23 Mai 2009


 
Editorial
 
Un nouveau pas vers le Plan Maladies Rares II : le Haut Conseil de la Santé Publique remet son rapport d’évaluation
 

Le premier Plan National Maladies Rares a pris fin en 2008. Face à l’inquiétude des patients, des professionnels de la santé, des chercheurs et des industriels, le Président de la République a assuré que les maladies rares sont une priorité de santé publique et qu’un nouveau plan national sera mis en œuvre dès 2010. 2009 est donc une année charnière où l’évaluation du premier plan doit permettre d’élaborer le second dans les meilleures conditions. Dans le cadre de ses missions définies par la loi de santé publique de 2004, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a confié cette évaluation à un comité d’experts en santé publique, en économie et en sociologie, le Codev. Le rapport d’évaluation, longuement attendu, a été remis à Madame la Ministre de la Santé le 7 mai dernier.

Le Codev a basé son analyse sur la documentation existante (rapports, compte-rendu du comité de suivi du plan, documents produits par la HAS, Orphanet, le GIS-Maladies rares, des associations de patients, etc), sur des entretiens avec les principaux acteurs du plan, sur les questionnaires d’auto-évaluation des centres de référence ou sur une enquête auprès des centres n’ayant pas encore fait l’objet d’auto-évaluation, sur les débats qui ont animé la conférence d’évaluation des 8 et 9 janvier dernier, et sur une enquête qualitative auprès de patients ou de leurs familles. Le rapport présente, axe par axe, la mise en œuvre des objectifs, les buts non ou imparfaitement atteints, les avancées et les difficultés rencontrées. Le Codev soumet également une série de propositions et de recommandations pour l’élaboration du futur plan.

Tout au long du document, le Codev souligne la satisfaction des différents acteurs face aux résultats du Plan. La réussite de la mise en œuvre de certains axes est indiscutable d’après le comité. Les axes « les plus importants » (information des malades et des professionnels, accès aux soins, médicaments orphelins, partenariats) ont bénéficié d’actions adaptées à l’atteinte des objectifs. Néanmoins, il souligne la nécessité de pérenniser leur développement afin de ne pas risquer de perdre les acquis du premier plan. Orphanet est à ce titre mentionné à plusieurs reprises. Deux axes concernant la spécificité des maladies rares et la recherche n’ont été que partiellement mis en œuvre et devront profiter d’une nouvelle dynamique dans le futur plan. Enfin, le Codev estime que les axes relatifs à l’épidémiologie, la formation des professionnels, l’organisation du dépistage et l’accès aux tests diagnostiques ont été insuffisamment développés. Les stratégies d’action dans ces domaines devront être reformulées en tenant compte des difficultés rencontrées au cours du premier plan.

Avant toute chose, le Codev conclut à la légitimité d’élaborer un second plan national : l’évaluation montre clairement le problème de santé publique que constituent les maladies rares. S’appuyant sur le bilan du Plan, le Codev met en exergue certaines difficultés qui font l’objet de recommandations. Ainsi, la stratégie de pilotage reste un des points faibles du premier plan. L’éclatement des responsabilités entre la Direction Générale de la Santé (DGS) et la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins (DHOS) s’est révélé une source de lourdeur et de difficultés pour communiquer et garder une vue d’ensemble sur la dynamique du plan. Par ailleurs, le comité de suivi du plan ne s’est réuni que trois fois et n’a pas remis de rapport synthétique. Seul le Comité National Consultatif de Labellisation a mené à bien ses missions. Pour ces raisons, le Codev recommande de conserver un pilotage national avec un pilotage stratégique au sein du ministère de la Santé mais de compétence interministérielle, de mettre en place un comité de pilotage chargé de faire des propositions pour améliorer les conditions de mises en œuvre du plan, et un comité de suivi chargé d’examiner les rapports annuels du comité de pilotage et d’émettre un avis sur cette base. Finallement, pour faciliter les missions de suivi et d’évaluation, le Codev préconise de définir précisément des indicateurs de suivi en terme d’activités de soins, de procédures, d’efficacité et de coût.
Un des enjeux principal du second plan est d’asseoir et de dynamiser les avancées phares du premier. Ainsi, le Codev fait état du progrès considérable de la prise en charge des patients grâce à la labellisation des centres de références. Cependant, cette structure est encore fragile notamment car sa place dans la réorganisation des hôpitaux n’est pas clairement définie. Le Codev recommande de lancer une réflexion sur le statut des centres de référence au sein du système de santé publique, de refondre les procédures et les critères de leur évaluation et de repenser la répartition des financements.
Enfin, le comité note que le développement d’Orphanet et son succès mondial sont des réussites incontestables du Plan. Cependant, le Codev s’inquiète de la fragilité tant humaine, financière qu’institutionnelle de la base de données. Afin d’en assurer la pérennité et le développement, le comité préconise qu’un groupe de travail, où soient représentées la Communauté européenne et l’OMS, ait pour mission de redéfinir les besoins et le statut à l’échelle nationale et européenne. Le Codev insiste sur l’urgence de cette action.

Parallèlement, la DGS et la DHOS ont émis un rapport d’auto-évaluation présentant un bilan de la mise en œuvre des 10 axes stratégiques, commentés mesure par mesure. Les deux acteurs du pilotage du plan soumettent également une série de propositions dans la perspective de l’élaboration du plan II.
Ces deux rapports ainsi que les contributions écrites reçues des associations de patients, des industriels et des professionnels de santé seront discutées lors de la dernière réunion de suivi du Plan qui se tiendra le 28 mai. L’élaboration du plan II sera alors une priorité puisqu’il devra être finalisé avant l’été et le bouclage des budgets ministériels.

