Résumé
La maladie de Huntington est une affection neurodégénérative du système nerveux central qui atteint de façon prédominante les noyaux gris centraux (noyau caudé et putamen). La prévalence moyenne dans la population générale est de 1/16 000. La maladie touche indistinctement les hommes et les femmes, et se manifeste en général chez l'adulte mais à un âge variable. Moins de 10% des formes, dites juvéniles, débutent avant l'âge de 20 ans. Le début est souvent insidieux, soit avec des troubles moteurs (syndrome choréique), soit avec des troubles du caractère ou du comportement, voire des troubles psychiatriques (syndrome dépressif). Parallèlement à l'évolution progressive des troubles moteurs qui entraînent des chutes, des troubles de l'articulation et de la déglutition, une démence s'installe. L'hérédité est autosomique dominante avec une pénétrance croissante avec l'âge. Les néomutations sont possibles mais rares. La mutation est l'expansion d'un trinucléotide répété dans le gène IT15 (4p16.3). Dans de très rares cas, un tableau clinique évocateur de maladie de Huntington est du à des mutations des gènes HDL-2 (Huntington disease like 2), SCA17 (spinocereballar ataxia 17) ou DRPLA (dentato-rubro-pallido-luysian atrophy). Une diminution du taux d'acides aminés ramifiés plasmatiques a récemment été mise en évidence chez des patients atteints de maladie de Huntington, à un stade précoce. Ceci indique un déficit énergétique ayant des conséquences non limitées au système nerveux central. Le diagnostic de la maladie de Huntington repose sur l'imagerie cérébrale, qui montre souvent une atrophie de la tête des noyaux caudés et sur l'analyse génétique. Le diagnostic présymptomatique ne se conçoit que chez un candidat adulte à risque et cliniquement indemne qui souhaite connaître son statut et qui est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire. Le diagnostic prénatal est possible pour prévenir la naissance d'un enfant qui développera la maladie. Le traitement est purement symptomatique (neuroleptiques pour les mouvements anormaux, anti-dépresseurs au besoin, physiothérapie). L'association de troubles moteurs et intellectuels au cours de cette maladie qui affecte souvent des adultes jeunes rend très difficile sa prise en charge tant à domicile qu'en institution. La maladie est lentement progressive et conduit à une perte d'autonomie. Des traitements par greffe de cellules embryonnaires ou génétiquement modifiées sont en cours d'évaluation. Le taux d'acides aminés ramifiés plasmatiques pourrait constituer un biomarqueur de la maladie, utile dans le cadre d'essais thérapeutiques. De plus, la correction du déficit énergétique pourrait représenter une nouvelle perspective thérapeutique. *Auteur : Pr A. Brice (octobre 2007)*.