Résumé
Le syndrome d'Alström est une affection multisystémique caractérisée par une dystrophie des cônes et des bâtonnets, une surdité, une résistance à l'insuline et une hyperinsulinémie, un diabète de type 2, une cardiomyopathie dilatée (CMD) et une insuffisance hépatique et rénale progressive. Environ 450 cas ont été identifiés à travers le monde. Les signes cliniques, l'âge de début et la sévérité peuvent beaucoup varier selon les familles et même au sein d'une famille. La dystrophie des cônes et des bâtonnets se développe généralement dans les semaines suivant la naissance, les premiers symptômes étant un nystagmus et une photophobie extrême. Elle évolue progressivement vers la cécité, qui survient généralement dans la deuxième décennie. La plupart des patients développent une perte de l'audition neurosensorielle légère à modérée et lentement progressive. La CMD se manifeste chez les deux tiers des patients environ, dans l'enfance ou à l'adolescence. Les patients ont donc un risque d'insuffisance cardiaque congestive subite quel que soit leur âge. L'obésité, la résistance à l'insuline et l'hyperinsulinémie sont constantes et surviennent de façon précoce. Les patients ont des traits faciaux caractéristiques (yeux enfoncés, visage rond, oreilles épaisses, calvitie frontale précoce et cheveux épais). La plupart des enfants ont des pieds caractéristiques larges et épais et des doigts et des orteils courts et boudinés, sans polydactylie ni syndactylie. Une néphropathie lentement progressive, une insuffisance hépatique, des troubles respiratoires chroniques, une hypertriglycéridémie et une hypertension sont des signes fréquents. La plupart des patients ont une intelligence normale, mais certains cas de retard de développement intellectuel et psychomoteur ont été rapportés. L'espérance de vie dépasse rarement 40 ans. Le syndrome d'Alström est dû à des mutations du gène ALMS1 et se transmet sur le mode autosomique récessif. Le diagnostic est basé sur le tableau clinique et se fait généralement sans confirmation génétique. L'identification de deux allèles mutés ou d'un seul allèle ALMS1 muté associé aux signes cliniques typiques pourrait confirmer le diagnostic. Si les mutations de ALMS1 sont connues, un diagnostic prénatal peut être proposé ainsi qu'un conseil génétique. Le diagnostic différentiel inclut les syndrome de Bardet-Biedl, le syndrome de Biemond II, le syndrome de Wolfram, le syndrome de Cohen, la CMD sporadique infantile, et les affections mitochondriales (voir ces termes). Il n'y a pas de traitement spécifique mais un diagnostic et une prise en charge précoces permettent de limiter la progression et d'améliorer la longévité et la qualité de vie des patients. La prise en charge doit inclure un suivi médical attentif et le traitement des différentes manifestations dès qu'elles apparaissent. *Auteurs : Drs J.D. Marshall, S. Beck, P. Maffei et J.K. Naggert (décembre 2007)*.