En savoir plus
Lire le rapport d’évaluation du HCSP
Lire le rapport d’auto-évaluation du ministère de la santé
Consulter le premier Plan National Maladies Rares


 


 
Nouveautés Orphanet
 
Orphanet recherche un rédacteur/documentaliste
 

Pour son pôle éditorial, Orphanet recherche un(e) rédacteur(rice)/documentaliste. De formation scientifique ou médicale, ayant une expérience rédactionnelle, le documentaliste identifiera les sources documentaires nécessaires à la rédaction/actualisation de textes sur les maladies rares et rédigera de courts textes d’information en français et en anglais.
Le poste est à pourvoir immédiatement.
Lire la fiche du poste


 
Avec ou sans désignation orpheline, le cahier d’Orphanet liste tous les médicaments orphelins en Europe
 

La nouvelle édition du Cahier d’Orphanet « Listes des médicaments orphelins en Europe » vient de sortir. En plus des molécules ayant obtenu une désignation orpheline en Europe, il contient dorénavant la liste des médicaments ayant une indication pour une maladie rare mais qui n’ont pas bénéficié au préalable de la désignation orpheline. 37 médicaments sont concernés couvrant 38 indications rares. Une autre nouveauté : le document contient l’indication détaillée pour laquelle les produits ont reçu une autorisation de mise sur le marché de l’agence européenne des médicaments (EMEA). Les données sont présentées par ordre alphabétique de nom de spécialité, par date décroissante d’AMM, par catégorie ATC ou par titulaire d’AMM. Ce document est actuellement le seul à regrouper et synthétiser ces informations dispersées sur le site de l’agence européenne des médicaments.
Consulter les listes des médicaments orphelins en Europe


 
Textes
 
Orphanet Urgences
 
Angio-oedème non histaminique
 
Encyclopédie Orphanet professionnelle en langue anglaise
 
Angelman syndrome (publié dans « European Journal of Human Genetics » en association avec Orphanet)
 


 
L'événement...
 
Le président de Vigifavisme quitte une association Jollyement menée !
 
Quatre questions à Dominique Jolly, fondateur de l’association française des personnes atteintes du déficit en G6PD
 

Le déficit en glucose 6 phosphate déshydrogénase (G6PD), aussi appelé favisme, est une atteinte génétique liée au chromosome X qui touche majoritairement les personnes originaires des Dom-Tom, du pourtour de la Méditerranée, de l’Afrique sub-saharienne, et de l’Asie du sud-est. On estime à 450 000 le nombre de Français atteints de ce déficit. Contrairement à la grande majorité des anomalies monogéniques, le déficit en G6PD n’est pas synonyme de maladie : en connaissant et proscrivant les aliments et les médicaments dangereux pour les personnes atteintes, la survenue d’accidents iatrogènes, essentiellement des anémies hémolytiques aiguës, est parfaitement prévenue (sauf dans certaines formes rares). En 2004, Dominique Jolly, médecin et déficitaire, fonde l’association Vigifavisme dont l’objectif principal est de contribuer au développement de la prévention, du diagnostic et du traitement des personnes atteintes. Pour des raisons de santé, il quitte aujourd’hui la présidence et a accepté de retracer pour OrphaNews France cinq années d’actions à la tête de l’association.


Dominique Jolly

Quelles raisons vous ont mené à fonder l’association Vigifavisme ?
Ce déficit est connu depuis l’antiquité, décrit sous le nom de favisme en référence aux signes de pâleur et de fatigue qui suivent l’absorption de fèves. Depuis la fin des années 50, les biochimistes et les biologistes ont décrit en détail les mécanismes d’action de l’enzyme affectée. En revanche, la communauté médicale ne s’y est que très peu intéressée, avec pour conséquence une connaissance très mince de la clinique et des patients. Etant moi-même médecin et déficitaire (ayant fait deux anémies aiguës exsanguinées), arrivé à l’âge de la retraite j’ai consacré trois années de « consultanat » à évaluer comment passer de la connaissance théorique de ce déficit à une aide pratique aux personnes atteintes. J’ai pu constater que malgré la possibilité de prévenir les accidents hémolytiques graves en excluant simplement certains aliments et médicaments, aucun consensus ni recommandations pratiques n’existait. Les patients se trouvaient confrontés à une multitude d’information différente, incapables de distinguer le vrai du faux. Une situation très angoissante ! Il est apparu extrêmement urgent d’établir des recommandations claires et officielles. Devant l’absence de réactivité de mes collègues et des décideurs politiques, j’ai décidé de fonder une association de patients et de monter au créneau en son nom. Vigifavisme est née en 2004.

Quels ont été les premiers chemins de bataille de l’association ?
Comme je vous le disais, en 2004, même les personnes diagnostiquées ne disposaient pas de recommandations claires. J’ai donc pris contact au nom de l’association avec Didier Houssin, directeur général de la santé. Devant l’exposé de la situation, il a saisi les agences sanitaires, à savoir l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Après deux années et demi de travail et de collaboration, une liste officielle d’aliments et de médicaments à proscrire a été publiée. Cela représente une étape essentielle dans la vie des personnes qui se savent déficitaires. La France est le seul pays à avoir accompli ce travail de Titan, fortement poussée par notre association. Des traductions sont en cours et devraient être utilisées par les agences de l’Union européenne, de Londres, de Parme et par l’OMS pour les 420 millions de déficitaires repartis sur le globe dans des zones géographiques bien déterminées! Cependant tout ce travail n’aura de sens que si les médecins sont informés sur ce déficit encore mal connu de la profession.

