La dysplasie ventriculaire droite arythmogène (DVDA)
Auteur : Dr Guy Fontaine
Editeur scientifique : Professeur Duboc
Date de création : octobre 2000
Nom de la maladie et de ses synonymes.
Dysplasie ventriculaire droite arythmogène,
Dysplasie arythmogène du ventricule droit,
Cardiomyopathie arythmogène du ventricule droit,
Maladie du ventricule droit.
Nom des maladies exclues
Maladie de Uhl, Maladie d'Ebstein.
Définition
La dysplasie ventriculaire droite arythmogène (DVDA) se traduit
par une dilatation modérée du ventricule droit, associée
à des troubles du rythme ventriculaire, ou parfois supraventriculaire.
Elle peut rester longtemps asymptomatique, ainsi la mort subite peut survenir
avant que la maladie ne soit diagnostiquée. Sa découverte
se fait toutefois généralement à l'adolescence.
Dans les formes sévères, la dilatation majeure du ventricule
droit conduit à une insuffisance ventriculaire droite, souvent associée
à des altérations de la contractilité du ventricule
gauche, pouvant nécessiter la transplantation. Le ventricule gauche
montre des traces de tissu fibro-adipeux.
Dans la dysplasie «biventriculaire», l'anomalie atteint
le ventricule gauche avec une intensité comparable à celle
du ventricule droit.
La maladie de Naxos associe une DVDA à une kératose
palmoplantaire. C’est une forme où la dysplasie du ventricule droit
se transmet sur le mode récessif. L’expression phénotypique
de la maladie est généralement plus sévère
que celle de la dysplasie commune et le gène responsable vient d’être
identifié par l’équipe de W. McKenna. Il s’agirait de la
délétion de la plakoglobine qui est un gène intervenant
dans l’adhésion cellulaire. Elle interviendrait au niveau des desmosomes.
La perte d’adhésion cellulaire pourrait être en accord avec
des phénomènes de transdifférenciation. Cependant,
la délétion de la plakoglobine n’a pas été
observée dans la DVDA commune.
Critères diagnostiques
Il existe des critères majeurs et d’autres mineurs dont l'association
identifie des anomalies structurelles et fonctionnelles affectant principalement
le ventricule droit (Ref 12).
Les examens à effectuer peuvent être selon le cas :
Non invasifs :
- ECG, Holter, test d’effort ;
- Recherche de potentiels tardifs dans la gamme 25-250 Hz ;
- Echocardiographie du ventricule droit ;
- Angioscintigraphie nucléaire ;
- Résonnance magnétique nucléaire.
Ou invasifs :
- Exploration électrophysiologique
- Angiographie de contraste
Commentaires sur le diagnostic différentiel
Myocardite pure, Cardiomyopathie Idiopathique Dilatée.
Incidence
Nava et coll. (Ref 6).rapportent une incidence de un cas sur 5000 dans
la région vénitienne, ce taux est probablement inférieur
en France.
Une étude faite sur 82 sujets décédés de
causes diverses dans un hôpital général a montré
chez 3,7% d’entre eux une structure histologique de DVDA. Ces sujets étaient
asymptomatiques pour cette affection et donc n’étaient pas considérés
comme atteints de troubles de rythme nécessitant une prise en charge
en cardiologie.
Description clinique
La DVDA est souvent associée à des signes inflammatoires
histologiques, qui suggère des phénomènes myocarditiques
surajoutés, ceux-ci pouvant revêtir des aspects cliniques
variés allant de la myocardite suraiguë à la myocardite
chronique active, voire à une myocardite complètement cicatrisée,
avec dans ces cas une fibrose de remplacement. Toutefois, les signes cliniques
les plus fréquents sont les troubles du rythme et l’insuffisance
cardiaque.
Prise en charge, incluant les traitements
Le traitement peut être de différents types : pharmacodynamique
des troubles du rythme, utilisant des méthodes ablatives, des pacemakers
ou la chirurgie. Il fait appel aux médicaments (bêta bloquants)
et dans quelques formes sévères au défibrillateur
implantable. Ce dernier a pour objet de prévenir ou de traiter les
aryrhmies qui favorisent la gravité de la maladie.
Etiologie
La DVDA est une maladie génétique à transmission
dominante, à pénétrance partielle et expression variable,
il existe des formes sporadiques. Une prédominance masculine avec
un sex-ratio de 3 est constatée. Elle est due à des phénomènes
d'apoptose localisée évoluant à long terme, et probablement
une transdifférenciation adipeuse des cardiomyocytes. La paroi du
ventricule droit fortement adipeuse montre la présence de cordons
fibromyocytaires démontrant sa nature dysembryogénétique.
Conseil génétique
Il existe un risque de mort subite avec une pénétrance
familiale de 30%. Le mode de transmission est autosomique dominant.
Diagnostic prénatal.
Il peut se faire par échosonographie cardiaque du ventricule
droit.
Questions non résolues
Quelles sont les bases génétiques de cette maladie ?
Pourquoi existe-il une progression rapide de certaines formes avec
des phénomènes inflammatoires ?
Mots-clés
- Dysplasie ventriculaire droite arythmogène.
- Cardiomyopathies
- Insuffisance cardiaque
- Troubles du rythme.
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