie transcranienne. Cependant, de nombreuses observations vont dans le sens d’une susceptibilité génétique aux AVO. Afin de creuser cette hypothèse, une équipe américaine a étudié 108 polymorphismes issus de 39 gènes candidats, chez 1398 individus atteints de drépanocytose. Ils ont mis en évidence 31 polymorphismes répartis sur 12 gènes qui, en interagissant avec l’hémoglobine fœtale, modulent le risque d’AVO. Testé sur une population différente de 114 malades, le modèle a permis de prédire la susceptibilité aux AVO avec une exactitude de 98,2%. La recherche de susceptibilité génétique devrait permettre d’identifier précocement les personnes à risque d’AVO, avant que n’apparaisse une vasculopathie cérébrale visible à l’échographie, dangereuse même en phase asymptomatique.
 
Pour en savoir plus sur "Drépanocytose"

 
Nature Genetics ; 37 : 435-440 ; Avril 2005
 
Syndrome d’Angelman : une prévalence accrue des anomalies d’empreinte chez les enfants nés de couples hypofertiles
 
Le syndrome d’Angelman, caractérisé par une déficience mentale sévère, un retard du développement moteur, une absence de langage, une ataxie avec démarche raide et saccadée et des comportements particuliers, est causé dans 4% des cas par une anomalie d’empreinte se traduisant par un défaut isolé de la méthylation. Des chercheurs allemands ont étudié l’historique de la conception de 79 enfants atteints du syndrome d’Angelman. Parmi les 16 enfants conçus de couples hypofertiles ayant suivi ou non un traitement contre l’infertilité, 4 (25%) présentaient un défaut d’empreinte. Ainsi, le risque relatif pour les futurs parents était significativement augmenté, autant pour les couples ayant un délai de grossesse supérieur à deux ans, que pour les couples ayant subi un traitement contre l’infertilité (ICSI ou stimulation de l’ovulation). De plus, il était deux fois plus élevé pour les couples qui, tout en suivant un traitement, ont eu un délai de grossesse supérieur à deux ans. Ces découvertes suggèrent que les anomalies d’empreinte et l’hypofertilité partagent une cause commune, et que les traitements contre l’infertilité augmentent le risque de concevoir un enfant présentant une anomalie d’empreinte.
 
Pour en savoir plus sur "Angelman, syndrome d'"

 
Journal of Medical Genetics ; 42 : 289-291 ; Avril 2005
 
Mucopolysaccharidose type I : des marqueurs pour prédire l’atteinte du système nerveux central
 
La mucopolysaccharidose type I (MPS I), due à un déficit en alpha-L-irudonidase, présente un large spectre phénotypique : la forme sévère (maladie de Hürler) est caractérisée par d’importantes déformations squelettiques et un retard du développement moteur et mental, alors que les formes modérées (maladies de Scheie et de Hürler-Scheie) associent principalement des problèmes cardiaques et oculaires. Le traitement par enzyme de remplacement, récemment autorisé, n’a pas d’effet sur les atteintes du système nerveux central, l’enzyme ne passant pas la barrière hémato-encéphalique. D’où la nécessité de prédire les formes avec atteinte neurologique, pour lesquelles une transplantation de moelle osseuse s’avère plus efficace. Une équipe australienne a étudié une série de 15 oligosaccharides dérivés de l’héparane-sulfate et du dermatane-sulfate (les sucres qui s’accumulent dans la MPS I) issus des fibroblastes en culture de patients atteints de différentes formes de MPS I. Deux trisaccharides permettent de grouper les malades selon la présence ou l’absence d’atteinte neurologique. De plus, le ratio "activité en alpha-L-irudonidase/concentration en trisaccharide" fournit une discrimination claire entre les patients MPS I avec ou sans pathologie du système nerveux central. La prochaine étape consiste à subdiviser le spectre clinique de la mucopolysaccharidose type I selon ces marqueurs biochimiques, afin de générer un index de sévérité de la maladie, concluent Fuller et coll.
 