Avec la publication de ces listes, la prévention des anémies aiguës chez les personnes diagnostiquées est engagée. Qu’en est-il des personnes déficitaires n’ayant pas été dépistées à la naissance ni diagnostiquées à l’occasion d’un accident iatrogène ?
Je crois sincèrement que nous avons fait un travail très utile pour les personnes déjà diagnostiquées. Mais effectivement, pour l’instant rien n’est fait pour dépister ce déficit chez les populations à risque. La stratégie actuelle consiste à attendre la survenue d’une anémie iatrogène pour songer à ce diagnostic ! La prochaine bataille est d’obtenir le dépistage néonatal systématique ciblé du déficit en G6PD en France. De nombreux arguments plaident en sa faveur : le déficit en G6PD est fréquent en France depuis les récents phénomènes migratoires (450 000 français atteints), les tests de dépistage sont simples et fiables, la prévention primaire écarte tout risque de maladie, et, dernier argument mais non le moindre, l’équipe de Francis Fagnani, un éminent économiste de la santé, vient de démontrer que la mise en place d’un tel dépistage reviendrait deux fois et demi moins cher que de traiter les accidents anémiques survenus. Aujourd’hui, plus de vingt pays ont déjà mis en place un dépistage néonatal systématique, ciblé ou non. En attendant la mise en œuvre d’un tel dépistage, il est également nécessaire et urgent d’informer les médecins sur la prévention d’accidents dus à des médicaments et des aliments chez les français « à risque » de déficit en G6PD, d’autant que les lois en vigueur obligent les médecins à informer les patients sur les risques de la thérapeutique envisagée.
L’avenir de Vigifavisme est-il assuré ?
Oui, car j’ai la chance d’être remplacé par une mère de garçon déficitaire ayant eu une anémie sérieuse : Julia de Wellenstein! Elle connaît bien les problèmes de santé publique posés par ce déficit et ceux qui sont ressentis quotidiennement par les déficitaires en G6PD. Elle mettra tout son dynamisme et son énergie pour aller de l’avant et obtenir le dépistage néonatal systématique ciblé évitant ainsi à 450 000 Français des anémies hémolytiques parfois très graves et pourtant évitables.

Pour en savoir plus
Consulter le site de l’association
Consulter les recommandations de la Afssa et de l’Afssaps


 


 
Politique de recherche et de santé
 
Nationale
 
Syndrome de Turner et grossesse : risques cardiovasculaires et recommandations cliniques
 

Le syndrome de Turner est une maladie chromosomique liée à l’absence complète ou partielle d’un chromosome X, caractérisée principalement par une petite taille et souvent par une aménorrhée primaire. Suite au décès par dissection aortique aiguë de deux patientes enceintes après un don d’ovocytes, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et l’Agence de la biomédecine ont édité des recommandations pour la pratique clinique visant à renforcer la sécurité des femmes atteintes d’un syndrome de Turner et désirant une grossesse.
Consultez les recommandations


 
Le Haut-Conseil des biotechnologies est lancé !
 

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, et Chantal Jouanno, secrétaire d’état chargée de l’écologie, ont présenté le 22 avril dernier le Haut-Conseil des biotechnologies, instance d’évaluation, d’expertise et de concertation sur les biotechnologies. Il reprend les missions d’évaluation de la commission du génie génétique et de la commission du génie biomoléculaire. Il sera chargé de questions transversales ou génériques comme évaluer les risques et bénéfices socio-économiques des biotechnologies, dont fait partie la thérapie génique. Il peut s’autosaisir et être saisi par des parlementaires, des associations, des professionnels et des salariés. Il est enfin chargé d’une mission de veille scientifique et d’information du public.


 
Européenne
 
Epidermolyses nécrosantes : les inhibiteurs de neuraminidase sont à proscrire en cas d’épidémie grippale
 

Les syndromes de Steven-Johnson et de Lyell sont des épidermolyses nécrosantes graves causées le plus souvent chez l’adulte, par une intoxication médicamenteuse. Parmi les médicaments à proscrire, les inhibiteurs de neuraminidase sont des antiviraux utilisés pour prévenir ou traiter la grippe chez l’enfant et l’adulte. L’oseltamivir (Tamiflu), administré en prévention, le zanamivir et le peramivir, pour la prévention et le traitement, appartiennent à cette famille d’antiviraux. Dans le contexte d’une pandémie potentielle de grippe due au virus H1N1, la Rare Disease Task Force a alerté la commission européenne et les états membres des risques encourus par les personnes atteintes des syndromes de Steven-Johnson et de Lyell s’ils recevaient ces traitements. Pour ces patients, des alternatives thérapeutiques devront être adoptés le cas échéant.


 
Le parlement européen veut faciliter les soins de santé transfrontaliers
 

Le Parlement européen a adopté le 23 avril, en première lecture, la proposition de directive relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers (297 voix pour, 120 voix contre et 152 abstentions).
La directive proposée a pour objectifs de donner une sécurité juridique et politique aux patients qui cherchent à se faire soigner dans un autre Etat membre et de clarifier les droits au remboursement. Elle vise également à assurer des soins sûrs, efficaces et de qualité, et à mettre en place des mécanismes de coopération entre États membres.
S’agissant du remboursement des frais médicaux, les députés acceptent la règle générale selon laquelle le patient doit être remboursé à hauteur du remboursement qu’il aurait obtenu dans son pays d’origine. Ils ajoutent que les Etats membres pourront décider de couvrir ou non d’autres frais connexes comme les traitements, les frais d’hébergement et les frais de transport. Le projet de directive indique également que les patients ont le droit de se faire soigner à l’étranger, mais les Etats membres peuvent néanmoins opter pour un système d’autorisation préalable pour le remboursement des soins hospitaliers.
Le Parlement a ajouté au texte des dispositions particulières en faveur des patients atteints de maladies rares ou de handicaps. Ceux-ci auraient droit à un remboursement, même dans le cas où un traitement similaire ne serait pas couvert par la législation de leur pays, et ne seront pas soumis à l’autorisation préalable. Sous certaines conditions, les frais spécifiques encourus par les personnes handicapées devraient également être remboursés. De plus, toutes les informations nécessaires devraient être publiées dans des formats accessibles aux personnes souffrant d’un handicap.
Les discussions sur la directive « soins de santé transfrontaliers » reprendront pour la seconde lecture, après l’installation du nouveau Parlement européen en septembre 2009. Parallèlement, le prochain Conseil Santé « Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs » (EPSCO), qui se tiendra à Luxembourg, tentera sous l’égide de la présidence tchèque d’aller vers un accord politique le 9 juin 2009.

