Résumé
Le syndrome d'Hartnup est une maladie métabolique rare appartenant au groupe des aminoaciduries primaires héréditaires, liée au transport anormal des acides aminés neutres (tryptophane, alanine, asparagine, glutamine, histidine, isoleucine, leucine, phénylalanine, sérine, thréonine, tyrosine et valine) dans l'intestin et les reins. La prévalence est estimée à 1 cas pour 24 000 personnes dans la population générale. Les symptômes apparaissent le plus souvent dans l'enfance (3-9 ans), mais des débuts très précoces (une dizaine de jours après la naissance) et plus tardifs chez le jeune adulte ont également été décrits. La plupart des individus sont asymptomatiques. Les patients présentent une photosensibilité cutanée (erythème pellagroïde : plaques rouges caractérisée par une sensation de brûlure), une atteinte neurologique (ataxie cérébelleuse, spasticité, instabilité émotionnelle, délires et hallucinations), et une hyper-aminoacidurie. Chez certains patients, des manifestations oculaires (vision dédoublée, nystagmus, photophobie et strabisme), un déficit intellectuel et une petite taille ont également été rapportés. Une exacerbation des symptômes peut être observée au début de l'été après une exposition au soleil. Une fièvre, certains médicaments, un stress émotionnel ou physique, peuvent également déclencher la maladie. Elle progresse alors pendant plusieurs jours voire pendant 1 à 4 semaines avant rémission spontanée. Le diagnostic différentiel principal est la pellagre (liée à une carence en vitamine B3 et en tryptophane). Le diagnostic est définitivement établi par la détection d'une hyperaminoacidurie (chromatographie des urines). Les maladies exclues sont le syndrome des langes bleus, l'ataxie télangiectasie, l'hydroa vacciniforme, le pityriasis alba et le xeroderma pigmentosum (voir ces termes). Le syndrome d'Hartnup se transmet selon le mode autosomique récessif. Il est dû à une mutation du gène SLC6A19 en position p15.33 du chromosome 5. Ce gène code pour un transporteur d'acides aminés neutres dépendant du chlore et du sodium, exprimé principalement dans les reins et l'intestin. Le traitement inclut un régime alimentaire supplémenté en nicotinamide (40 à 200 mg par jour). Certains patients réagissent positivement à un régime enrichi en tryptophane. Les patients présentant une atteinte sévère du système nerveux nécessitent une prise en charge neurologique et psychiatrique. Chez tous les patients, un régime à haute teneur protéique et une protection solaire sont préconisés, et les médicaments photosensibilisants sont fortement déconseillés. *Auteur : Orphanet (juillet 2007).*