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Syndrome de Wolfram

Numéro Orphanet ORPHA3463
Prévalence des maladies rares 1-9 / 1 000 000
Hérédité
  • Autosomique récessif
Âge d'apparition Enfance
Code CIM 10
  • E10.7
  • H48.0
MIM
Synonyme(s) DIDMOAD syndrome (Diabète sucré - diabète insipide - atrophie optique - surdité)

Résumé

Le syndrome de Wolfram (SW) est une affection neurodégénérative rare caractérisée par un diabète de type I, un diabète insipide, une atrophie optique et des signes neurologiques. Environ 300 cas ont été décrits et la prévalence est estimée à 1/160 000. Les seuls critères nécessaires au diagnostic sont un diabète sucré de type I, sans anticorps, apparaissant généralement avant l'âge de 10 ans, et une atrophie optique bilatérale survenant avant la deuxième décennie. L'atrophie optique n'affecte que la vision périphérique. Environ 70 à 75% des patients développent également un diabète insipide, et deux tiers des malades présentent une surdité neuro-sensorielle de degré variable affectant les hautes fréquences. Les autres manifestations sont une atonie de l'appareil urinaire, une ataxie, une neuropathie périphérique, une démence, des troubles psychiatriques et/ou une épilepsie. Environ 60% des homozygotes atteints du WS ont des épisodes de dépression sévère, de psychose et d'agressivité verbale et physique compulsive. Environ 25% des patients présentent des troubles digestifs (diarrhée ou constipation récurrentes) et un tiers présente un dysfonctionnement rénal. Des troubles potentiellement fatals comme une apnée d'origine centrale ou une détresse respiratoire sont également fréquents. Des troubles bulbaires peuvent être responsables de fausses routes récurrentes éventuellement à l'origine de décès. Une cardiomyopathie et une anémie peuvent aussi être présentes. Un retard ou un trouble du développement sexuel ont été décrits dans certains cas. Le SW se transmet sur le mode autosomique récessif. Deux gènes en cause ont été identifiés : WFS1 (4p16.1), codant pour la Wolframine, qui est localisée dans le réticulum endoplasmique et joue un rôle dans l'homéostasie calcique, et le gène CISD2, situé en 4p22-q24. Une mutation de CISD2 n'a été retrouvée que dans trois familles d'origine jordanienne. Les mutations de WFS1 sont responsables de la majorité des cas de SW. Plus de 150 mutations ont été identifiées dans les différentes populations, la plupart étant localisées dans l'exon 8. Dans les familles chez qui les mutations de WFS1 ou de CISD2 ont été identifiées, le diagnostic clinique et l'identification des porteurs peuvent être effectués. Les hétérozygotes pour les mutations de WFS1 ont huit fois plus de risque d'être hospitalisés pour un trouble psychiatrique que la population générale. Ils ont également un risque accru de développer une surdité neuro-sensorielle et un diabète sucré. Le diagnostic moléculaire prénatal est possible. Le diagnostic différentiel inclut le diabète de type I auto-immun et l'atrophie optique de Leber (voir ce terme). Le traitement est symptomatique. La prise en charge repose sur le dépistage et le traitement des différents troubles associés au SW. Un dépistage annuel du diabète, des troubles de la vision et de l'audition ainsi qu'une IRM sont recommandés. Des injections quotidiennes d'insuline et un régime approprié sont indispensables pour traiter le diabète. Le diabète insipide, les apnées et les troubles urinaires doivent être pris en charge (antibiothérapie prophylactique pour les infections urinaires). Comme les troubles psychiatriques sont très fréquents chez les personnes atteintes, une évaluation régulière est requise pour déceler une dépression ou tout autre symptôme et apporter aux malades une aide médicale, sociale et psychologique adaptée. La maladie progresse souvent vers un décès précoce, souvent dû à une détresse respiratoire. *Auteur : Dr V. Nunes Martinez (décembre 2007) Traduction Orphanet*.

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