Consulter la proposition de directive


 
Génétique clinique, vers une même formation pour tous les médecins en Europe
 

L’union européenne des médecins spécialistes (UEMS), une organisation à but non lucratif créée en 1958 pour améliorer et harmoniser la formation des médecins spécialistes en Europe, représente près d’1 million et demi de professionnels et couvre 38 spécialités médicales. En avril, le conseil de l’UEMS a adopté le texte « Description of Clinical Genetics as a Medical Specialty in EU: Aims and objectives for specialist training », décrivant le profil de cette spécialité et les buts et les objectifs de la formation de généticien clinique. En France, la génétique est une spécialité médicale reconnue depuis 1995 mais ce n’est pas le cas dans tous les Etats membres : l’Espagne, la Belgique et la Grèce n’ont pas encore de cursus dédié à cette spécialité.


 


 
Nouveaux syndromes
 
Délétion 6q25.2-q25.3 : microcéphalie, retard de développement, dysmorphie et surdité
 

Quatre patients, porteurs d’une délétion de la région 6q25.2-q25.3, présentent des caractéristiques communes incluant une microcéphalie, un retard de développement, des traits du visage caractéristiques et une surdité. Deux d’entre eux ont également une agénésie du corps calleux.
Lire le résumé sur Pubmed


 
European Journal of Human Genetics ; 17(5):573-81 ; mai 2009
 
Encéphalopathie récessive de type Wernicke : déficit d’un transporteur de la thiamine
 

Kono et coll. décrivent deux frères atteints d’un syndrome récessif cliniquement identique à l’encéphalopathie de Wernicke mais sans déficit en thiamine. Tous deux souffrent d’épilepsie, d’ophtalmoplégie, d’ataxie et de nystagmus. L’analyse génétique a identifié deux mutations dans le gène SLC19A3, codant un transporteur de la thiamine.


 
NEJM ; 360(17):1792-4 ; avril 2009
 


 
Nos gènes se dévoilent
 

 
Atrophie optique : la fonction mitochondriale également affectée dans les formes récessives
 

Les atrophies optiques héréditaires sont des atteintes dégénératives des fibres ganglionnaires qui forment le nerf optique. Les formes les plus fréquentes se transmettent selon un mode autosomique dominant et sont fréquemment associées à des troubles extraoculaires dus à un dysfonctionnement mitochondrial. Par analyse d’homozygotie et clonage positionnel, Hanein et coll. ont identifié des mutations du gène TMEM126A chez des membres de trois familles d’origine maghrébine souffrant d’une atrophie optique autosomique récessive non syndromique. TMEM126A code une protéine mitochondriale transmembranaire de fonction inconnue.


 
Pour en savoir plus sur "Neuropathie optique isolée autosomique récessive"

 
The American Journal of Human Genetics ; 84(4):493-8 ; avril 2009
 
Infertilité masculine : mutations du canal à calcium CATSPER
 

Avenarius et coll. décrivent trois hommes nés de deux familles consanguines présentant une stérilité caractérisée par un faible nombre de spermatozoïdes, une faible motilité et des anomalies morphologiques. L’analyse génétique a permis d’identifier des mutations du gène CATSPER1. Il code un canal à calcium voltage dépendant spécifique des spermatozoïdes et essentiel à la fertilité des souris mâles.


 
The American Journal of Human Genetics ; 84(4):505-10 ; avril 2009
 
Hypomagnésémie autosomique dominante : garder son potassium empêche de conserver son magnésium
 

L’hypomagnésémie se caractérise le plus souvent par une tétanie, une arythmie cardiaque et une épilepsie. Des chercheurs néerlandais et brésiliens décrivent 21 membres d’une famille en comptant 46 souffrant d’hypomagnésémie associée à un taux normal de magnésium dans les urines, suggérant un défaut de la réabsorption rénale. Par clonage positionnel, les auteurs ont identifié une mutation hétérozygote du gène KCNA1, codant le canal à potassium Kv1.1 voltage dépendant. Ce canal est exprimé à la membrane luminale du tubule distal du rein, avec le canal à magnésium TRPM6, jouant un rôle essentiel dans la réabsorption rénale du magnésium et le maintien de son niveau sanguin. Les auteurs suggèrent que la perte de fonction partielle de ce canal à potassium entraîne une modification du potentiel membranaire défavorable à la réabsorption du magnésium par TRPM6.
Lire le résumé sur Pubmed


 
Journal of Clinical Investigation ; 119(4):936-42 ; avril 2009
 
Rétinite pigmentaire : une enzyme du cycle de Krebs en cause
 

La rétinite pigmentaire est une dystrophie héréditaire de la rétine due à une perte des photorécepteurs. Hartong et coll. ont identifié des mutations homozygotes d’IDH3B, codant la sous-unité bêta de l’isocitrate déshydrogénase. La perte de fonction de cette enzyme, impliquée dans le cycle de Krebs, n’a de conséquences que sur la fonction rétinienne.


 
Pour en savoir plus sur "Rétinite pigmentaire"

 
Nature Genetics ; 40(10):1230-4 ; octobre 2008
 
CARASIL : HTRA1 associe TGF-bêta et une atteinte des petits vaisseaux cérébraux
 

CARASIL est l’acronyme de Cerebral Autosomal Recessive Arteriopathy with Subcortical Infarcts and Leukoencephalopathy. Les patients souffrent d’une maladie des petits vaisseaux cérébraux associée à une alopécie et une spondylose. Des chercheurs japonais ont pour la première fois identifié des mutations dans un gène : HTRA1 code une sérine protéase impliquée dans la régulation négative de TGF-bêta.
Lire le résumé sur Pubmed


 
NEJM ; 360(17):1729-39 ; avril 2009
 
Syndrome de sensibilité aux UV : mutation de CSA, un nouveau point commun avec le syndrome de Cockayne
 

Le syndrome de sensibilité aux UV est une maladie autosomique récessive très rare et caractérisée par une photosensibilité et des anomalies de la peau. Chez les patients, le système de réparation de l’ADN couplée à la transcription est déficient. Nardo et coll. ont identifié une mutation du gène CSA responsable de cette hypersensibilité aux UV. Historiquement, des mutations de ce gène sont associées au syndrome de Cockayne, une maladie génétique présentant un phénotype complexe incluant une photosensibilité, des troubles neurologiques et développementaux et un vieillissement prématuré. Contrairement aux patients présentés dans cette étude, les personnes atteintes de ce syndrome ont un défaut de réponse au stress oxydatif induisant une forte toxicité cellulaire.


