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Syndrome d'Aicardi-Goutières

Numéro Orphanet ORPHA51
Prévalence des maladies rares <1 / 1 000 000
Hérédité
  • Autosomique dominant
  • Autosomique récessif
Âge d'apparition Néonatal/petite enfance
Code CIM 10
  • G31.8
MIM
Synonyme(s) Encéphalopathie - calcification des ganglions basaux
Encéphalopathie familiale avec calcifications intra-crânienne et lymphocytose chronique du LCR
Syndrome pseudo-TORCH

Résumé

Le syndrome d'Aicardi-Goutières (AGS) est une encéphalopathie sub-aiguë à transmission mendélienne, associant classiquement des calcifications des noyaux gris centraux, une leucodystrophie et une lymphocytose du liquide céphalo-rachidien. Un peu plus de 120 cas ont été publiés dans la littérature. La majorité des enfants naissent à terme avec des paramètres de croissance normaux. Les symptômes débutent variablement dans les premiers jours ou mois de vie, sous forme d'une encéphalopathie sub-aiguë sévère (difficultés d'alimentation, irritabilité, défaut ou régression des acquisitions psychomotrices) associée à une épilepsie (53%), des engelures des extrémités (43%) et des épisodes fébriles aseptiques (40%). Les symptômes évoluent sur quelques mois (apparition d'une microcéphalie et d'un syndrome pyramidal) avant de se stabiliser. Cependant, des formes plus modérées ont été décrites : début après 1 an, préservation relative du langage et des fonctions cognitives, et périmètre crânien normal. Une variabilité phénotypique inter et intra-familiale est habituellement observée. La transmission est majoritairement autosomique récessive, exceptionnellement autosomique dominante. En 2006, des mutations à l'origine d'AGS ont été identifiées dans 4 gènes : l'un codant pour une 3'->5' exonucléase (TREX1) et les 3 autres pour les sous-unités du complexe endonucléase RNASEH2 (RNASEH2A, RNASEH2B et RNASEH2C). Les mutations de TREX1 (25%), RNASEH2C (14%) et RNASEH2A (4%) produisent volontiers un phénotype sévère tandis que les mutations de RNASEH2B (41%) sont plutôt responsables de formes modérées. Aucune mutation de ces gènes n'est présente dans les cas restants. Sur le plan diagnostique, les calcifications (noyaux gris centraux, substance blanche), la leucodystrophie kystique (à prédominance fronto-temporale) et l'atrophie cortico-sous-corticale constituent des éléments cardinaux, souvent associés à une atrophie du corps calleux, du tronc cérébral et du cervelet. L'élévation de l'INF alpha et la lymphocytose dans le liquide céphalo-rachidien sont très fréquentes initialement, bien qu'inconstantes (90% et 75% des cas), mais tendent à se normaliser en quelques années. Le diagnostic est confirmé par l'étude des 4 gènes impliqués. Les principaux diagnostics différentiels sont les infections congénitales de type TORCH (toxoplasmose, rubéole, CMV, HSV1 et HSV2). Le diagnostic prénatal peut être réalisé par biologie moléculaire sur liquide amniotique ou trophoblaste. Le traitement demeure symptomatique (prise en charge des troubles alimentaires, du déficit psychomoteur, d'une éventuelle épilepsie). Dans environ 80% de cas, les enfants décèdent avant l'âge de 10 ans. Cependant, l'espérance de vie peut être plus longue pour des formes plus modérées. *Auteurs : Dr P. Blanc, Pr I. Creveaux (juin 2008)*.

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