Résumé
La séquence d'akinésie foetale est évoquée devant une arthrogrypose avec ankylose de toutes les articulations des membres, camptodactylie, le tout associé à une hypoplasie pulmonaire et à une dysmorphie faciale. Il s'agit d'une séquence dont le premier élément est l'immobilité foetale, quelle qu'en soit la cause. L'absence de mouvements de déglutition induit un hydramnios, et la diminution des mouvements du diaphragme et des muscles intercostaux est à l'origine de l'hypoplasie pulmonaire, en règle sévère. La diminution des mouvements foetaux induit également une arthrogrypose multiple et une relative brièveté du cordon. Les mains sont en coup de vent cubital, les pieds sont bots et souvent en piolet, les dermatoglyphes sont peu abondants et les plis de flexion des doigts et des paumes sont effacés. Les 1er et 2ème doigts de la main chevauchent les doigts 3, 4 et 5. La face est inexpressive, rigide, avec hypertélorisme, télécanthus, oreilles petites, mal ourlées et en rotation postérieure, petite bouche avec palais ogival et micrognathie. Plus rarement, on peut voir une fente palatine et/ou une cardiopathie. La prématurité est fréquente, et même en cas de naissance à terme les nouveau-nés ont un retard de croissance intra-utérin, une cryptorchidie, un cou court en apparence et lorsqu'ils survivent, un syndrome du grêle court avec malabsorption. L'ensemble des signes doit conduire à un diagnostic différentiel avec la trisomie 18 par l'obtention d'un caryotype. Le syndrome de Pena-Shokeir est rare, décrit dans une centaine de cas dans la littérature. Environ 30% des enfants sont mort-nés, et une majorité des enfants nés vivants décèdent après quelques semaines de leur hypoplasie pulmonaire. Les causes et mécanismes physiopathologiques de cette séquence malformative sont hétérogènes. Dans environ 50% des cas, il s'agit d'un syndrome récessif autosomique (consanguinité parentale), dans d'autres cas on retrouve une myasthénie maternelle ; l'expérimentation animale suggère que le curare administré à la mère pourrait aussi avoir cette conséquence, et toutes les autres causes plausibles d'immobilité (myogène, neurogène, ischémique/anoxique) doivent être recherchées sur des biopsies. Cette hétérogénéité rend le conseil génétique difficile, et conduit à indiquer, devant un cas isolé sans étiologie évidente un risque de récurrence compris entre 0,01 et 25%. Le diagnostic prénatal, après la naissance d'un cas index, repose sur une échographie morphologique à faire vers la 18ème semaine d'aménorrhée, un hydramnios avec diminution/disparition des mouvements foetaux, un oedème du scalp et une hypoplasie pulmonaire doivent être recherchés. *Auteur : Orphanet (juillet 2005)*.