 
Pour en savoir plus sur "Syndrome de sensibilité aux UV"

 
PNAS ; 106(15):6209-14 ; avril 2009
 
Myopathie liée à l’X avec autophagie excessive : des mutations de VMA21 expliquent la vacuolisation
 

La myopathie liée à l’X avec autophagie excessive débute dans l’enfance et est caractérisée par une atrophie et une vacuolisation des muscles squelettiques. Ramachandran et coll. montrent qu’elle peut être due à des mutations du gène VMA21, codant un facteur d’assemblage de la V-ATPase, la principale pompe à protons chez les mammifères. Ils montrent également qu’une diminution de VMA21 réduit l’acidité lysosomale, ce qui entraîne une accumulation cellulaire d’acides aminés libres et la formation d’autolysosomes absorbant des larges portions de cytoplasmes et fusionnant pour former des vacuoles.


 
Pour en savoir plus sur "Myopathie avec autophagie excessive liée à l'X"

 
Cell ; 137(2):235-46 ; avril 2009
 


 
La recherche, jour après jour
 

 
Recherche fondamentale
 
Xeroderma pigmentosum : une maladie rare apporte la preuve moléculaire du risque d’exposition aux UV
 

Les patients atteints de xeroderma pigmentosum ont un défaut du système de réparation de l’ADN et présentent 1000 fois plus de risque de développer un mélanome. Wang et coll. montrent que plus de la moitié de 59 mélanomes développés par 8 patients présentent des mutations du suppresseur de tumeurs PTEN. La grande majorité (91%) est induite par les UV, démontrant la participation des rayons à la carcinogenèse des mélanomes. Les similarités entre les cancers chez ces patients et dans la population générale et les données présentées dans l’étude permettent aux auteurs d’établir un lien moléculaire direct entre l’exposition au soleil et le risque de mélanomes dans la population générale.


 
Pour en savoir plus sur "Xeroderma pigmentosum"

 
PNAS ; 106(15):6279-84 ; avril 2009
 
Recherche clinique
 
Délétion 13q : vers une corrélation génotype-phénotype
 

Les délétions partielles du bras long du chromosome 13 sont responsables de phénotypes variables, dépendant de leurs positions et de la longueur de la région touchée. Des chercheurs danois ont déterminé les points de cassure des délétions chez 14 patients et ont ainsi établi une corrélation entre la région délétée et une petite taille, une microcéphalie, des anomalies du cortex, des malformations de Dandy-Walker, une agénésie du corps calleux, un encéphalocèle, des défauts du tube neural, une ano- ou une microphtalmie, une fente labio-palatine, une hypoplasie pulmonaire et une hypoplasie du pouce. Malgré ces variabilités phénotypiques, les patients présentent les mêmes caractéristiques du visage.
Lire le résumé sur Pubmed


 
Pour en savoir plus sur "Monosomie distale 13q"

 
Am J Med Genet A ; 149A(5):894-905 ; mai 2009
 
Syndrome de Klinefelter : des troubles psychiatriques sont fréquents dans l’enfance
 

Le syndrome de Klinefelter est caractérisé par la présence d’un chromosome X surnuméraire chez les garçons. Dans l’enfance, un retard de développement puis, à la puberté, de petits testicules et/ou un développement anormal des glandes mammaires peuvent être évocateurs. Dans cette étude incluant 51 enfants et adolescents âgés de 6 à 19 ans, les auteurs montrent que des troubles psychiatriques sont fréquents dans cette population, incluant notamment des difficultés de contrôle des émotions et du comportement.
Lire le résumé sur Pubmed


 
Pour en savoir plus sur "Klinefelter, syndrome de"

 
Pediatrics ; 123(5):e865-70 ; mai 2009
 
Syndrome CHARGE : incidence élevée des déficits immunitaires
 

Les patients atteints du syndrome CHARGE ou de la délétion 22q11.2 présentent des symptômes communs incluant des malformations cardiaques, un retard de développement, une fente palatine et des malformations de l’oreille. Dans les deux cas, l’expression du phénotype est très variable et rend difficile le diagnostic. Dans une étude incluant 25 enfants atteints du syndrome de CHARGE, Jyonouchi et coll. confirment que les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont un colobome, une atrésie des choanes, une paralysie du nerf facial, une fistule trachéo-oesophagienne et une hypoplasie génitale chez les garçons. Les auteurs ont également observé une proportion élevée de troubles immunitaires, allant d’une lymphopénie (60%) à un déficit immunitaire combiné sévère (8%). Cette incidence, supérieure à celle observée chez les patients porteurs d’une délétion 22q11.2, suggère que des immunologistes devraient participer précocement à la prise en charge des patients atteints du syndrome CHARGE.


 
Pour en savoir plus sur "CHARGE, syndrome"
Pour en savoir plus sur "Monosomie 22q11"

 
Pediatrics ; 123(5):e871-7 ; mai 2009
 
Syndrome de Silver-Russell : une croissance intra-utérine normale n’exclut pas le syndrome
 

Le syndrome de Silver-Russell associe un retard de croissance débutant pendant la période anténatale à un aspect caractéristique du visage et une asymétrie des membres. Environ 30% des patients ont une hypométhylation du gène H19 dans la région 11p15 soumise à empreinte parentale, et 10% des patients ont une disomie uniparentale maternelle du chromosome 7. L’utilisation de critères cliniques stricts permet un taux de détection élevé des épimutations de la région 11p15 mais l’hétérogénéité du phénotype suggère que l’utilisation de ces seuls critères à des fins diagnostiques ne soit pas efficace. A partir de données moléculaires récoltées chez 188 patients, Eggermann et coll. montrent que la recherche d’épimutations de la région 11p15 et d’une disomie uniparentale maternelle du chromosome 7 doit être également proposée aux patients ne répondant pas strictement aux critères de définition du syndrome. Plus particulièrement, l’absence de retard de croissance anténatal ne doit pas être considéré comme un critère d’exclusion des tests moléculaires.