Pour en savoir plus sur "Mucopolysaccharidose type 1"

 
Molecular Genetics of Metabolism ; 84(1) : 18-24 ; Janvier 2005
 
Myopathie de Duchenne : le périndopril prévient l’apparition de l’insuffisance cardiaque
 
La myopathie de Duchenne se caractérise par un affaiblissement musculaire progressif, en particulier du muscle cardiaque. Une équipe française vient de publier les résultats d’un essai clinique en double aveugle contre placebo, co-financé par l’AFM, dont l’objectif était d’évaluer la capacité du périndopril à prévenir ou ralentir l’apparition de la cardiomyopathie dans la dystrophie musculaire de Duchenne. Le périndopril est un inhibiteur de l’enzyme de conversion, une classe médicamenteuse habituellement utilisée dans le traitement de l’hypertension artérielle et de l’insuffisance cardiaque. Pendant les trois premières années, 57 enfants atteints de myopathie de Duchenne âgés de 9 ans et demi à 13 ans ont reçu quotidiennement un traitement à base de périndopril ou de placebo. Les deux années suivantes, tous les enfants ont été traités par périndopril. Les résultats montrent que l’inhibiteur de l’enzyme de conversion prévient ou ralentit la survenue de la dysfonction du cœur chez ces enfants : dans le groupe placebo, huit enfants ont développé une dysfonction ventriculaire gauche (trois en sont morts) contre un seul (sans évolution fatale) dans le groupe traité par périndopril. Cet essai clinique prometteur nécessite confirmation à plus grande échelle, éventuellement en association avec d’autres substances cardioprotectrices telles que les bêta-bloquants.
 
Pour en savoir plus sur "Dystrophies musculaires de Duchenne et Becker"

 
Journal of American College of Cardiology ; 45(6) : 855-857 ; 15 mars 2005
 
Tests diagnostiques : des danois proposent un protocole d’évaluation en quatre phases, à l’image des essais cliniques
 
Actuellement, il n’existe aucun consensus relatif aux méthodes d’évaluation des tests diagnostiques. Pourtant, une fois la spécificité et la sensibilité d’un test démontrées, un essai clinique randomisé apparaît nécessaire pour prouver qu’il existe un bénéfice significatif pour les patients testés. Gluud et coll. proposent un protocole de recherche pour les tests diagnostiques en quatre étapes, sur le modèle de celui qui réglemente les essais cliniques :
Etape 1 : détermination des valeurs données par le test sur des patients sains.
Etape 2 : détermination de l’exactitude diagnostique via des études cas-contrôles incluant des personnes saines, des personnes malades diagnostiquées par des méthodes classiques, et des personnes suspectées d’être malades. STARD (Standards for Reporting of Diagnostic Accuracy) Initiative a été publiée pour améliorer les rapports des études de performance des tests diagnostiques.
Etape 3 : détermination des conséquences cliniques de l’introduction d’un nouveau test, via des essais cliniques randomisés.
Etape 4 : Après le lancement du nouveau test, détermination des effets en pratique clinique par la surveillance de larges cohortes de patients.
Ces quatre phases de recherche fournissent une procédure logique et par étape pour le développement de nouveaux tests diagnostiques. Néanmoins, elles ne s’adaptent pas automatiquement à tous les types de tests, nécessitant parfois un ajustement au cas par cas, concluent les auteurs.

