Résumé
L'arthrite psoriasique est définie comme étant une arthrite inflammatoire sans présence de facteur rhumatoïde dans le sérum en règle générale (arthrite séronégative) et associée à un psoriasis. Les critères diagnostiques de cette pathologie ne sont pas entièrement satisfaisants. Les critères de classification de Moll et Wright sont ceux les plus fréquemment utilisés et permettent de distinguer cinq sous-groupes. Les manifestations cliniques sont variées : polyarthrite symétrique, oligoarthrite asymétrique ou polyarthrite, inflammation rachidienne semblable à la spondylarthrite ankylosante, enthésite périphérique, atteinte de la partie antérieure de la cage thoracique ou arthrite interphalangienne distale des mains et des pieds, dactylite (doigt ou orteil en forme de saucisse), arthrite mutilante et onycho-pachydermo-périostite, ces deux dernières étant moins fréquentes mais caractéristiques. L'incidence annuelle a été estimée à 1/16 000 dans des populations adultes et la prévalence à 1/590, ce n'est donc pas une maladie rare. La pathogénie de cette maladie n'a pas encore été élucidée ; cependant, des facteurs génétiques, environnementaux, et immunologiques semblent jouer un rôle important. L'enthésite constitue probablement la première lésion de la maladie mais la synovite est également fréquente. Le traitement de l'arthrite psoriasique repose sur des anti-inflammatoires non-stéroïdiens, des injections locales de stéroïdes, une rééducation des articulations et de la colonne vertébrale. Les immuno-modulateurs devraient être prescrits aussi tôt que possible dans les formes actives d'arthrite psoriasique. La sulfasalazine, le leflunomide et le méthothexate sont les immuno-modulateurs les plus fréquemment utilisés. Un traitement anti-TNF alpha est indiqué dans les formes spinales ou périphériques de l'arthrite psoriasique qui sont actives et réfractaires aux thérapies de première intention. *Auteur : Pr B. Combe (février 2005)*.