 
Pour en savoir plus sur "Syndrome de Silver-Russell"

 
Pediatrics ; 123(5):e929-31 ; mai 2009
 
Mucoviscidose : un nouveau gène associé à la sévérité des atteintes pulmonaires
 

La mucoviscidose est une maladie autosomique récessive due à des mutations du gène CFTR. Les atteintes pulmonaires sont la principale cause de morbidité et de mortalité, cependant leur sévérité est indépendante des mutations de CFTR. Gu et coll. ont identifié un gène modificateur de la gravité du phénotype pulmonaire : IFRD1 code un régulateur transcriptionnel exprimé durant la différenciation des neutrophiles. L’étude fonctionnelle menée chez la souris montre le rôle de cette protéine dans la régulation de l’inflammation et de l’élimination bactérienne des voies aériennes.


 
Pour en savoir plus sur "Mucoviscidose"

 
Nature ; 458(7241):1039-42 ; avril 2009
 
Syndrome de Prader-Willi : exclusion de trois gènes de la région chromosomique candidate
 

Le syndrome de Prader-Willi est une maladie neurogénétique caractérisée par une hypotonie, une hyperphagie, un hypogonadisme, des difficultés d’apprentissage et des troubles du comportement. Il peut être dû à des délétions de novo de 5 à 6 Mpb du chromosome 15 paternel, à une disomie uniparentale maternelle du chromosome 15 ou à un défaut d’empreinte parentale. Dans tous les cas, 5 gènes codant des protéines et plus de 70 gènes correspondant à des ARN non codants sont inactivés. Kanber et coll. présentent deux patients avec une délétion atypique du chromosome 15 paternel n’incluant pas les gènes MKRN3, MAGEL2 et NDN. Un troisième patient, obèse avec un déficit intellectuel mais ne souffrant pas d’un syndrome de Prader-Willi, porte une délétion des allèles paternels de ces gènes. Ces trois cas permettent de conclure qu’un déficit de MKRN3, MAGEL2 et NDN n’est pas suffisant pour expliquer le phénotype associé au syndrome de Prader-Willi.


 
Pour en savoir plus sur "Prader-Willi, syndrome de"

 
European Journal of Human Genetics ; 17(5):582-90 ; mai 2009
 
Nodulose, arthropathie et ostéolyse : malformation cardiaque congénitale chez une famille turque
 

L’association d’une nodulose, d’une arthropathie et d’une ostéolyse est un syndrome autosomique récessif décrit chez des familles saoudiennes et indiennes. Tuysuz et coll. décrivent une famille turque dont trois membres présentent cette triade. Ces patients souffrent également d’une malformation cardiaque congénitale. L’analyse moléculaire a permis d’identifier une mutation du gène MMP2, confirmant le diagnostic clinique.


 
Pour en savoir plus sur "Nodulose - arthropathie - ostéolyse"

 
European Journal of Human Genetics ; 17(5):565-72 ; mai 2009
 
Déficit en alpha-1 antitrypsine : des variants alléliques rares dans la population tunisienne
 

Le déficit en alpha-1 antitrypsine est une maladie génétique qui se manifeste par un emphysème pulmonaire, une cirrhose et, plus rarement, par une panniculite. Dans la population nord-africaine, les allèles pathologiques fréquemment rencontrés en Europe du Nord sont très rares. Chez 120 tunisiens souffrant de maladies pulmonaires obstructives (asthme, emphysème, etc), Denden et coll. ont identifié six patients porteurs d’allèles responsables d’un déficit en alpha-1 antitrypsine, rarement rencontrés dans la population européenne. Les auteurs suggèrent que le déficit en alpha-1 antitrypsine soit plus largement recherché chez les patients tunisiens souffrant de maladies pulmonaires obstructives.


 
Pour en savoir plus sur "Alpha-1 antitrypsine, déficit en"

 
Orphanet J Rare Dis ; 4:12 ; avril 2009
 
Lupus érythémateux systémique : susceptibilité génétique et pathophysiologie
 

Le lupus érythémateux systémique est une maladie hétérogène, d’origine auto-immune, caractérisée par la présence d’auto-anticorps anti-nucléaires. Harley et coll. font le point sur les nombreuses analyses de liaison entreprises ces dernières années. Plus de 20 gènes sont aujourd’hui associés à la pathophysiologie de cette maladie. Ces découvertes permettent une meilleure compréhension des mécanismes pathologiques et ouvrent de nouvelles voies thérapeutiques discutées ici.


 
Pour en savoir plus sur "Lupus érythémateux systémique"

 
Nat Rev Genet ; 10(5):285-90 ; mai 2009
 
Myasthénie acquise : de l’épidémiologie aux traitements
 

La myasthénie acquise est une maladie auto-immune rare de la jonction neuromusculaire. Elle se caractérise par une faiblesse musculaire avec fatigabilité fluctuante mais non douloureuse. Merrigioli et Sanders font état des connaissances actuelles, de l’épidémiologie aux stratégies thérapeutiques en passant par la pathogenèse, la présentation clinique et le diagnostic.
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Pour en savoir plus sur "Myasthénie autoimmune"

 
Lancet Neurol ; 8(5):475-90 ; mai 2009
 
Thérapeutique
 
Hémophilie : la thérapie génique pour contrer la formation d’inhibiteurs des facteurs de coagulation substitutifs chez le chien
 

L’hémophilie est due à un déficit d’un des facteurs de coagulation, le facteur VIII dans l’hémophilie A et le facteur IX dans l’hémophilie B. Une stratégie thérapeutique consiste à injecter aux patients des facteurs substitutifs, dérivés du plasma ou obtenus par génie génétique. Cependant, la formation d’inhibiteur est fréquente dans les formes sévères. L’administration de facteur VII activé est une alternative qui a montré de bons résultats mais la demi-vie de ce facteur est courte et nécessite des injections quotidiennes. Dans un essai préclinique réalisé chez le chien, des chercheurs ont administré un vecteur viral modifié pour permettre une expression continue du facteur VII activé dans le foie. Le traitement a été bien toléré par les animaux et permet une correction des troubles de la coagulation.
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Pour en savoir plus sur "Hémophilie"