 
BMJ ; 330 : 724-726 ; 26 mars 2005
 
Recherche et cellules souches
 
Utilisation des cellules souches embryonnaires : les réglementations évoluent
 
"Stem Cell Research Enhancement Act of 2005", tel est l’intitulé du projet de loi américain concernant l’utilisation de cellules souches embryonnaires dans le cadre de recherches financées par des fonds publics, déposé conjointement au Sénat et à la Chambre des Représentants par les congressistes. Il prévoit que toutes les lignées de cellules souches issues d’embryons surnuméraires -et non seulement celles créées avant le 9 octobre 2001, comme le prévoit la législation actuelle- puissent être utilisées pour des recherches conduites ou financées par des fonds gouvernementaux. La création d’embryons par clonage reste, en revanche, interdite. Le projet de loi n’est pas sûr d’être voté, la Maison Blanche y étant opposée.
En Australie, le premier ministre John Howard n’a pas reconduit le moratoire de trois ans stipulant que seules les cellules souches embryonnaires dérivées d’embryons surnuméraires créées avant le 5 avril 2005 sont utilisables. Désormais, les chercheurs australiens peuvent travailler à partir de tous les embryons surnuméraires issus des traitements contre l’infertilité. La création spécifique d’embryons pour la recherche reste interdite.
Quant à la Suède, elle vient d’autoriser la création d’embryons humains par transfert de noyau de cellules somatiques. Les chercheurs suédois peuvent donc mener des recherches à des fins thérapeutiques sur de tels embryons, et sur les embryons surnuméraires, jusqu’à l’âge de 14 jours. La thérapie génique germinale et le clonage reproductif restent prohibés.

 
BioNews ; Mars et avril 2005
 


 
Médicaments orphelins
 
Myélome multiple : une extension d’indication pour Velcade
 
Velcade (bortezomib) est autorisé depuis janvier 2004 pour le traitement du myélome multiple chez les patients ayant déjà reçu au moins deux traitements, et chez qui la maladie a progressé au cours du dernier. L’EMEA vient d’accorder une opinion positive pour l’extension d’indication de Velcade aux patients atteints de myélome multiple progressif ayant reçu au moins un traitement, et ayant déjà subi (ou ne pouvant subir) une transplantation de moelle osseuse.
 
Pour en savoir plus sur "Myélome multiple"

 
Communiqué de presse EMEA ; 1er avril 2005
 
L’allaitement maternel contre-indiqué pendant la prise de Carbaglu
 
Carbaglu (acide carglumique) est autorisé en Europe depuis janvier 2003 pour le traitement de l’hyperamoniémie secondaire au déficit en N-acétyl-glutamate synthétase (NAGS), un dysfonctionnement héréditaire du cycle de l’urée. L’EMEA vient de donner une opinion positive pour la contre-indication de l’allaitement maternel pendant la prise de Carbaglu.
 
Pour en savoir plus sur "N-Acétylglutamate synthase, déficit en"

 
Communiqué de presse EMEA ; 1er avril 2005
 
Trois nouvelles désignations orphelines
 
Le 10 mars 2005, le COMP (Committee for Orphan Medicinal Products) a accordé la désignation orpheline à trois substances médicinales pour les quatre indications suivantes :
- Traitement l’amyotrophie spinale proximale
- Prévention et traitement du rejet associé à la transplantation pulmonaire
- Traitement des tumeurs stromales gastrointestinales malignes
Consulter le registre des désignations orphelines européennes

 


 
Prise en charge et thérapie
 
L’accessibilité d’Internet aux handicapés : une enquête en ligne dans le cadre du Projet ADELA
 
Le Projet ADELA (Administration Electronique Accessible) lance une grand enquête en ligne auprès des personnes handicapées en France et en Belgique, dans le cadre de l'appel d'offre du Ministère de la Recherche et des Nouvelles Technologies sur les "usages de l'Internet". Elle a pour objectif de comprendre les besoins mais aussi de déterminer les conditions nécessaires, obligatoires et discriminantes permettant ou empêchant les personnes handicapées d'utiliser pleinement les services électroniques en ligne. Pour beaucoup de personnes handicapées, Internet pourrait en effet constituer un outil d’intégration dans la société. Mais quel est à ce jour le quotidien des personnes handicapées qui utilisent Internet ?
En ligne jusqu’au 22 avril 2005, le questionnaire comporte 58 questions et sa durée de passation est d’approximativement 30 minutes. Ses résultats seront publiés sur le site Web du Projet ADELA au mois de juin 2005.
Toute personne handicapée est invitée à répondre à cette enquête. Pour toute question ou besoin d’assistance pour y répondre, merci de contacter francoise.sandoz-guermond@insa-lyon.fr.

