Résumé
La mucopolysaccharidose de type I est une maladie de surcharge lysosomale, du groupe des mucopolysaccharidoses. Il en existe trois variants, différant très largement dans leur sévérité : la maladie de Hurler étant la plus sévère, celle de Scheie la plus modérée et celle de Hurler-Scheie donnant un phénotype intermédiaire. La prévalence est estimée entre 0,7 et 1,6/100 000 pour la maladie de Hurler et à 1/500 000 pour celle de Scheie. Dans la forme sévère (maladie de Hurler ou MPS I-H), des déformations du squelette et un retard de développement moteur et intellectuel sont les principaux symptômes. La maladie se déclare 6 à 8 mois après la naissance. Le tableau clinique comporte également des opacités cornéennes, une organomégalie, une maladie cardiaque, une petite taille, des hernies, une dysmorphie faciale et un hirsutisme. L'examen radiologique du squelette montre une image typique de dysostose multiple. Une hydrocéphalie peut être observée après l'âge de deux ans. Les patients atteints de la forme débutant chez l'adulte (maladie de Scheie ou MPS I-S) sont de taille presque normale et ne présentent pas de déficit intellectuel. Les symptômes typiques sont une raideur articulaire, des opacités cornéennes, un syndrome du canal carpien et des altérations squelettiques mineures. Une atteinte des valves aortiques peut être présente. Une compression de la moelle épinière due à une infiltration de la dure-mère par des glycosaminoglycanes peut conduire à une parésie spastique si elle n'est pas corrigée par une intervention neurochirurgicale. Les patients atteints de formes intermédiaires (MPS I-H/S) ont une intelligence normale ou presque mais présentent des degrés variables de handicap physique. La transmission est autosomique récessive. Les différents phénotypes sont dus à des mutations alléliques du gène de l'alpha-L-iduronidase (IDUA) (localisé en 4p16.3), responsables d'une déficience totale de l'enzyme (MPS I-H) ou d'un fonctionnement partiel (MPS I-S), conduisant à l'accumulation dans les lysosomes de dermatane-sulfate (DS) et d'héparane sulfate (HS). Le diagnostic précoce est difficile à poser du fait du manque de spécificité des premiers signes cliniques (hernies, infections respiratoires, etc.), mais crucial pour débuter un traitement précoce. Le diagnostic biologique repose sur la mise en évidence de l'excrétion urinaire accrue de DS et HS et du déficit enzymatique (sérum, leucocytes, fibroblastes, trophoblastes ou amniocytes). La mucopolysaccharidose de type VI (syndrome de Maroteaux-Lamy) ressemble à celle de type I par plusieurs aspects, mais ne comporte pas d'atteinte des fonctions intellectuelles. La mucopolysaccharidose de type II, une maladie récessive liée à l'X, présente également plusieurs manifestations communes avec le type I, mais se distingue par des contractures articulaires sévères. Le conseil génétique est recommandé. Un diagnostic prénatal peut être réalisé par essai enzymatique ou par génétique moléculaire dans les familles pour lesquelles la mutation a été identifiée. Un traitement symptomatique doit être proposé par une équipe multidisciplinaire. La greffe de moelle osseuse, associée à différents risques (notamment la réaction du greffon contre l'hôte) était jusqu'à récemment la seule alternative thérapeutique, mais une enzymothérapie substitutive (Laronidase) a obtenu en 2003 une autorisation de mise sur le marché européenne en tant que médicament orphelin : en perfusion hebdomadaire, elle améliore la fonction pulmonaire et la mobilité articulaire. La durée de vie est normale ou seulement légèrement affectée dans la maladie de Scheie, en revanche elle est réduite dans la maladie de Hurler, le décès survenant avant l'adolescence en raison des complications cardiovasculaires et respiratoires sévères. Un traitement initié précocement permet de ralentir la progression de la maladie, mais n'est pas efficace contre les lésions neurologiques. *Auteur : Dr M. Beck (décembre 2006) Traduction Orphanet*.