Résumé
Les maladies du foie regroupées sous l'appellation « cholestases intrahépatiques familiales progressives » correspondent à un groupe hétérogène d'entités souvent rapportées dans la littérature sous le terme « maladie de Byler ». Dans tous les cas, les enfants atteints ont une cholestase intrahépatique sévère, d'origine hépatocellulaire, débutant la plupart du temps dans les premiers mois de vie. La morphologie des voies biliaires intra et extrahépatiques est toujours normale. La maladie évolue vers la cirrhose et l'insuffisance hépatocellulaire avant l'adolescence et nécessite le plus souvent une transplantation hépatique. Le caractère familial de l'affection est facile à affirmer lorsque plusieurs enfants de la même fratrie sont atteints, ou lorsqu'il existe une consanguinité chez les parents, suggérant un mode de transmission autosomique récessive. La mesure de l'activité de la gamma-glutamyl-transférase (GGT) sérique permet de distinguer les cholestases fibrogènes à activité GGT basse et la cholestase fibrogène à activité GGT élevée. En ce qui concerne le premier groupe, deux loci en cause ont été identifiés : l'un en 18q21 (PFIC1: pour Progressive Familial Intrahepatic Cholestasis) et le second en 2q24 (PFIC2). Des mutations du gène FIC1 (18q21) ont été identifiées à la fois dans les cholestases fibrogènes et dans la cholestase récurrente bénigne. Des mutations de BSEP (2q24) ont été mises en évidence chez des patients porteurs d'une cholestase fibrogène. Pour les malades dont l'activité GGT est élevée, des mutations du gène MDR3 ont été mises en évidence. *Auteur : Dr M. Hadchouel (mai 2002)*.