 


 
Politique de recherche et de santé
 
Malformations du tube neural : les campagnes de sensibilisation des femmes et des médecins sont insuffisantes
 
Depuis le début des années 1990, on sait que la prise quotidienne d’acide folique par les femmes en périodes pré et post-conceptionnelle permet de prévenir les malformations du tube neural chez le fœtus (anencéphalie, spina bifida). Tout au long des années 1990, des politiques de sensibilisation des médecins et des femmes enceintes ont été lancées dans plusieurs pays européens. Selon deux études rétrospectives internationales concernant 13 et 9 pays européens, récemment publiées dans le British Medical Journal, ces initiatives n’ont eu aucun impact sur l’incidence des malformations du tube neural. Les auteurs proposent de s’orienter vers une politique d’enrichissement des farines qui, si elle est moins efficace que la supplémentation, permettrait cependant de toucher la quasi-intégralité de la population.
 
Pour en savoir plus sur "Spina bifida"
Pour en savoir plus sur "Anencéphalie"

 
BMJ ; 330 : 571 ; 12 mars 2005BMJ ; 330 : 574-575 ; 12 mars 2005

 
L’interdiction aux assureurs britanniques d’exiger des résultats de tests génétiques prolongée jusqu’en 2011
 
Le gouvernement britannique vient de décider l’extension jusqu’en 2011 des restrictions relatives à l’utilisation des tests génétiques par les assureurs. Ainsi, aucun individu ne pourra se voir exiger le résultat d’un test génétique, sauf en cas de décision par le comité pour la génétique et l’assurance (le GAIC, qui a déjà autorisé l’utilisation par les assureurs des résultats du test pré-symptomatique de la maladie de Huntington), et pour des couvertures dépassant certains montants (500 000 livres pour une assurance-vie, 300 000 livres pour une assurance-maladie ou une assurance-chômage).
 
BioNews ; Mars 2005
 
La Cour Suprême néerlandaise indemnise un enfant pour le préjudice d’être né
 
Kelly est née avec des handicaps physiques et mentaux sévères, en raison d’une anomalie chromosomique héritée de son père. Consciente de son risque de donner naissance à un enfant handicapé, sa mère avait demandé conseil à une sage-femme sur la nécessité de réaliser des tests diagnostics prénataux. Cette dernière n’avait pas jugé l’initiative utile, ni proposé la rencontre avec un généticien. Le cas, jugé devant la Cour Suprême, s’est traduit par une indemnisation de l’enfant pour le préjudice d’être né. Les dommages subis par Kelly et ses parents sont dus à une erreur professionnelle de la sage-femme, et doivent faire l’objet d’une compensation pour les préjudices matériels et émotionnels subis, ont déclaré les juges. Ainsi, la Cour demande la couverture de tous les coûts liés à la prise en charge et à l’éducation de Kelly, une compensation pour les troubles émotionnels subis par Kelly et ses parents, et la couverture du traitement psychiatrique de la mère après la naissance de sa fille.
Le professeur Hubben, spécialisé en droit de la santé, et d’autres personnalités danoises demandent au gouvernement néerlandais d’interdire de telles décisions, comme cela avait été décidé en France après l’affaire Nicolas Perruche.

 
BMJ ; 330 : 747 ; 2 avril 2005
 
Dépistage néonatal systématique aux Etats-Unis : un groupe d’experts se penche sur une uniformisation nationale du système
 
