Hyperthermie maligne de l’anesthésie, génotypes HMS1 à HMS6


Auteurs : Docteurs Yves Nivoche, Béatrice Bruneau et Norma Beatriz Romero
Editeur scientifique : Professeur Loïc Guillevin

Date de création : avril 1999
Mise à jour : mars 2002


Générique et synonymes
Hyperthermie maligne (HM), hyperthermie (familiale) de l’anesthésie, sont les génériques consacrés depuis les années 1960. Le générique en langue anglaise est Malignant hyperthermia ou hyperpyrexia, ou encore Hyperthermia of anesthesia. Il n’y a pas de générique particulier selon le défaut génétique HMS1-6 identifié. Le lien au gène RyR1 est le mieux identifié (MIM 180901).
« Myopathie pharmacogénétique de l’anesthésie » est probablement un meilleur descripteur, peu usité, occultant néanmoins le caractère malin résiduel et la transmission dominante.

Evans myopathy, du nom de la famille australienne de la description princeps, avait été proposé pour l’HM associé à l’augmentation chronique des créatines kinases (CK).

Enfin, le rare syndrome de King-Denborough associe, sans certitude sur les liens, l’HM à un syndrome polymalformatif proche du syndrome de Noonan.

Le phénotype latent est la susceptibilité à l’hyperthermie maligne (HMS), ou Malignant hyperthermia susceptibility (MHS). Le phénotype sauvage, normal, est HMN.
 

Maladies exclues
La myopathie pharmacogénétique de l’anesthésie a quatre caractéristiques dont les trois premières suffisent au diagnostic :
1- sémiologie de la crise, survenue dans la famille à l’occasion de l’anesthésie ;
2- phénotype « tests de contracture musculaire in vitro », impliquant la réalisation d’une biopsie musculaire chirurgicale du quadriceps ; ce phénotype est la base de la recherche génétique ;
3- caractère familial, à expression dominante ;
4-  génotype HMS1-6.

Sont donc exclus les syndromes « hyperthermie maligne » pour lesquels des caractéristiques essentielles manquent. Ils surviennent en dehors du contexte de l’anesthésie et n’ont pas la caractéristique familiale, mais ils ont conservé le générique en raison du partage des signes que sont l’hyperthermie, la rhabdomyolyse et la mise en jeux du pronostic vital. Il s’agit du coup de chaleur, du syndrome malin des neuroleptiques, de l’hyperthermie majeure et de la mort subite du nourrisson, des hyperthermies toxiques (alcool, cocaïne, amphétamines [ectasy], toxiques industriels découplant mitochondriaux, ...). L’hyperthermie d’effort est normalement aussi exclue bien que l’association au caractère HMS ait été occasionnellement rapportée, sans que la preuve de la liaison n’ait été démontrée du fait de l’absence d’enquête familiale suffisamment concluante.

L’HM de l’anesthésie s’accompagnant d’une hyperthermie et d’une rhabdomyolyse d’importance variable, les rhabdomyolyses périopératoires constituent une autre base d’exclusion et de diagnostic différentiel, particulièrement chez les patients atteints de myopathie.
 

Définition - diagnostic clinique - critères diagnostiques
L’HM survient au cours ou au décours immédiat de l’anesthésie générale. Elle est déclenchée par les agents anesthésiques volatils halogénés (desflurane, enflurane, halothane, isoflurane, sévoflurane) et par la succinylcholine, agent bloquant neuromusculaire de type dépolarisant. Historiquement, l’éther et le chloroforme ont été les premiers déclencheurs. La succinylcholine apparaît en propre comme un faible déclencheur, mais, elle raccourcit le delai de survenue et augmente l’intensité de la crise.

La crise réalise typiquement un état hypermétabolique aigu avec rigidité musculaire. L’hypermétabolisme rend compte de l’augmentation précoce de la production de CO2, des signes en rapport avec l’activation du système sympathique et l’adaptation circulatoire et respiratoire à cet état, enfin de l’hyperthermie. L’épuisement des réserves énergétiques musculaires, couplé au défaut de perfusion induit par la contracture, est responsable de la destruction généralisée du muscle squelettique, très rapidement irréversible dans les formes fulminantes qui conduisent au décès dans un tableau de rhabdomyolyse massive et de défaillance multiviscérale. Bien que le myocarde ne soit pas directement impliqué par le processus, l’hyperthermie supérieure à 40°C induit une dysfonction myocardique qui contribue au très mauvais pronostic des crises s’accompagnant d’une température élevée.

