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Syndrome de Coffin-Lowry

Numéro Orphanet ORPHA192
Prévalence des maladies rares 1-9 / 1 000 000
Hérédité
  • Récessif lié à l'X
Âge d'apparition Néonatal/petite enfance
Code CIM 10
  • F78.8
MIM
Synonyme(s) -

Résumé

Le syndrome de Coffin-Lowry (CLS) est une forme syndromique de retard mental lié à l'X. Le CLS a été décrit dans divers groupes ethniques et ne semble pas particulièrement rare, sa prévalence à la naissance est évaluée à 1/45 000 environ. La sévérité, tout comme l'expression des traits non constants associés, peut varier de manière notable dans la présentation clinique du CLS. Selon le tableau classique, les patients de sexe masculin présentent un retard de croissance, un retard psychomoteur, une hypotonie et des déformations squelettiques progressives. Les caractères physiques sont généralement très discrets durant l'enfance ; ils incluent une dysmorphie faciale caractéristique (hypertélorisme, nez en bulbe, bouche large et ouverte avec protrusion linguale, lèvres pleines tombantes et dents petites, irrégulières ou absentes), des mains larges, molles avec une peau flasque et des anomalies digitales caractéristiques qui constituent des critères de diagnostic (doigts courts, boudinés à extrémités effilées). Certains patients présentent en outre une surdité neurosensorielle (30%), des crises d'épilepsie (30%), des épisodes de chute (drop attacks) (10-20%), des problèmes cardiaques, une agénésie du corps calleux et/ou une dilatation ventriculaire et une myélopathie. Les personnes touchées par le CLS ont souvent un tempérament amical et en dépit d'aptitudes verbales limitées, ont de bonnes facultés de communication. Les femmes conductrices sont généralement nettement moins sévèrement atteintes ; leurs fonctions cognitives sont normales ou légèrement diminuées. Le CLS est une maladie génétique d'expression semi-dominante liée au chromosome X. Des mutations, impliquées dans la perte de fonction du gène RPS6KA3 localisé sur le chromosome Xp22.2 et codant pour une protéine kinase, sont responsables de ce syndrome. Cette protéine kinase, RSK2, est activée par les facteurs de croissance. Il existe une très grande hétérogénéité allélique, avec plus de 120 mutations différentes décrites, dispersées sur la totalité du gène et dont la plupart n'ont été trouvées que dans une seule famille. Environ 70-80% des cas index n'ont pas d'antécédents familiaux de syndrome de Coffin-Lowry. Le diagnostic repose sur l'examen clinique et est confirmé par la recherche de mutations du gène RSK2 gène (22 exons). L'analyse par Western blot de fibroblastes issus d'une biopsie de peau du patient ou de cellules lymphoblastoides peut également être utilisée. Elle permet de détecter toutes les mutations tronquantes, qui représentent environ 70% des mutations RSK2. Le diagnostic différentiel inclut le syndrome ATRX (retard mental avec alpha thalassémie), le syndrome X fragile, le syndrome de Sotos, le syndrome de Williams et la maladie de surcharge lysosomale. Un taux important de mutations de novo est observé (plus de 60%) et du mosaicisme germinal a été rapporté dans certaines familles. Ainsi, l'absence de mutation chez la mère d'un patient atteint de syndrome de Coffin-Lowry sporadique ne permet pas d'éliminer le risque de récurrence lors de futures grossesses et un diagnostic prénatal doit être proposé. Le diagnostic prénatal peut être réalisé par analyse de mutation ou par analyse par Western Blot (sur des amniocytes en culture). Il n'existe actuellement aucun traitement spécifique. La prise en charge des patients se concentre sur des thérapies de soutien et symptomatiques. En particulier, le déficit auditif neurosensoriel doit être traité très précocement pour améliorer le développement et la qualité de vie des patients. Les déformations progressives de la colonne vertébrale (scoliose et/ou cyphose) peuvent nécessiter le recours à la chirurgie à l'âge adulte. La fréquence des épisodes de chutes semble diminuer sous traitement par benzodiazepine. *Auteur : Dr A. Hanauer (septembre 2006)*.

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