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Syndrome de Rotor

Numéro Orphanet ORPHA3111
Synonyme(s) Hyperbilirubinémie type Rotor
Prévalence <1 / 1 000 000
Hérédité Autosomique récessif
Âge d'apparition Tout âge
CIM-10
  • E80.6
ICD-O -
OMIM
UMLS
  • C0220991
MeSH -
MedDRA
  • 10039234

Résumé

Le syndrome de Rotor est une maladie hépatique héréditaire bénigne, caractérisée par une hyperbilirubinémie chronique à prédominance conjuguée, sans hémolyse ni anomalies histologiques hépatiques.

Il est très rare : sa prévalence exacte est inconnue, mais plus de 50 cas ont été rapportés dans la littérature à ce jour.

Le diagnostic est en général porté chez l'enfant ou l'adolescent, mais un ictère léger est souvent présent depuis la naissance. Le principal symptôme est un ictère récidivant, léger à modéré, sans prurit. Des crises douloureuses abdominales et une fébricule sont possibles, mais rares. La bilirubine sérique totale est élevée, habituellement entre 2 et 5 mg/dl, à prédominance conjuguée (50-80 %). Le reste du bilan sanguin (dont le dosage des enzymes hépatiques) et l'histologie hépatique sont normaux, mais les concentrations absolues et relatives en coproporphyrine I urinaire sont élevées. L'hémolyse ne fait pas partie du syndrome, mais il a été rapporté des cas de cotransmission d'une maladie hémolytique, comme un déficit en G6PD ou une bêta-thalassémie (voir ces termes).

La transmission du syndrome de Rotor semble autosomique récessive ; les parents et la fratrie des sujets atteints ont un profil d'excrétion de la coproporphyrine urinaire intermédiaire entre celui des malades et celui des témoins. L'analyse de la rétention des pigments biliaires montre que le syndrome de Rotor est la conséquence d'un défaut de stockage hépatique de la bilirubine conjuguée et des autres anions biliaires organiques.

En l'absence de spécificité clinique, biochimique ou histologique, le syndrome de Rotor reste un diagnostic d'exclusion. Il doit être évoqué devant toute hyperbilirubinémie à prédominance conjuguée sans anomalie des enzymes hépatiques (aminotransférases, phosphatases alcalines et gamma-glutamyl transpeptidase) ou de l'échographie hépatique, survenant hors contexte d'infection ou de prise médicamenteuse. Dans ce cadre, des taux urinaires de coproporphyrines totales et de coproporphyrine I élevés (250 % à 500 % des témoins) sont très évocateurs du syndrome de Rotor, sans être absolument spécifiques. Une histologie hépatique normale associée à ces signes permet en général de confirmer le diagnostic.

Le principal diagnostic différentiel est le syndrome de Dubin-Johnson (SDJ ; voir ce terme). Il se distingue du syndrome de Rotor par le profil d'excrétion urinaire des coproporphyrines (taux normaux de coproporphyrine totale dans le SDJ) et l'histologie hépatique (pigmentation marron-noire des cellules hépatiques spécifique du SDJ). Si la biopsie hépatique n'est pas réalisable ou en cas de refus, la scintigraphie hépatique à l'HIDA-Tc99M (excrétion à prédominance rénale dans le syndrome de Rotor) et l'analyse moléculaire (mutations du gène ABCC2 dans le SDJ) contribuent au diagnostic différentiel.

Le syndrome de Rotor étant totalement bénin, aucun traitement spécifique n'est recommandé ni habituellement nécessaire. Il est conseillé aux sujets atteints d'éviter l'alcool et les médicaments hépatotoxiques.

Le pronostic est bon, ce qui souligne l'importance d'un diagnostic correct afin d'éviter explorations, traitements et suivis inutiles. En l'absence de maladie hépatique chronique concomitante, il n'y a pas de risque d'évolution vers une insuffisance hépatique, une cirrhose ou une fibrose hépatique.

Editeur(s) expert(s)

  • Dr Véronique BARBU
  • Dr Christophe CORPECHOT

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Revue de génétique clinique
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