Les signes cardinaux de la crise HM sont la rigidité musculaire, l’augmentation de la production de CO2, l’hyperthermie et la rhabdomyolyse. Chacun d’entre eux peut manquer ; le diagnostic de la rhabdomyolyse est généralement rétrospectif. Aucun de ces signes, pris isolément, n’est spécifique face à la diversité des événements qui peuvent survenir pendant l’anesthésie. La présence d’un seul signe rend peu probable le diagnostic, mais ne permet pas de l’exclure. En revanche, il serait dangereux d’attendre que la crise se complète en raison de l’évolution imprévisible sur un mode fulminant. C’est pourquoi, le diagnostic précoce et la mise en oeuvre immédiate du traitement sont actuellement préconisés sur la base d’un faisceau d’arguments de présomption, la confirmation définitive du diagnostic n’étant obtenue que secondairement à partir de l’examen spécifique d’un spécimen musculaire.

L’expression clinique de l’HM est hétérogène, aucune explication n’étant actuellement disponible en relation avec l’hétérogénéité génétique. A côté des formes fulminantes, il existe des formes non rigides, à rigidité limitée aux masséters, d’évolution  « lente », à révélation à la période du réveil, sans hyperthermie... Les marques les plus insolites de l’hétérogénéité sont le caractère inconstant du déclenchement de la crise chez les personnes HMS exposées aux agents dangereux, la plus grande fréquence de survenue de la crise dans l’adolescence et chez l’adulte jeune, le rôle favorisant du contexte de l’urgence. L’hétérogénéité est un handicap face à la prévention : l’expérience, par exemple, d’anesthésies antérieures simples n’exclut pas la présence de la susceptibilité chez une personne donnée.

Diagnostic différentiel
Il s’agit principalement du diagnostic des rhabdomyolyses périopératoires en climat fébrile chez des personnes qui ont reçu les agents anesthésiques déclenchants. Les agents volatils halogénés étant très largement utilisés en anesthésie (70-80 %), du fait de leur maniabilité et de leur administration par voie respiratoire, particulièrement chez l’enfant, la coïncidence est pratiquement toujours présente. En revanche, la préexistence d’une myopathie, à condition qu’elle ne soit pas méconnue, permet d’individualiser deux situations différentes :

1 - La survenue d’un syndrome clinique compatible chez des sujets indemnes de myopathie renvoie au diagnostic des syndromes hypermétaboliques périopératoires francs ou entrant dans le cadre plus ou moins spectaculaire de la réponse à l’agression aiguë mettant en scène les cytokines : hyperthyroïdie, phéochromocytome, infection bactérienne, embolie graisseuse traumatique ou chirurgicale, lymphome... Le diagnostic périopératoire n’est pas forcement aisé, pouvant conduire au traitement de la crise HM présumée, ce d’autant que d’autres difficultés peuvent émerger de la pathologie sous jacente. L’infirmation de l’HM sera obtenue rétrospectivement par l’examen d’un specimen musculaire.

2 - La survenue d’un syndrome clinique compatible chez des sujets porteurs d’une myopathie génétiquement transmise pose un problème beaucoup plus difficile, parce que la plupart des myopathies, notamment de type dystrophique, exposent, du fait même du processus musculaire, à la rhabdomyolyse périopératoire. Non seulement des syndromes ressemblant « MH like » ont été décrits au cours de la myopathie Duchenne de Boulogne / Becker, bien que l’association soit génétiquement exclue; mais encore, la myopathie congénitale « Central Core » (MIM 117000) est connue pour être intimement liée génétiquement à l’HM.
Au cours de ces maladies qui altèrent anatomiquement et fonctionnellement le muscle, la question de la valeur des tests de contracture in vitro est posée du fait de leur spécificité imparfaite. Un travail de démembrement des syndromes « MH like », effectué sur la base homogène de la génétique, reste à faire selon le principe de la « médecine inverse ». Actuellement, la myopathie génétiquement transmise par le génome nucléaire est un critère d’exclusion de l’anesthésie des agents qui déclenchent l’HM, exceptée la dystrophie myotonique de Steinert (MIM 160900) au cours de laquelle l’association à l’HM a été empiriquement, puis génétiquement, exclue.

3 - Le diagnostic différentiel de l’HM est souvent posé dans des circonstances qui engagent potentiellement le pronostic vital. Deux examens peuvent aider au diagnostic et au conseil de la famille en cas d’évolution défavorable : la mise en banque d’ADN et le prélèvement musculaire pour examen de pathologie. Cependant, en situation de destruction musculaire massive, le diagnostic de pathologie musculaire peut être difficile, voire impossible, comme il en est généralement des tests de contracture musculaire in vitro qui sont réalisés sur le muscle vivant.
 

