Résumé
Le déficit en adénosine monophosphate (AMP) désaminase est une maladie métabolique pour laquelle deux formes ont été décrites. Une activité déficitaire de l'isoforme érythrocytaire de l'AMP désaminase a été décrite chez des sujets ayant des taux plasmatiques peu élevés d'acide urique sans que cela n'ait de signification sur le plan clinique. En revanche, le déficit en myoadénylate désaminase est une affection héréditaire du métabolisme énergétique du muscle, caractérisée par une activité déficitaire de l'AMP désaminase dans les muscles squelettiques. Dans les formes symptomatiques, ce déficit se manifeste par des douleurs musculaires provoquées par l'effort, des crampes, et/ou l'apparition précoce d'une fatigue. Environ 1-2% de la population caucasienne sont porteurs de l'anomalie génétique à l'origine du déficit en myoadénylate désaminase ; cependant, seule une minorité de ces individus développe les symptômes. La prévalence est inconnue mais plusieurs centaines de personnes atteintes ont été rapportées dans la littérature. Les hommes et les femmes sont pareillement atteints. Les symptômes apparaissent dans l'enfance, à l'adolescence, au début de l'âge adulte ou plus tard, en proportion égale pour chaque classe d'âge. Généralement, après quelques années de progression, la maladie se stabilise. Il n'y a pas de signe de dystrophie musculaire ou d'amyotrophie. La maladie affecte exclusivement les muscles squelettiques. Les muscles lisses ou autres organes ne sont pas atteints puisque la maladie est associée à un déficit spécifique en adénylate désaminase du muscle squelettique. La transmission est de type autosomique récessive. La grande majorité des patients sont homozygotes pour la mutation non-sens en C34T sur le gène AMPD1 (adénosine monophosphate désaminase 1). Cette mutation fait apparaître un codon stop précoce qui empêche la synthèse d'une enzyme fonctionnelle. Le déficit enzymatique perturbe le cycle des nucléotides puriniques, et donc la production énergétique musculaire. Cependant, des sujets asymptomatiques présentant un déficit en AMP désaminase ayant été rapportés, d'autres facteurs sont probablement impliqués dans le développement des symptômes myopathiques. Le diagnostic est basé sur une étude histochimique ou une analyse biochimique de biopsie musculaire, mettant en évidence un déficit de l'activité de l'adénylate désaminase musculaire, ou encore sur l'identification moléculaire de la mutation en cause. Malheureusement, il n'y a pas de traitement pour cette maladie. L'amélioration de l'état clinique du patient est observée après administration de D-ribose. Cependant, son administration a une efficacité de courte durée, l'effet bénéfique disparaissant les jours suivants.
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Dernière mise à jour : Février 2007