Résumé
Le syndrome de Smith Lemli Opitz (SLO) associe une dysmorphie faciale (microcéphalie, microrétrognatisme, implantation basse des oreilles, anomalies du philtrum et du palais), des anomalies cérébrales (troubles de la myélinisation, agénésie du corps calleux, holoprosencéphalie) et un retard statural. Les difficultés nutritionnelles et le retard psychomoteur sont très variables. Un défaut de masculinisation des organes génitaux externes (voire une ambiguïté sexuelle) et une anomalie des extrémités à type de syndactylie 2-3 sont des signes de grande valeur diagnostique à la naissance et même avant lors de l'examen échographique. La prévalence est estimée entre 1/30 000 et 1/10 000 depuis qu'un test chimique permet le diagnostic positif chez l'enfant en période prénatale. Les sujets homozygotes présentent une diminution du cholestérol et une accumulation de stérols aberrants, dérivés des précurseurs dans la voie de biosynthèse (7-déhydrocholestérol , 8-déhydrocholestérol, nortriénol, dérivés oxydés...). La maladie est due à des mutations récessives du gène de l'enzyme 7-déhydrocholestérol réductase porté par le chromosome 11 en 11q13. La supplémentation diététique enrichie en cholestérol (1 à 2 jaunes d'oeuf), en acides biliaires (acide ursodésoxycholique) et l'inhibition en amont de la synthèse endogène de stérols aberrants (statines sont conseillées avec des bénéfices variables sur la croissance, l'humeur et la photosensibilité de l'enfant. Le SLO est transmis sur un mode récessif avec un risque de récurrence de 25% en cas de nouvelle grossesse, ce qui impose la surveillance écho-morphologique précise des grossesses (retard de croissance intra-utérin, anomalies de la face et des extrémités). Le diagnostic anténatal par étude biochimique du liquide amniotique est très fiable et peut se faire dès 11 semaines par choriocentèse. Le génotype permet la confirmation ou l'exclusion du diagnostic chez l'enfant et chez les éventuels porteurs de mutations (les sujets hétérozygotes ne présentent pas la maladie). Le séquençage génétique confirme la fréquence de 45% environ de la mutation du site d'épissage de l'intron 8 dans le gène de l'enzyme 7-dehydrocholestérol réductase pour la population des patients étudiés en France. L'analyse suggère une corrélation entre la position de la mutation sur l'exon codant pour la fixation du co-substrat de l'enzyme (NADPH), sa nature (non-sens, délétion, stop) et la sévérité du phénotype associé. Les recherches actuelles portent sur la synthèse résiduelle de cholestérol et l'intensité du phénotype. *Auteur : Dr C. Wolf (octobre 2004)*.