Incidence
La rareté et l’hétérogénéité clinique et génétique ne facilitent pas l’approche de l’incidence de l’HM, appréhendée à partir de la fréquence de la survenue des crises et de la prévalence de la susceptibilité dans la population.
Il existe une répartition géographique des mutations et de la prévalence autochtone. Cette "cartographie" a son importance dans les stratégies nationales de détection des mutations.
La fréquence de la survenue des crises est établie entre 1/15 000 à 1/50 000 anesthésies à partir de différents travaux conduits dans les pays développés au cours de la décennie 1980. Elle est à son apogée chez l’adulte jeune. Elle est probablement en régression en raison des progrès réalisés dans la caractérisation des familles. La mortalité de la crise a également régressé de façon importante pendant cette période, à un niveau environ cinq fois moindre estimé aujourd’hui entre 5 et 10 %. Cependant, en raison de l’évolution imprévisible des crises fulminantes, la seule façon d’éradiquer cette mortalité résiduelle, qui reste une cause majeure de décès totalement lié à l’anesthésie, est d’éradiquer purement et simplement la survenue des crises par l’identification des personnes et la prévention dans les familles HMS.
En France, où ont lieu annuellement 8 millions d’anesthésies, une centaine de crises devraient survenir dans la même période, en tenant compte du déclenchement inconstant et des actions de prévention familiale qui conduisent à soustraire les personnes HMS du danger. Le recensement exhaustif des familles françaises n’est pas disponible, mais, l’estimation de 200 familles concernées peut être avancée, sans qu’il existe de coségrégation éthnique.
La prévalence de la susceptibilité dans la population est encore moins bien connue, faute de disponibilité d’un moyen de dépistage. Le phénotypage de sujets témoins, celui des conjoints parents des proposants, la mise en évidence de sujets homozygotes ou hétérozygotes composites pour des mutations du RyR1, sont des arguments qui laissent à penser que la prévalence absolue de l’anomalie est plus fréquente que celle fondée sur la survenue des crises. Pour une prévalence de 1/10 000, quelques milliers de personnes seraient concernés en France.
 

Mode de prise en charge
Deux aspects différents concernent l’un, l’organisation de la prise en charge de l’accident aigu de l’anesthésie, qui est une grande urgence, l’autre, l’organisation de la prévention générale et en particulier dans les familles HMS, objectif de santé publique visant à l’éradication de la morbi-mortalité de l’HM.

Le traitement de la crise repose sur l’arrêt de l’administration des agents déclenchants, l’administration du dantrolène intraveineux et la réanimation symptomatique qui tient compte de l’état hypermétabolique et hyperthermique, de la rhabdomyolyse et de la prévention de l’insuffisance rénale. Les deux premières mesures suffisent souvent à elles seules pourvu que le diagnostic soit précoce et le traitement immédiat, c’est-à-dire que la disponibilité du dantrolène soit sans délai. Le dantrolène a contribué de façon majeure à la diminution de la mortalité de la crise, sans toutefois l’éviter complètement. Son mode d’action n’est pas complètement connu, mais il apparaît comme un myorelaxant direct et un inhibiteur de la thermogénèse musculaire. La plupart des crises traitées suffisamment tôt ont évolué favorablement après l’administration de 2,5 à 5 mg/kg de dantrolène intraveineux. Un traitement d’entretien doit suivre en raison de la grande fréquence de la recrudescence immédiate des crises (30 %), une fois le processus morbide enclenché. Différents textes réglementaires ont obligé l’anesthésiste à disposer immédiatemment des moyens du traitement de la crise et, dans la perspective de l’accréditation, à disposer d’une procédure écrite et connue rappelant les modalités de la prise en charge dans tout lieu d’exercice de l’anesthésie. L'organisation des services d'anesthésie devant faire face à la survenue de la crise HM a été précisée dans des recommandations professionnelles. Par ailleurs, l'autorisation de mise sur le marché (AMM) des agents anesthésiques locaux a été révisée par l'AFSSAPS en 1999 et la contre-indication relative à l'HM, qui n'était plus justifiée, a été levée.