 
Blood ; 113(16):3682-9 ; avril 2009
 
Dystrophie musculaire de Duchenne : un anti-épileptique fait ses preuves chez la souris
 

La dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie neuromusculaire due à un déficit en dystrophine. Il est depuis longtemps établi que la surexpression de l’intégrine alpha7 améliore l’état des souris modèles de la maladie (souris mdx et souris sans dystrophine ni utrophine). Dans cette étude, les chercheurs montrent que l’acide valproïque est un régulateur positif de l’expression de l’intégrine alpha7. Injecté à des souris mdx/utr-/- (sans dystrophine ni utrophine), l’acide valproïque diminue le contenu en collagène des muscles, réduit la fibrose, l’inflammation et les anomalies histologiques. L’acide valproïque est utilisé depuis longtemps dans le traitement de nombreuses formes d’épilepsies.
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Pour en savoir plus sur "Dystrophie musculaire de Duchenne et Becker"

 
Am J Pathol ; 174(3):999-1008 ; mars 2009
 
Approches diagnostiques
 
Calpaïnopathie : l’analyse quantitative et fonctionnelle de la calpaïne 3 augmente la probabilité de diagnostic
 

La calpaïnopathie, aussi appelée dystrophie musculaire des ceintures de type 2A, est caractérisée par une faiblesse musculaire progressive, principalement des muscles des ceintures humérale ou pelvienne. Elle est due à des mutations du gène CAPN3, codant une enzyme spécifique du muscle appelée la calpaïne 3. Fanin et coll. présentent une stratégie diagnostique par palier consistant à analyser quantitativement et qualitativement la présence de la calpaïne 3 dans les muscles des patients avant de rechercher des mutations du gène CAPN3. L’étude, menée sur 519 et 108 échantillons respectivement pour l’analyse quantitative et l’analyse fonctionnelle, montre une forte probabilité diagnostique (respectivement 80 et 88%). Les auteurs estiment que cette approche permet d’augmenter le taux de détection de la maladie et d’obtenir un diagnostic précoce, important pour une meilleure prise en charge des patients et le conseil génétique.


 
Pour en savoir plus sur "Dystrophie musculaire des ceintures autosomique récessive, type 2A"

 
European Journal of Human Genetics ; 17(5):598-603 ; mai 2009
 


 
Prise en charge et thérapie
 

 
Déficits immunitaires combinés sévères : la transplantation de cellules souches hématopoïétiques est bénéfique à long terme
 

Les déficits immunitaires combinés sévères sont dues à des troubles de la différentiation des cellules T. Le résultat est une absence d’immunité acquise, entraînant des infections multiples et la mort dans les premières années de vie. La transplantation allogénique de cellules souches hématopoïétiques est l’option thérapeutique considérée la mieux adaptée dans la majorité des cas. Neven et coll. présentent une analyse rétrospective de l’efficacité à long terme de la transplantation, réalisée chez 90 patients traités entre 1972 et 2004 à l’hôpital Necker-enfants malades. Presque la moitié des patients ont souffert de complications, incluant des maladies du greffon contre l’hôte, des atteintes auto-immune et inflammatoire, des infections opportunistes ou non et des infections chroniques par le virus HPV (human papilloma virus). L’occurrence de ces complications est associée à la discordance génétique du donneur, au déficit Artémis et à la qualité de la reconstitution immune. Néanmoins, dans la majorité des cas, la transplantation permet une survie à long terme avec de rares séquelles, bien que l’occurrence de complications tardives justifie le suivi à long terme.


 
Blood ; 113(17):4114-24 ; avril 2009
 
Hémophilie A : pas tous égaux face à la thérapie substitutive du facteur VIII
 

L’hémophilie A est un trouble de la coagulation dû à un déficit du facteur VIII. Le traitement est substitutif et consiste à administrer du facteur VIII purifié ou obtenu par génie génétique. Les patients sont susceptibles de développer des inhibiteurs contre les facteurs de remplacement, avec un risque deux fois plus élevé dans la population noire. Six variants génétiques normaux du facteur VIII existent mais seul deux d’entre eux, H1 et H2, sont présents chez toutes les ethnies. Ce sont ces deux variants qui sont utilisés dans la pratique clinique. Les facteurs H3, H4 et H5 ne sont trouvés que dans la population noire. Viel et coll. ont identifié les variants non pathologiques et les mutations portées par 78 patients noirs. 24% d’entre eux sont porteurs d’un haplotype H3 ou H4. La prévalence d’inhibiteurs est supérieure chez ces patients, malgré un spectre de mutations et un degré de sévérité de la maladie comparables aux porteurs des variants H1 et H2. Cette étude suggère fortement qu’une discordance haplotypique du facteur VIII administré en remplacement est un facteur de risque de développement d’anticorps.


 
Pour en savoir plus sur "Hémophilie A"

 
NEJM ; 360(16):1618-27 ; avril 2009
 
Dépistage ciblé de porteurs sains dans les populations à risque : l’exemple israélien
 

En Israël, depuis 2002, un programme de dépistage ciblé des personnes porteuses d’allèles pathologiques de maladie génétique grave a été mis en place. Il est proposé gratuitement à tous les citoyens appartenant à une communauté où la fréquence de ces maladies est supérieure à 1/1000. Zlotogora et coll. présentent les données à 5 ans de ce programme : 13 000 tests ont été réalisés dans 35 localités ou communautés différentes, couvrant 36 maladies. De nombreux couples à risque ainsi identifiés ont opté pour le diagnostic prénatal et deux cas d’interruption médicale de grossesse ont été recensés. Les auteurs considèrent qu’un tel programme de dépistage permet d’offrir de meilleurs services génétiques, sans pour autant stigmatiser les individus au niveau communautaire. Ils nuancent leurs propos en affirmant que ce type de dépistage ne peut être efficace que s’il est accompagné d’un programme éducatif au sein des communautés concernées.


