Résumé
La myopathie à multi-minicores (ou Multi-minicore Disease, MmD) est une maladie neuromusculaire héréditaire caractérisée par la présence de multiples cores (petits foyers de désorganisation sarcomérique) visibles sur la biopsie musculaire et un tableau clinique de myopathie congénitale. La prévalence n'est pas connue. La grande variabilité clinique correspond à une hétérogénéité génétique : le phénotype classique reconnu d'emblée, caractérisé par une rigidité de la colonne vertébrale, une scoliose précoce et une insuffisance respiratoire est dû à des mutations récessives dans le gène de la sélénoprotéine N (SEPN1), tandis que des mutations récessives du gène du récepteur à la ryanodine du muscle squelettique (RYR1) ont été associées à une plus large palette de signes cliniques comprenant une ophtalmoplégie externe, une faiblesse ou une atrophie distales ou une atteinte prédominante de la ceinture pelvienne évoquant la myopathie congénitale à central cores (Central Core Disease, CCD). Dans ces dernières formes, il peut aussi y avoir un continuum histopathologique avec la CCD due à des mutations dominantes de RYR1, reflétant un contexte génétique commun. Les mécanismes pathogéniques de la MmD liée à RYR1 ne sont pas à ce jour élucidés, mais ils font probablement intervenir une excitabilité altérée et/ou des changements dans l'homéostasie calcique ; les motifs de liaison au calcium de la sélénoprotéine N suggèrent aussi un rôle possible dans l'utilisation du calcium. Le diagnostic de la myopathie à multi-minicores repose sur la présence de manifestations cliniques évocatrices et de multiples cores sur la biopsie musculaire ; une IRM du muscle peut orienter le dépistage génétique dans la mesure où les caractéristiques de l'atteinte musculaire sélective sont différentes selon le profil génétique. L'analyse des mutations du gène RYR1 ou SEPN1 peut apporter une confirmation moléculaire du diagnostic. La prise en charge repose principalement sur un traitement symptomatique et sur l'anticipation des risques d'insuffisance respiratoire sévère pour la forme de MmD liée à SEPN1 et de la possibilité de susceptibilité à l'hyperthermie maligne dans les formes liées à RYR1. Chez la majorité des patients, la faiblesse musculaire est stable ou progresse lentement, le degré de l'insuffisance respiratoire étant le facteur pronostique le plus important. *Auteur : Dr H. Jungbluth (juillet 2007) Traduction Orphanet*.