La prévention de la survenue de la crise comprend d’autres aspects : prévention en générale, anesthésie des personnes HMS, prise en charge familiale. En l’absence d’un test simple de dépistage, la prévention générale repose sur l’examen de l’anamnèse familiale à la recherche de l’accident en rapport avec l’anesthésie. Cette recherche implique que la typologie des accidents soit spécifique, que l’information soit disponible et connue des familles, ce qui est rarement le cas, et peut conduire à la biopsie musculaire diagnostique. Une meilleure approche globale de la morbi-mortalité en rapport avec l’anesthésie devrait simplifier l’analyse des cas litigieux afin d’éviter des biopsies inutiles. En dépit de la rareté de la situation, l’HM, de part son caractère dévastateur, est un réel enjeux de santé publique de l’anesthésie.
Grâce au phénotypage musculaire, le statut des patients HMS peut être connu et l’anesthésie réalisée en toute sécurité et dans toutes les circonstances. La base de la prévention est d’exclure de l’anesthésie les agents déclenchants mais aussi d’être prêt à traiter une crise débutante. En effet, des travaux anciens ont rapporté des cas exceptionnels de survenue d’une crise en l’absence d’administration des agents déclenchants, ceux-ci ayant pu être localement présents à l’état de traces. Dans ces rares cas, une guérison rapide a toujours été obtenue. Il n’y a jamais eu de décès rapporté lié à l’anesthésie des personnes HMS connues.
La prophylaxie par le dantrolène avant l’anesthésie n’est pas indiquée, du fait des effets secondaires du médicament, et de l’efficacité de la prévention primaire par l’éviction des agents déclenchants. Le dantrolène, qui peut être considéré comme un inhibiteur calcique d’action intracellulaire, peut induire une insuffisance circulatoire aiguë en association avec les inhibiteurs calciques de type dihydropyridine (vérapamil, diltiazem...). Ces médicaments doivent donc être remplacés à l’occasion de l’anesthésie des patients susceptibles, dans la perspective, même si elle est rare, de devoir administrer du dantrolène.
Tous les agents anesthésiques locaux sont utilisables chez les personnes HMS, notamment la lidocaïne. En France, une contre-indication, issue de travaux expérimentaux anciens, persistait à propos de cet agent et a été levée comme il a été indiqué plus haut. L’anesthésie locorégionale à l’aide des agents usuels, qui sert d’ailleurs pour faire les biopsies musculaires et pour l’anesthésie pour l’accouchement, est souvent choisie en situation d’urgence, de même qu’elle est tout à fait indiquée en dentisterie.
La seule difficulté réelle posée par l’anesthésie des HMS est de méconnaître le diagnostic chez une personne inconsciente ou incapable de s’exprimer. C’est pourquoi, outre le port d’une carte ou d’un autre objet identifiant, il faut recommander à ces personnes d’informer très largement leur famille et leur entourage de cette condition particulière, ce que le médecin ne peut faire directement.

La prise en charge des familles revient aux quatre centres français de diagnostic situés dans les CHR de Grenoble, Lille, Marseille et Paris. Ces centres sont affiliés à l’European Malignant Hyperthermia Group qui fédère près de 30 centres européens et qui est en relation avec le North American MH Group. Les Groups font annuellement le point sur l’épidémiologie, l’assurance qualité du diagnostic, l’évolution de la recherche clinique et en particulier de la génétique. Plusieurs programmes de recherche en génétique moléculaire sont réalisés en partenariat avec l’Association Française contre les Myopathies : étude de liaison au RyR1 des familles, recherche des (nouvelles) mutations sur ce gène, étude de liaison à d’autres (nouveaux) loci, dans les familles non liées au chromosome 19. Pour la France, la recherche en génétique moléculaire est centralisée à la Faculté de médecine de Grenoble.
La mission des centres de diagnostic est multiple. Il s’agit d’abord d’établir le phénotype musculaire des proposants qui ont fait une crise, afin d’authentifier définitivement la présence de l’HM et de rendre cohérente la déclaration de pharmacovigilance. Parallèlement, l’information et l’organisation de la prévention familiale vis-à-vis de l’anesthésie ont lieu. Une fois le diagnostic certain, le phénotypage musculaire est proposé aux collatéraux, ainsi que la contribution à la recherche génétique, dans la perspective d’obtenir à terme le diagnostic en génétique moléculaire dans la famille.
Tous les centres de diagnostic assurent une consultation à l’intention des familles et des professionnels amenés à prendre en charge les patients HMS. S’agissant de centres en milieu universitaire, ils assurent également la formation académique des professionnels et développent la recherche cognitive dans le domaine.
 