Aux Etats-Unis, il n’existe pas de réglementation relative au dépistage néonatal systématique. De ce fait, le nombre et la nature des dépistages néonataux, et le suivi des enfants malades varient fortement au sein des Etats, en fonction des ressources financières, des technologies de dépistage disponibles, ou de l’interprétation de la pertinence des différents dépistages. Le Collège américain de génétique médicale, à la demande du bureau de la santé de la mère et de l’enfant de l’HRSA (Health Resources and Services Administration), a mené une analyse de la littérature scientifique et rassemblé des avis d’experts sur l’efficacité du dépistage néonatal, afin de déterminer dans quelles conditions un dépistage néonatal est pertinent et de développer des recommandations appropriées. Dans leur rapport publié sur le site http://mchb.hrsa.gov/screening/, les experts identifient 29 maladies pour lesquelles le dépistage néonatal doit être officialisé dans tous les Etats. Une liste supplémentaire de 25 maladies, potentiellement identifiables au cours du dépistage des 29 maladies principales, est fournie. Les experts concluent également qu’il est nécessaire d’améliorer les infrastructures de suivi et de prise en charge des enfants chez qui une de ces maladies rares a été diagnostiquée.
 
Gen.ethix : un jeu en ligne sur les conséquences éthiques des progrès en biomédecine
 
Gen.ethix est un jeu en ligne d’accès libre, où il s’agit de prendre des décisions concernant des questions éthiques soulevées par la biotechnologie moderne et les applications de la médecine moléculaire. Le joueur est confronté à des situations imaginaires concernant la bioéthique. Il est invité à proposer des solutions et à soumettre ses opinions sur le problème posé. Des films, des interviews et des documents l’aident à s’orienter et donnent un aperçu du positionnement actuel dans le débat scientifique et bioéthique.
 


 
Financer sa recherche
 
Leucodystrophies : appel d’offres 2005 de la fondation de recherche ELA
 
La Fondation de recherche de l’Association Européenne contre les Leucodystrophies (ELA) lance un appel d’offres pour le financement de recherches sur les leucodystrophies génétiques, les lésions de la matière blanche cérébrale chez les prématurés, et la réparation de la myéline. Le comité scientifique favorisera les projets intégrés entre les laboratoires d’Europe, des Etats-Unis et d’autres pays. Les thèmes prioritaires définis sont :
- étude des mécanismes physiopathologiques à l’aide de modèles animaux ou de systèmes in vitro adaptés.
- thérapies innovantes et expérimentales sur des modèles animaux.
- biologie cellulaire et moléculaire en lien avec les leucodystrophies, les lésions de la matière blanche chez les prématurés, et la réparation de la myéline.
- développement de nouvelles techniques d’imagerie pour l’étude in vivo des altérations de la myéline du système nerveux central, et de sa réparation.
Les dossiers de candidature, à renvoyer avant le 31 mai 2005, peuvent être téléchargés à l’adresse http://www.ela-asso.com/decouvrir/faireavancerrech/fondationELA.htm, ou obtenus auprès de la Fondation ELA : 03 83 30 93 34, ela@ela-asso.com.

 
La Fédération Nationale des Insuffisants Rénaux lance un appel d’offres pour une bourse de recherche
 
La FNAIR (Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux) procède pour l'année 2005 à un appel d’offre pour une bourse de recherche. Elle sera accordée à un chercheur français ou étranger, travaillant dans un laboratoire de recherche français, sur un sujet concernant l’insuffisance rénale, épidémiologie, prévention, dialyse, transplantation, élargi éventuellement à une recherche sur les maladies conduisant à l’insuffisance rénale, telles que le diabète, l’hypertension, les maladies génétiques, les maladies rares, etc...
Cette bourse, d’un montant de 18 000 euros, sera éventuellement reconductible.
Contact : fnair@fnair.asso.fr

 
http://www.fnair.asso.fr/bourse.htm
 
L'association Connaître les syndromes cérébelleux offre 15 000 euros pour la recherche
 
L'association "Connaître les syndromes cérébelleux" vient d'annoncer la mise à disposition de 15 000 euros pour la recherche. Cette somme sera offerte comme complément de bourse à un chercheur, étudiant en thèse ou post-doctoral, travaillant sur une thématique de recherche couvrant les aspects cliniques, moléculaires, cellulaires, physiopathologiques et pharmacologiques des ataxies cérébelleuses héréditaires. Thèmes préférentiels : cellules souches, génétique.
Les dossiers peuvent être demandés et doivent être envoyés à : Madame Evelyne Delion, Chargée de missions auprès du Conseil Scientifique : cscevejc@wanadoo.fr
Association Connaître les Syndromes Cérébelleux 7, villa de Gascogne - 77186 Noisiel
Date limite de dépôt des demandes à envoyer si possible en 11 exemplaires : 15 mai 2005

 
http://www.chez.com/csc/CSC/CSC_accueil.html
 
L’Agence Nationale de la Recherche lance un appel à projets jeunes chercheurs et jeunes chercheuses
 
