Résumé
La polyarthrite facteur rhumatoïde positif est une arthrite juvénile idiopathique (AJI) correspondant à la forme à début pédiatrique de la polyarthrite rhumatoïde décrite chez l'adulte. Sa prévalence est comprise entre 0.3 et 9 enfants pour 100 000, avec une incidence annuelle de 0.01 à 0.6/100 000 enfants. La polyarthrite facteur rhumatoïde positif atteint les filles dans 70 % des cas avec un début vers l'âge de 10 à 12 ans. L'atteinte articulaire est en général bilatérale et symétrique, à prédominance distale : articulations des mains (poignets et doigts) et des pieds (chevilles et métatarsophalangiennes). Le syndrome inflammatoire est présent dans les deux tiers des cas environ, et modéré. La recherche de facteur rhumatoïde est positive par définition dans cette forme. La recherche de facteurs anti-nucléaires peut également être positive. Il s'agit d'une maladie inflammatoire auto-immune avec excès de lymphocytes activés et de synthèse de cytokines pro-inflammatoires (IL1, IL6 et TNF alpha). Une liaison avec l'antigène HLA DR4 est présente, mais le mécanisme précis de la maladie et le ou les facteurs déclenchants restent inconnus. Les critères diagnostiques d'Edmonton sont utilisés, et reposent sur un faisceau d'arguments cliniques, biologiques, voire radiologiques (érosions). La polyarthrite avec facteur rhumatoïde est définie par une arthrite touchant cinq articulations ou plus dès le début et par la présence de facteur rhumatoïde à deux tests effectués durant les six premiers mois. Les critères d'exclusion sont la présence d'une arthrite systémique chez le patient, d'un psoriasis ou d'un antécédent de psoriasis chez un parent de premier degré, ou le cas d'une arthrite chez un garçon HLAB 27 débutant après l'âge de 6 ans. Le cas d'une spondylarthrite ankylosante, d'une arthrite et enthésite, d'une sacroiliite avec entéropathie inflammatoire, ou d'une uvéite antérieure aiguë ou d'un antécédent de l'une de ces affections chez un parent de 1er degré constitue également un critère d'exclusion. Les diagnostics différentiels incluent les autres maladies avec atteinte polyarticulaire : connectivites (lupus, dermatomyosite) et maladies hématologiques, notamment leucémie aiguë. La prise en charge doit se faire dans le cadre d'une consultation spécialisée, comprenant rhumatopédiatre, kinésithérapeute, voire psychologue et orthopédiste infantile. Le traitement associe anti-inflammatoires non stéroïdiens, traitement de fond (Méthotrexate en première intention, biothérapieanti TNF alpha si échec) et rééducation. La corticothérapie est utilisée au minimum et à dose faible. Les infiltrations intra-articulaires de corticoïdes retard (hexacétonide de triamcinolone) peuvent être proposées quand persistent quelques arthrites malgré un traitement général complet. Les rémissions sont rares à l'âge adulte (10 % des cas). Dans la grande majorité des cas, la maladie reste évolutive, nécessitant la poursuite des traitements. Le risque de destruction ostéocartilagineuse est important. *Auteur : Dr C. Job-Deslandre (janvier 2007)*.