Étiologie
L’HM est attachée à un domaine de la biologie cellulaire incomplètement élucidé : celui de la phase initiale, électrocalcique, du couplage excitation-contraction du muscle squelettique. On sait depuis longtemps que l’HM est lié à un défaut « idiopathique » de l’homéostasie calcique intracellulaire. Depuis le milieu des années 1980, le récepteur calcique réticulaire sensible à la ryanodine (RyR1) est de mieux en mieux caractérisé ; le dérèglement primitif ou secondaire du fonctionnement de ce récepteur est très probablement la clé du déterminisme de la crise. Ce récepteur, couplé à un canal ionique calcique, est le plus gros récepteur connu (2.3 megaDalton) et fonctionne comme un canal rapide (150 picoSiemens). Il accepte de nombreux ligands endogènes (Triadine, FKBP12) et xénobiotiques (caféine, rouge ruthénium, ryanodine). La fatigue musculaire est quasi directement sous son contrôle. De très importants travaux de synthèse concernant le RyR1 ont été recemment publiés, de nombreuses équipes de recherche à travers le monde concentrant leur action sur ce domaine de la biologie cellulaire.
L’HM, et le dysfonctionnement du RyR1 qui la sous tend, représente un modèle de l’articulation entre la recherche, dont des aspects sont cognitifs et fondamentaux, et les progrès de la médecine immédiatement impliqués dans la sauvegarde des personnes. De plus, le RyR1 n’est que l’une des isoformes du RyR dont la présence et le rôle dans la transduction des signaux calciques intracellulaires sont ubiquitaires, soulignant l’importance de ce domaine biologique.
L’HM a été décrite chez le chien, le cerf, le cochon. Le porc est un modèle expérimental intéressant parce qu’il est à la fois capable d’exprimer l’HM pharmacogénétique, mais aussi une forme spontanée à l’occasion du stress et de la capture dans le Porcine Stress Syndrome (PSS). Ce syndrome est bien connu des vétérinaires parce que la rhabdomyolyse rend la viande impropre à la consommation. Chez le porc HMS, le RyR1 est invariablement muté (Arg615Cys), mais le phénotype est récessif. En revanche, l’hétérozygotie confère une représentation avantageuse de la masse maigre des animaux, de sorte qu’ils sont volontiers sélectionnés pour l’élevage. Des auteurs ont tenté des extrapolations du porc à l’homme en ce qui concerne des crises HM « spontanées » et déclenchées par l’effort, et la représentation physique souvent avantageuse des personnes HMS, dont certaines peuvent être de grands sportifs. Il est clair que le RyR1 muté s’apparente plus à un polymorphisme qu’à une maladie, qui n’existerait pratiquement pas chez l’homme en l’absence de l’anesthésie par inhalation, le phénotype étant silencieux ou pouvant conférer des avantages musculaires. Cependant, l’instabilité membranaire musculaire de l’HM peut rendre compte d’une plus grande fragilité du muscle à des agresseurs lytiques toxiques, médicamenteux et viraux,  déjà connus chez les personnes indemnes.
 

Diagnostic biologique
Un diagnostic biologique simple dans la population générale n’est pas disponible. Dans deux familles HMS sur trois, les sujets HMS ont une élévation chronique modérée des enzymes sériques d’origine musculaire (CK), l’anomalie tendant à se corriger avec l’âge. Le manque de spécificité de cette anomalie rend caduque l’approche diagnostique sur cette base.
Le diagnostic (biologique) repose empiriquement sur le phénotypage musculaire obtenue à partir d’une biopsie chirurgicale, et de la réalisation de tests pharmacologiques sur le muscle vivant, c’est-à-dire de tests extemporanés. Le muscle HMS se contracture anormalement en présence d’halothane ou de caféine à des concentrations qui n’ont pas cet effet sur le muscle HMN. La façon de tester le muscle fait l’objet de protocoles internationaux établis et améliorés depuis plus de dix ans. En Europe, la spécificité et la sensibilité des tests sont respectivement estimées au delà de 93 et 99 %, valeurs acceptables face à la gravité de l’accident.
En Europe, le phénotype musculaire n’est pas binaire. Le muscle HMS se contracture anormalement avec l’halothane et la caféine, étudiés séparément. Le muscle normal ne se contracture jamais anormalement sur l’essai en duplicate. En revanche, le muscle peut se contracturer anormalement avec l’halothane ou la caféine, identifiant deux phénotypes intermédiaires « équivoques » HMEh et HMEc. Le phénotype équivoque est cliniquement considéré comme le HMS, mais il rend plus complexe l’examen de la liaison génétique.
La contribution à la recherche en génétique moléculaire qui est proposée aux familles HMS est fructueuse depuis 1990, puisque certaines de ces familles bénéficient aujourd’hui du diagnostic fondé sur cette base. Dans ces familles, suffisamment représentées, une quinzaine de personnes a bénéficié du phénotypage musculaire et du génotypage permettant d’établir statistiquement avec certitude la liaison. Même si cette situation n’est pas la plus fréquente, le résultat, évitant la biopsie musculaire, a une importance essentielle pour ces familles. Dans d’autres, moins bien représentées, le travail de typage fait aujourd’hui servira la postérité dans la perspective du diagnostic moléculaire.

