Résumé
Les duplications distales Xq correspondent à des anomalies chromosomiques impliquant le bras long du chromosome X (Xq). Les manifestations cliniques sont très variables et dépendent du sexe du patient et des gènes contenus dans le segment dupliqué. La prévalence des duplications Xq est inconnue. Environ 40 cas de disomie fonctionnelle Xq28 due à des remaniements visibles en cytogénétique, et environ 50 cas de duplications cryptiques impliquant le gène MECP2 ont été rapportés (déficit intellectuel - paraplégie spastique progressive, lié à l'X ; voir ce terme). Les duplications distales les plus fréquemment décrites concernent le segment Xq28 et elles correspondent à un phénotype reconnaissable incluant un faciès caractéristique (fermeture prématurée des fontanelles ou saillie de la suture métopique, visage large avec joues pleines, épicanthus, grandes oreilles, bouche petite et ouverte, oreilles anormales, nez pointu, palais anormal et hypotonie faciale), une hypotonie axiale majeure, un retard important du développement, des difficultés sévères d'alimentation, des organes génitaux anormaux et une susceptibilité accrue aux infections. Les duplications Xq peuvent être causées par une duplication intrachromosomique, une translocation déséquilibrée X/Y ou X-autosome. Chez les hommes, la disomie structurale de l'X s'accompagne toujours d'une disomie fonctionnelle. Chez les femmes, un échec de la compensation de dosage peut exceptionnellement résulter d'un mode d'inactivation défavorable, d'un point de cassure séparant un segment de l'X du centre d'inactivation situé en cis, ou d'un petit chromosome en anneau. Le gène MECP2 en Xq28 est le gène majeur responsable du phénotype des duplications Xq distales. Le diagnostic repose sur les signes cliniques et est confirmé par des techniques moléculaires, comme la CGH-array. Le diagnostic différentiel inclut le syndrome de Prader-Willi et le syndrome ATR-X pour alpha-thalassémie - déficit intellectuel lié à l'X (voir ces termes). Le risque de récurrence est important si un remaniement de structure est présent chez l'un des parents, la situation la plus fréquente étant une duplication intrachromosomique transmise par la mère. Le diagnostic prénatal est réalisé à partir de tests cytogénétiques avec des méthodes FISH et/ou de quantification de l'ADN. La prise en charge est multidisciplinaire et symptomatique. La prévention de la malnutrition et des infections récurrentes est nécessaire. Un soutien éducatif et de réhabilitation doit être proposé à tous les patients. Les malformations ne contribuent pas significativement à la morbidité associée au syndrome. Cependant, dans 55 % des cas présentant une duplication de MECP2, un décès précoce (avant l'âge de 25 ans) a été rapporté. Un petit nombre de cas de décès au cours de la petite enfance, secondaire à une infection, ont également été décrits. *Auteurs : Drs D. Sanlaville, C. Schluth-Bolard, C. Turleau (février 2009) Traduction Orphanet*.