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Syndrome de Zollinger-Ellison

Numéro Orphanet ORPHA913
Prévalence des maladies rares 1-9 / 100 000
Hérédité
  • Sporadique
Âge d'apparition Adulte
Code CIM 10
  • E16.4
MIM
Synonyme(s) -

Résumé

Le syndrome de Zollinger-Ellison (SZE) est caractérisé par une maladie peptique sévère (ulcère/maladie oesophagienne) due à une hypergastrinémie secondaire à un gastrinome entraînant une hypersécrétion gastrique acide. L'incidence annuelle est d'environ 1-2/1 000 000. La maladie affecte un peu plus les femmes (sex ratio : 1,3/1). Le SZE est en général diagnostiqué dans la 5ème décennie. Les manifestations les plus fréquentes sont une douleur abdominale (typiquement épigastrique) et une diarrhée. Dans 44 % des cas, des brûlures d'estomac sont présentes. Les autres signes incluent une nausée, des vomissements, une malabsorption et une perte de poids. Un ulcère compliqué peut être la première manifestation de la maladie (hémorragie, perforation, pénétration gastro-intestinales). Le SZE est dû à une tumeur (gastrinome) secrétant de la gastrine, en général localisée dans le duodénum (50-85 %), le pancréas, les ganglions lymphatiques abdominaux ou, rarement, d'autres sites (coeur, ovaires, foie...). Le SZE est sporadique (75 %) ou associé à la néoplasie endocrinienne multiple de type 1 (NEM1), de transmission autosomique dominante et due à des mutations du gène MEN1 (11q13), codant pour la ménine liant et régulant l'activité de facteurs de transcription. Le diagnostic est suspecté à partir du tableau clinique. La gastrinémie à jeun (GJ) est presque toujours augmenté. Si la GJ est augmentée 10 fois ou plus et que le pH gastrique est inférieur à 2, le diagnostic est établi. Si la GJ est augmentée moins de 10 fois et que le pH est inférieur à 2, un test à la sécrétine (anormal > 120 pg/ML) et une mesure du débit acide gastrique basal (anormal >15 mEq/h) doivent être réalisés. L'imagerie (scintigraphie des récepteurs à la somatostatine, scanner, échographie abdominale ou endoscopique) est nécessaire pour localiser le gastrinome. L'oesogogastroduodénoscopie peut révéler les ulcères duodénaux. Le diagnostic différentiel inclut les autres causes d'hyperacidité et de GJ élevée (infections à Helicobacter pylori, antre gastrique exclu, obstruction gastrique, insuffisance rénale, syndromes affectant les cellules G), les reflux gastro-oesophagiens idiopathiques ou les ulcères peptiques, et les causes physiologiques d'hypergastrinémie (gastrite atrophique, anémie pernicieuse, médicaments antisécrétants puissants). Le diagnostic prénatal (test génétique) peut révéler la présence d'une NEM1, mais pas de gastrinome. Un conseil génétique doit être proposé aux patients atteints du SZE avec NEM1. L'hypersécrétion acide gastrique doit être contrôlée de manière constante et durable. Les inhibiteurs oraux de la H(+)-K(+)-ATPase (inhibiteurs de pompe à protons, IPP) constituent le traitement de choix étant donné leur efficacité longue durée (une ou deux doses quotidiennes). Les IPP intraveineux sont efficaces si les IPP oraux ne peuvent pas être prescrits. Les antagonistes des récepteurs H2 à l'histamine sont aussi efficaces mais nécessitent souvent l'administration de fortes doses. La prise en charge inclut également le traitement de la tumeur car 60-90 % sont malignes. Chez les patients non-NEM1 avec une tumeur localisée, une chirurgie est recommandée. Chimiothérapie, biothérapie (analogues de la somatostatine/interféron), embolisation des métastases hépatiques et chirurgie sont utilisées en cas de métastases. De nouveaux traitements (radiothérapie par récepteurs à la somatostatine), de nouveaux agents chimiothérapeutiques et inhibiteurs de facteur de croissance/tyrosine kinase sont en cours d'évaluation. Le pronostic est favorable (survie à 10 ans de 90-100 %) s'il n'y a pas de métastase hépatique (65-75 % des patients). Sinon, la survie à 10 ans est de 20-40 %. Les patients avec une NEM1 sont rarement opérés car les tumeurs sont multiples et métastasent dans les ganglions lymphatiques. Cependant, seuls 15 % ont une évolution agressive et la survie à 10 ans est de 80-98 %. *Auteur : Dr R. Jensen (mai 2009)*.

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