La recherche en génétique moléculaire n’est pas directement accessible au clinicien, en dehors des centres de diagnostic, puisqu’elle est seulement proposée aux familles susceptibles caractérisées sur la base du phénotype musculaire non équivoque. Environ 50% des familles HMS sont liées au MHS1-RyR1, muté (d’une trentaine de façons différentes avec plusieurs "nouveautés") environ deux fois sur cinq. La recherche prospective des mutations n’a pas lieu en dehors du phénotypage musculaire, parce qu’elle ne concerne qu’une fraction limitée des familles HMS, et que la preuve de leur causalité, différente du polymorphisme génétique, n’est pas établie. La coségrégation de certaines mutations et du phénotype HMS a été mise en défaut. Donc, seules les études de liaison sont actuellement cliniquement pertinentes. Mais, dans les familles HMS dont le RyR1 est muté, la preuve que la mutation est causale pourra servir de marqueur.
Au plan du phénotype et en dehors des tests pharmacologiques de contracture musculaire, les autres études du muscle squelettique ne se sont pas actuellement substituées au diagnostic, qu’il s’agisse de l’examen de pathologie ou de la spectroscopie en résonance magnétique du phosphore naturel (SRM31P). En revanche, ces études sont importantes dans le démembrement de l’hétérogénéité constatée de la maladie, du phénotype musculaire et du génotype.
La morphologie du muscle HMS est tantôt normale, tantôt anormale, sans spécificité. Des « cores », appelant la référence à la myopathie congénitale CCD (central core disease), sont assez régulièrement observés. La spécificité de l’anomalie structurale n’est pas connue, le lien étant en revanche génétiquement confirmé avec le CCD. Un travail de démembrement reste à faire, en sachant que la spécificité du phénotype « tests de contracture musculaire » des personnes CCD, qui peuvent être très handicapées,  n’est pas connue.
La SRM31P permet d’étudier les liaisons phosphore riches en énergie et le pH intracellulaire. Le moteur muscle, en particulier HMS qui a une dysrégulation énérgétique, était donc une cible privilégiée d’investigation. Des anomalies métaboliques sont mises en évidence par la SRM31P qui est un outil très sensible. Elles ne permettent cependant pas un diagnostic par manque de spécificité. L’examen n’étant pas vulnérant, il peut être proposé sans restriction afin d’évaluer la contribution au phénotype musculaire.
 

Conseil génétique et diagnostic prénatal
Le phénotype HMS est autosomal dominant et suit généralement les règles de l’hérédité mendélienne dans les familles où l'HM est liée au chromosome 19. L’hétérogénéité génétique implique la possibilité d’une hérédité multifactorielle.
Cependant,  l'identification des mutations "conditionnelles" peut permettre un diagnostic positif. Cette utilisation doit être rationnalisée et conforme aux recommendations de l'EHMG. Pour la France, l'HM est d'autre part concernée par l'évolution générale du droit à l'accès aux tests génétiques.
Génétique moléculaire
Les études de liaison réalisées à partir du phénotype musculaire tests de contracture in vitro ont permis d’identifier six loci différents caractérisés au sein des familles par le polymorphisme des haplotypes et des mutations ponctuelles :
 
 
 
Loci  Région  Gène  Mutations  Fréquence  Protéine
MHS1 (180901)
(-.0001 à -.0017)
 19q13.1  RyR1 2 familles sur 5  + 50 %  Canal calcique réticulaire
MHS2 (154275)  17q11.2  SCN4A? ? ? Canal sodium
MHS3 (154276)  7q21 CACNL2A? ? ? Récepteur dihydropyridine
MHS4 (600467)  3q13.1 Microsatellites  ? ? -
MHS5 (601887)
(.0004)
 1q31  CACLN1A3P arg1086his ? Récepteur dihydropyridine
MHS6 (601888)  5p  Microsatellites ? ? -

Mutations du RyR1 : elles sont groupées sur la portion N-terminale et centrale du gène. Par ordre de fréquence dans les familles HM françaises : Arg614Cys/Leu [11 et 3%] (MIM 180901.0001). Gly341Arg [8%] (MIM -.0006). Arg2454Cys/His [1 et 4%] (en attente de validation). Gly2433Arg [3%] (MIM -.0007). Arg163Cys [2%] (MIM -.0004). Arg2458Cys/His [0 et 2%] (MIM -.0008 & 9). Les autres mutations apparaissent comme "privées" : Arg248Gly (MIM -.0002). Arg2434(révisé 2435)His (CCD - MIM -.0003). Ile403Met (CCD - MIM -.0005). Gly2433Arg (MIM -.0007). Arg2163Cys/His (MIM -.0010 & 11).

