Résumé
Le syndrome de Criggler-Najjar (SCN) est un trouble héréditaire du métabolisme de la bilirubine caractérisé par une hyperbilirubinémie non-conjuguée due à un déficit hépatique de l'activité de la bilirubine glucuronosyltransférase (GT). Deux formes ont été décrites, le SCN de type 1 et de type 2 (SCN1 et SCN2 ; voir ces termes). Le SCN1 est caractérisé par un déficit enzymatique complet et ne s'améliore pas sous phénobarbital, alors que le déficit enzymatique est partiel et répond au phénobarbital pour le SCN2. La maladie est extrêmement rare avec une incidence annuelle de 1/1 000 000 naissances. La prévalence n'est pas connue et seules quelques centaines de cas ont été rapportées à ce jour. Les deux sexes sont également touchés. Le SCN1 débute dans les premiers jours de vie et persiste par la suite ; le SCN2 a également un début précoce. Les patients présentent un ictère isolé qui apparaît en début de vie et qui est plus sévère pour le SCN1 que pour le SCN2. Pour le SCN1, elle peut évoluer vers une encéphalopathie bilirubinique (ictère nucléaire) associée à une hypotonie, une surdité, une paralysie oculomotrice et une léthargie lorsque le traitement n'est pas administré rapidement ou n'est pas adapté. Le risque d'encéphalopathie est beaucoup moins important pour le SCN2 mais il existe. De nombreuses mutations du gène UGT1A1 (2q37) sont liées aux deux types de SCN et sont responsables d'une perte partielle ou totale de l'activité de la bilirubine GT, résultant en une diminution importante de la conjugaison de la bilirubine. Les deux types de SCN ont une transmission autosomique récessive. L'examen physique montre un ictère isolé et les analyses biologiques ne détectent qu'une sévère hyperbilirubinémie avec un bilan hépatique normal. Les études d'imagerie abdominale (radiographie classique, tomodensitométrie ou échographie) et hépatique (quand une biopsie hépatique a été réalisée) sont normaux. Le diagnostic définitif repose sur la mise en évidence du déficitenzymatique hépatique sur biopsie hépatique pratiquée après l'âge de trois mois. Le diagnostic est généralement confirmé par analyse de l'ADN génomique (ce qui permet d'éviter la biopsie hépatique). Le diagnostic différentiel varie en fonction du type de SCN et inclut la production excessive de bilirubine (hémolyse) et les anomalies du transport hépatique de la bilirubine (syndrome de Gilbert ; voir ce terme). Le diagnostic prénatal est possible pour le SCN1 et le conseil génétique est recommandé lorsque les parents ont des antécédents de SCN. Pour le SCN2, compte tenu de l'efficacité du phénobarbital, le diagnostic prénatal n'est généralement pas nécessaire. L'exsanguinotransfusion peut être nécessaire au cours de la période néonatale. Le traitement du SCN1 repose sur la photothérapie (initialement à l'hôpital puis à domicile) 10 à 12 heures par jour. Les chélateurs de la bilirubine et l'acide ursodéoxycholique peuvent également être prescrits à ces patients. Le seul traitement efficace du SCN1 est la transplantation hépatique. Le traitement du SCN2 consiste en l'administration quotidienne de phénobarbital. Les enfants atteints du SCN1 peuvent développer des complications neurologiques dues à la neurotoxicité de la bilirubine non-conjuguée alors que le pronostic est généralement bon pour les patients atteints du SCN2.
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Dernière mise à jour : Février 2010