Ce programme concerne l'ensemble des champs de la recherche, toutes disciplines confondues, et a pour but de soutenir des projets de jeunes chercheurs afin de "favoriser leur prise de responsabilité, leur permettre de développer de façon autonome une thématique propre et leur donner la possibilité d'exprimer rapidement leur capacité d'innovation".
Date limite de candidature : 13 juin 2005
Consulter le texte de l’appel à projets

 


 
Actualité des associations
 
6ème forum des associations
 
La sixième édition du forum des associations organisé par Orphanet, en association avec l'Alliance Maladies Rares, se tiendra le 10 juin prochain, à la Fondation Groupama (Paris 8ème) sur le thème "L'implication des associations dans le domaine de l'information médicale".
Contacts :
Orphanet Inserm SC11 01 56 53 81 42, orphanet@orpha.net
Fondation Groupama : 01 44 56 32 18, brigitte.huicq@groupama.com
Programme
Inscription

 
Syndrome de Rubinstein-Taybi : un livret pour les parents
 
L’Association Française du Syndrome de Rubinstein-Taybi vient de publier un livret intitulé "Mieux comprendre et accompagner mon enfant". Il a pour objectifs : d’aider les parents à faire face aux tâches parfois difficiles liées aux soins et à l’éducation ; de préciser l’importance du diagnostic précoce ; de présenter les intérêts des différentes évaluations (médicales, para-médicales) et des rencontres avec les familles, les professionnels et les autres parents.
Pour demander ce livret, contacter l’AFSRT-l’Olivier : 02 54 78 10 53, afsrt@wanadoo.fr, http://www.afsrt.com

 
Pour en savoir plus sur "Rubinstein-Taybi, syndrome de"

 
3ème journée d'information et d'échange sur les anomalies chromosomiques
 
L'association Valentin organise sa 3ème Journée d'Information et d'Échange sur les anomalies chromosomiques le 14 mai 2005, de 9h à 17h, à l'Espace des Calandres à Eragny (95). Pour les personnes porteuses d'anomalies chromosomiques, leurs familles ou les professionnels de la santé, médecins et chercheurs présenteront plusieurs sujets et répondront aux questions des participants. L'échange entre les familles se fera au travers de divers témoignages et de l'action de l'association.
Renseignements et inscription obligatoire au 01 30 37 90 97 ou Association Valentin des Porteurs d'Anomalies Chromosomiques - 52, la Butte Églantine - 95610 ERAGNY.
E-mail : contact@valentin-apac.org

 
http://www.valentin-apac.org
 


 
A lire
 
Les collections de ressources biologiques humaines
 
La Collection Repères de l’Inserm publie un cinquième numéro intitulé "les collections de ressources biologiques humaines". Ces collections rassemblent des échantillons de sang, de cellules ou de tissus. Formidables outils pour les équipes de recherche, elles offrent de nouvelles perspectives d'avancées pour améliorer la santé. Elles ont pour vocation de répondre à des attentes fortes tant individuelles que collectives, et parfois contradictoires. Repères vous invite à faire le point.
Consulter Repères sur le site de l’Inserm