 
European Journal of Human Genetics ; 17(5):591-7 ; mai 2009
 
Macroglobulinémie de Waldenström : fludarabine et rituximab combinés, plus efficaces mais peut-être plus toxiques
 

La macroglobulinémie de Waldenström est une prolifération lymphocytaire B caractérisée par l’accumulation de cellules monoclonales dans la moelle osseuse et dans les tissus lymphoïdes périphériques, et associée à la production d’immunoglobulines (IgM) sériques monoclonales. Les analogues de nucléoside ou le rituximab, un anticorps monoclonal dirigé contre les cellules B, sont communément utilisés chez les patients. Des études précliniques ont montré leur effet synergique. Dans le cadre d’un essai prospectif multi-centrique, Treon et coll. ont administré un analogue nucléosidique de la purine, le fludarabine, et du rituximab à 43 patients. Le traitement combiné intensifie la réponse chez les patients mais la toxicité reste élevée. Les auteurs suggèrent de comparer à court et long terme les effets de cette approche thérapeutique aux options déjà disponibles.


 
Pour en savoir plus sur "Waldenström, macroglobulinémie de"

 
Blood ; 113(16):3673-8 ; avril 2009
 


 
Médicaments orphelins
 
Traitement de l’apnée primaire chez le prématuré : Nymusa, 54ème médicament orphelin en Europe
 

Lors de sa réunion d’avril 2009, le CHMP (Committee for Medicinal Products for Human Use) a adopté une opinion positive pour Nymusa (citrate de caféine), développé par Chiesi Farmaceutici SpA. Nymusa est indiqué dans le traitement de l’apnée primaire chez le prématuré. C’est le 54ème médicament orphelin à recevoir une opinion positive de mise sur le marché.

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Consulter la liste des médicaments orphelins en Europe


 
Cinq nouvelles opinions positives pour des désignations orphelines en mai 2009
 

En mai 2009, le COMP (Committee for Orphan Medicinal Products) a annoncé l’adoption de 5 opinions positives pour la désignation orpheline de substances médicinales pour les indications suivantes :

- traitement du syndrome de Rett,
- traitement du myélome multiple,
- traitement du neuroblastome,
- traitement de l’acromégalie,
- traitement de la sclérose latérale amyotrophique.

Lire le communiqué de presse
Consulter le registre des désignations orphelines européennes


 


 
Financer sa recherche
 
Appel d’offres 2009 de l’association «Connaître les syndromes cérébelleux»
 

L’association « Connaître les syndromes cérébelleux » soutient la recherche sur les ataxies cérébelleuses en attribuant une subvention de 30 000 euros pour financer l’embauche d’un étudiant en thèse ou d’un post-doctorant travaillant sur une thématique de recherche couvrant les aspects cliniques, moléculaires, cellulaires, physiopathologiques ou pharmacologiques de ces maladies.
La date limite de candidature est fixée au 12 juin
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Appel à projets de recherche sur les leucodystrophies et la réparation de la myéline
 

La Fondation de Recherche ELA invite la communauté scientifique internationale à soumettre des projets de recherche dans le domaine des leucodystrophies génétiques et de la réparation de la myéline.
La date limite de soumission des dossiers est fixée au 7 juin.
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Prix de recherche en pathologie pédiatrique
 

Deux prix, de 10 000 et 5 000 euros, sont destinés à honorer des travaux contribuant à la connaissance des maladies de l’enfant. Ils s’adressent préférentiellement à des pédiatres, pathologistes, chercheurs ou étudiants du niveau Master ou Post-Doctorat. Les travaux devront être originaux, achevés, publiés ou à publier et concerner directement ou indirectement (modèles animaux) les causes ou les mécanismes des maladies du fœtus et de l’enfant, ou apporter des progrès à leurs méthodes d’investigation. Les demandes d’information et les dossiers de candidature sont à adresser à
Madame Corinne Touzé
Laboratoire de Pathologie Pédiatrique (pavillon François Lepage)
Hôpital Cochin-Saint Vincent de Paul
74-82 avenue Denfert-Rochereau
75674 Paris cedex 14
La date limite de candidature est fixée au 31 octobre 2009.


 
Appels à projets d’évaluation du dispositif d’enquêtes publiques sur le handicap et la perte d’autonomie
 

Afin d’affiner le dispositif d’enquêtes publiques sur le handicap et la perte d’autonomie, la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) et la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) lancent un appel à projets de recherche. Les recherches financées devront évaluer les protocoles des enquêtes "Handicap-Santé en ménages ordinaires" (HSM) et "Aidants informels" (HSA) et formuler des recommandations d’amélioration pour les futures enquêtes portant sur les mêmes thèmes. Les recherches attendues devront permettre d’appréhender la pertinence des choix méthodologiques retenus en 2008.
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Colloques, séminaires et cours
 
« L’information génétique humaine est-elle particulière ? » Atelier de réflexion éthique
 
Toulouse, France
 
28 mai et 9 juillet
 
Programme du 28 mai
Programme du 9 juillet
Fiche d’insription

 
Xe Forum Orphanet des Associations : les données santé dans un monde informatisé
 
Paris, France
 
30 juin 2009
 
Programme
Fiche d’inscription

 
18th International Workshop on Vascular Anomalies
 
Bruxelles, Belgique
 
21-24 avril 2010
 
En savoir plus
 
Calendrier des événements maladies rares
 
Retrouvez dans cet agenda tous les événements annoncés.
 


 
A lire
 
Comprehensive pediatric nephrology
 

Auteurs : Denis Geary et Franz Schaefer
Editeur : Mosby
Ce manuel présente toutes les entités cliniques susceptibles d’être rencontrées dans la pratique de la néphrologie pédiatrique. Les données épidémiologiques, diagnostiques, pronostiques et de prise en charge sont présentées sous forme didactique.


 


 
Orphanews, la lettre d'actualité d'Orphanet
Orphanews est soutenue par l'AFM grâce aux donateurs du Téléthon et par l'Assurance Maladie Sécurité Sociale
Rédacteur en chef : Ségolène Aymé
Rédacteur : Annie Olry
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