Résumé
Le déficit congénital en protéine S est un trouble héréditaire de coagulation caractérisé par le développement de thromboses veineuses à répétition en raison d'une diminution de la synthèse et/ou de l'activité de la protéine S. La prévalence du déficit partiel (individus hétérozygotes) est estimé à 0.12-0.21% dans la population générale. La prévalence du déficit sévère (individus homozygotes ou hétérozygotes composites) n'est pas connue mais est probablement comparable à celle du déficit sévère en protéine C, c'est-à-dire environ 1/500 000. La maladie touche indifféremment les deux sexes. Le déficit sévère se manifeste quelques heures à quelques jours après la naissance par un purpura fulminans (voir ce terme) ou une thrombose veineuse massive. Le purpura fulminans est une manifestation grave qui provoque une coagulation disséminée et une nécrose tissulaire. Une rétinopathie du prématuré (voir ce terme) sévère peut aussi survenir. Les individus hétérozygotes demeurent habituellement asymptomatiques jusqu'à l'âge adulte. Certaines situations, telles la chirurgie, la grossesse ou l'immobilisation, augmentent le risque de thrombose. La manifestation la plus fréquente de la maladie est la thrombose veineuse profonde des membres inférieurs accompagnée ou non d'embolie pulmonaire. Des thromboses artérielles peuvent également survenir. Le déficit en protéine S est dû à des mutations du gène PROS1 (3q11-q11.2). La transmission est autosomale récessive. Le diagnostic se base sur la mesure de l'activité anticoagulante de la protéine S et de son taux antigénique (protéine S totale ou libre). Il existe trois formes possibles de la maladie : les types I et III sont des déficits quantitatifs avec diminution de l'activité anticoagulante et du taux d'antigène protéine S libre (la protéine S totale est normale dans le type III et réduite dans le type I). Le type II est un déficit qualitatif avec une diminution de l'activité protéine S alors que les taux de protéine S totale ou libre sont normaux. Le test moléculaire est possible mais n'est pas nécessaire au diagnostic. Le diagnostic différentiel inclut les autres thrombophilies héréditaires comme les déficits en antithrombine et en protéine C (voir ces termes). Le diagnostic anténatal est possible pour les familles ayant des enfants atteints et se base sur l'identification des mutations causales à partir d'ADN obtenu par biopsie de trophoblaste. Le traitement du purpura fulminans néonatal nécessite une prise en charge urgente qui consiste en une administration de plasma frais congelé. Une résection chirurgicale des lésions nécrotiques est parfois nécessaire. Les patients présentant des thromboses doivent recevoir un traitement anticoagulant (héparine, anti vitamines K ou AVK). Une attention particulière doit être portée au risque de nécrose cutanée post AVK. Une anticoagulation prophylactique est indiquée en cas d'antécédents thrombotiques familiaux, pendant la période puerpérale ou périopératoire. Le pronostic peut être sévère chez les patients homozygotes ou hétérozygotes composites. Le pronostic est bon pour les patients hétérozygotes en dehors de la survenue d'un épisode d'embolie pulmonaire qui peut parfois engager le pronostic vital. Avec un traitement et un suivi adéquat, le risque de thrombose est fortement diminué.
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Dernière mise à jour : Novembre 2009