Un troisième "hot spot" des mutations de l'extrémité C-terminale du gène RyR1 vient d'être mis en évidence. Les mutations dans cette région s'accompagneraient fréquemment d'une myopathie clinique. Thr4826Ile (MIM -.0015). Tyr4796Cys (CCD - MIM -.0016).

La mise en évidence de nouvelles mutations pose le problème général de la validation de leur responsabilité fonctionnelle dans l'HM afin de différencier la mutation conditionnelle (phénotypiquement silencieuse en dehors de l'anesthésie), d'un polymorphisme génétique inhabituel. Le principe général de la validation est fondé sur un modèle cellulaire transgénique et la mise en évidence de la dysrégulation calcique intracellulaire, seules les mutations validées pouvant servir au diagnostic en biologie moléculaire selon l'EMGH, ainsi que les études de liaison, en l'absence de mutation connue.

Conseil génétique
Dans les fratries, la pénétrance du caractère HM est de l’ordre de 40 % et, s’agissant d’un défaut autosomal, affecte les filles et les garçons.
Les informations qui peuvent être données aux familles qui ont accepté de contribuer à la recherche génétique sont de nature suivante : existence d’un lien dans la famille au MHS1/RyR1 ; mutation du gène ; possibilité et délai d’arriver au diagnostic en génétique moléculaire, compte tenu des études phénotypiques disponibles et de liaison génétique, et de la représentation familiale ; enfin, obtention du diagnostic en génétique moléculaire au terme d’études de liaison statistiquement suffisantes, situation actuellement rare du fait de la représentation limitée des familles dans les pays développés.
Alors que la transmission de l’HM à l’état hétérozygote à peu de chance de conférer une maladie permanente chez les descendants, les conséquences de la transmission à l’état homozygote sont plus difficile à renseigner. Du fait des unions consanguines et de façon aléatoire, quelques personnes homozygotes (MHS1) ont été identifiées, dont des homozygotes pour la mutation porcine et des hétérozygotes composites pour des mutations différentes du RyR1. Certaines de ces personnes peuvent avoir un handicap musculaire sévère.
Le conseil est aussi plus difficile lorsque l’HM est associée au phénotype musculaire CCD, qui peut s’accompagner d’un handicap musculaire notable, parfois sévère. Le caractère allèlique de l’HM et du CCD a été envisagé, l’un et l’autre défaut étant transmis de façon dominante. Le conseil renvoie alors en priorité à celui des myopathies congénitales dominantes.

Diagnostic prénatal
Du fait de la caractérisation de plus en plus fréquente des familles et de la fréquence plus importante de la survenue des crises chez des adultes jeunes, cette question est parfois posée.
Actuellement, la base de la protection étant relative à l’anesthésie et le diagnostic n’ayant pas d’autre implication immédiate, la question d’un diagnostic prénatal ne se pose pas.
En revanche, les femmes qui portent un enfant possiblement MHS du fait du père, doivent être protégées à l’occasion de l’anesthésie en raison du passage transplacentaire des agents anesthésiques dangereux. Elles représentent une indication à la réalisation de l’anesthésie péridurale pour l’accouchement afin d’éviter le recours inopiné à l’anesthésie générale à cette occasion.
 

Questions non résolues - commentaires
L’éradication de la morbi-mortalité de l’HM est prioritaire. Elle implique le démembrement et ou la compréhension de l’hétérogenéité constatée de la maladie, du phénotype et du génotype, permettant d’envisager une méthode de diagnostic plus simple, voire de dépistage. L’HM apparaissant comme une dysrégulation du couplage électrocalcique musculaire, l’approche de plus en plus fine de ce domaine complexe de la biologie cellulaire, bien qu’elle ait considérablement progressée ces dernières années, implique encore de nombreux efforts.
Il existe actuellement un regain d'intérêt pour l'hyperthermie d'effort sans que les travaux ne contribuent pour l'instant de façon décisive à la liaison avec l'hyperthermie de l'anesthésie.
 