 
Déficiences et handicaps d’origine périnatale : dépistage et prise en charge
 
Les déficiences et handicaps sévères atteignent environ 1% d'une génération d'enfants, soit 7500 enfants chaque année en France. L'origine du handicap est souvent difficile à déterminer. La prématurité et surtout la grande prématurité, l'anoxie chez le bébé à terme et toute pathologie menaçant le développement cérébral représentent les principaux facteurs de risque d'origine périnatale. A la demande de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Politiques de Santé (OPEPS), un groupe d'experts a, sous l'égide de l'Inserm, analysé et évalué les différents programmes de dépistage et de prévention des déficiences d'origine périnatale et de prise en charge des enfants. Il attire l'attention sur l'importance du dépistage précoce des déficiences et de l'évaluation précise des potentialités de l'enfant afin de mettre en place un traitement adapté. Ce travail met en relief un certain nombre de lacunes dans la connaissance épidémiologique en France, ainsi que la nécessité de poursuivre des recherches pluridisciplinaires sur les dispositifs, les pratiques et l'évaluation des programmes.
Consulter l’expertise collective

 
Genetic Disorders and the Fetus : Diagnosis, Prevention and Treatment
 
Auteur : Aubrey Milunsky. Cinquième édition
Edition : John Hopkins University Press
1224 pages, environ 175 euros.

 
Myology, volumes 1 et 2
 
Auteur : Andrew Engel et Clara Franzini-Armstrong
Edition : McGraw Hill
1960 pages, environ 307 euros.

 


 
Colloques et séminaires
 
European Human Genetics Conference 2005
 
Prague (République Tchèque)
 
7 au 10 mai 2005
 
http://www.eshg.org/eshg2005/
 
Le syndrome d’Asperger et l’autisme de haut niveau
 
Paris (France)
 
13 et 14 mai 2005
 
Programme et inscriptions
 
Du gène au génome : hérédité et société
 
La Grande Motte (France)
 
26 au 28 mai 2005
 
Organisé à l'initiative de la Société française de génétique avec l'Ecole normale supérieure et l'Institut de génétique humaine-CNRS de Montpellier, ce colloque plurisdisciplinaire a pour objet de faire le point sur l’impact des récents développements de la génétique et de la génomique sur la pensée biologique ; la pratique médicale, juridique et sociale ; les enjeux éthiques.
Thèmes abordés : histoire et évolution du concept de gène ; le pouvoir du gène : développement, vieillissement, comportement ; du gène au génome : génomique, protéomique, biologie systémique...
Inscriptions avant le 29 avril 2005.
http://www.genetogenome.org/francais/index.htm

 
4th biennal congress of the international eosinophil society
 
Berne (Suisse)
 
25 au 29 mai 2005
 
http://www.pharmacology.unibe.ch/eos2005
 
Recherche sur les maladies rares
 
Paris (France)
 
30 et 31 mai 2005
 
Ce colloque, organisé par le GIS - Institut des maladies rares à la Fondation Groupama (Paris 8ème), a pour objectif de rassembler la communauté scientifique impliquée dans les réseaux ou les recherches sur les maladies rares. Il sera l'occasion d'échanges entre scientifiques, cliniciens et représentants d'associations de malades.
Consulter le programme
Bulletin d’inscription (Inscriptions avant le 6 mai 2005)
Contact : Sylvie Journot sjournot@infobiogen.fr

 
Mutation Detection 2005 : VIII International Symposium on Mutations in the Genome
 
Santorin (Grèce)
 
31 mai au 4 juin
 
http://www.genomic.unimelb.edu.au/santorini.html
 
Colloque Génétique et Handicap Mental
 
Paris (France)
 
6 et 7 juin 2005
 
Organisé par le Collège de France
Envoi des résumés pour communications avant le 4 mai 2005 à jlmandel@igbmc.u-strasbg.fr. Format : titre, auteurs avec présentateur souligné, adresse avec e-mail pour présentateur, adresses simplifiées pour les coauteurs, texte <200 mots en Times 12.
Programme du colloque

 
Cornelia de Lange Syndrome International Conference
 
Grosseto (Italie)
 
16 au 19 juin 2005
 
http://www.cdlsworld.org/
 
42th Congress of the Society for the Study of Inborn Errors of Metabolism (SSIEM)
 
Paris (France)
 
6 au 9 septembre 2005
 
Thème : Traitement des maladies héréditaires du métabolisme
http://www.ssiem2005.com/

 


 

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