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Dermopathie restrictive létale

Numéro Orphanet ORPHA1662
Prévalence des maladies rares <1 / 1 000 000
Hérédité
  • Autosomique récessif
Âge d'apparition Néonatal/petite enfance
Code CIM 10
  • Q82.8
MIM
Synonyme(s) -

Résumé

La dermopathie restrictive létale se caractérise par des signes cliniques qui sont presque tous la conséquence d'un déficit cutané qui restreint les mouvements in utero. Cette pathologie est très rare, décrite pour la première fois chez deux enfants en 1983, une trentaine de cas ont été rapportés depuis. Le retard de croissance intra-utérin est constant. Au niveau cranio-facial, sont observés des fontanelles élargies, un hypertélorisme avec entropion, un petit nez en trompette, une petite bouche avec ankylose temporo-maxillaire et micrognathie, des oreilles mal ourlées dont les lobes sont soudés à la peau du crâne. La peau est rigide et tendue, elle cède par endroits, provoquant par exemple des déchirures au niveau des aisselles ou du cou. La vascularisation superficielle est riche. Les ongles peuvent être courts ou très longs. Les cils, les sourcils et le duvet cutané sont absents ou très clairsemés. Les cheveux sont parfois normaux. Le cordon ombilical est souvent court et le diamètre thoracique antéro-postérieur est plus grand, provoquant une hypoplasie pulmonaire. Exceptionnellement, une série d'autres anomalies a été observée : dents néonatales, microcéphalie, petites fentes palpébrales, atrésie des choanes, fente du palais primaire ou secondaire, hypospadias, duplication urétérale, cyphoscoliose dorsale, hypoplasie surrénalienne, persistance du canal artériel, communication inter-auriculaire. Un cas d'élargissement de l'aorte ascendante avec dextrocardie a également été rapporté. Un hydramnios est souvent présent, et la diminution des mouvements foetaux est signalée dès le 6ème mois de grossesse. Au niveau du squelette, la radiographie révèle des contractures de toutes les articulations, des pieds en piolet, des clavicules fines, dysplasiques et bi-partites, des côtes en ruban, des os longs tubulaires des bras et une déminéralisation au niveau du crâne. L'examen histologique montre une hyperkératose, un retard de maturation des glandes sébacées et sudoripares, ainsi que l'absence d'élastine. L'épiderme et la couche lipidique sous-cutanée sont plus épais, le derme est fin avec des fibres de collagène fines et denses, orientées parallèlement à l'épiderme, et à renouvellement lent. Les grains de kératine hyaline ont une forme globulaire anormale. Les fibroblastes surexpriment les sous-unités alpha 1 et alpha 2 de l'intégrine, responsables des liaisons du collagène, ce qui étaye l'hypothèse selon laquelle il s'agirait d'une pathologie primitive du revêtement cutané. La survenue d'un hydramnios et la disparition assez brutale des mouvements foetaux permettent le diagnostic prénatal lorsqu'il existe un cas index dans la famille. La biopsie de peau in utero n'est pas fiable et plusieurs expériences de diagnostic manqué ont été rapportées ; celui-ci avait été effectué par microscopie électronique pratiquée sur des biopsies de peau foetale à 20 semaines. L'échographie 3D peut permettre un diagnostic morphologique un peu plus tôt dans le 2ème trimestre. La transmission de la dermopathie restrictive létale est récessive autosomique. Même si des mutations de gènes différents ont été identifiées pour des manifestations cliniques similaires (tels que LMNA et ZMPSTE24), un mécanisme pathogénétique est probablement commun entre toutes les formes, incluant des anomalies de structure des noyaux et de la matrice qui pourraient être en cause dans la dermopathie restrictive. L'accouchement est souvent prématuré, et la plupart des foetus sont mort-nés à cause de l'hypoplasie pulmonaire. Les enfants nés vivants décèdent généralement dans la première semaine, l'intubation étant rendue difficile par l'ankylose temporo-maxillaire. Le plus long temps de survie enregistré est de quatre mois. *Auteur : Orphanet (juillet 2005)*.

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