Histoire de l’hyperthermie maligne de l’anesthésie et de la recherche s’y rapportant

 ?  : Mutations fondatrices
1847 : Débuts de l’anesthésie à l'éther et au chloroforme
1915 : Vignette historique. Décès lié à l’anesthésie avec l'éther le plus anciennement rapporté.
1929 : Syndrome d'Ombrédanne. Paleur-hyperthermie avec l’éther chez l’enfant. Souvent fatal.
1948: Purification de la ryanodine, alcaloïde végétal neutre de Ryana Speciosa (Rogers)
1956 : Myopathie congénitale Central core (Shy & Magee)
1960 : Hérédité de l’HM - pharmacogénétique (Denborough)
1966 : Générique HM (Wilson) et HM expérimentale porcine (Hall)
1970 : Test de contracture musculaire avec la caféine (Kalow & Britt)
1971 : Incorporation de tritium dans la ryanodine (Fairhust)
1971 : Test de contracture musculaire avec l'halothane (FR Ellis)
1972 : Structure de la ryanodine (Wiesner). Etudes du dantrolène sur le muscle (KO Ellis)
1973 : Relation HM/CCD (Denborough)
1975 : Efficacité du dantrolène sur l’HM (Harrisson)
1977 : Ca2+-induced Ca2+ release : couplage électrocalcique musculaire (Endo, Fabiato)
1979 : Agrément du dantrolène par la FDA
1981 : Association des familles US (MHAUS)
1983 : European MH Group - Protocole des tests de contracture (1984)
1987 : Canal calcique réticulaire jonctionnel, récepteur de la ryanodine (Inui, Imagawa)
1988 : North American MH Group - Protocole du NAMHG
1989 : Clonage du RyR1 (McLennan)
          10 cM séparent le RyR1 du DMPK de la Dystrophie myotonique : non liaison (McKenzie)
1990 : MH et RyR1 (McCarthy - McLenann) : gène MHS1
          Début du diagnostic familial en génétique moléculaire
1991 : Homologue humain de la mutation porcine (Gillard)
1992 : Echec du dépistage de l’HM par la recherche isolée de la mutation porcine (Otsu)
           Hétérogénéité génétique de l'HM (Levitt - Iles - Sudbrak) : gène MHS2. Mutations RyR1
1993 : Recensement de 503 crises publiées en un demi siècle dans le monde (Strazis)
1994 : Chasse aux mutations sur le RyR1. Gène MHS3 (Iles). Gène MHS4 (Sudbrak, 1995)
           Début des corrélations phénotype génotype (mutations HM-CCD)
           Modèles celullaires transgéniques RyR1-mutés et homéostasie calcique intracellulaire
1995 : Remise en cause du rôle de la mutation porcine (Deufel, puis Fagerlund en 1997)
1996 : Complexité du RyR1 (Philips) : 106 exons, 160 kb. Révision de la numérotation
1997 : Mise à jour du protocole IVCT de l'EMHG. Gènes MHS5 (Monnier) et MHS6 (Robinson)
          Caractérisation fonctionnelle des mutations du RyR1
1998 : Quatre nouvelles mutations du RyR1 (Manning)
2001 : Début du diagnostic intrafamilial des sujets susceptibles sur la base de la biologie moléculaire (EMHG)

Références

Références générales :
- Gronert GA, Antonioni JF. Hyperthermie maligne. In RD Miller : Anesthésie, Ch. 31, pp 1075-94. Médecine Sciences, Flammarion 1996. (Traduction de la quatrième édition, 1994 de RD Miller : Anesthesia, Churchill Livingstone).

- Kaplan JC, Fontaine B. Mise à jour pluriannuelle. Neuromuscular disorders : Gene location. Neuromuscular Disorders, Elsevier.

- McKusick VA. Online Mendelian Inheritance in Man. www.hgmp.mrc.ac.uk/omim/searchomim.html

- Ohnishi ST, Ohnishi T.  Malignant hyperthermia : a genetic membrane disorder. London : CRC Press (pub.) 1994.

Références particulières
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- Circulaire DGS/DH/SQ 2 n° 99-631 du 18 novembre 1999 relative au traitement de l'hyperthermie maligne pré-anesthésique.

- Décret no 2000-570 du 23 juin 2000 fixant les conditions de prescription et de réalisation des examens des caractéristiques génétiques d'une personne et de son identification par empreintes génétiques à des fins médicales et modifiant le code de la santé publique. J.O du 27 juin 2000.

- Franzini-Armstrong C, Protasi F. Ryanodine receptors of striated muscles : a complex channel capable of multiple interactions. Physiol Rev1997, 77: 699-729.

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Le syndrome de King ou de King-Denborough

Auteurs : Yves Nivoche et  Béatrice Bruneau

Date de création : octobre 1999


Michael Denborough et J.O. King décrirent le syndrome qui porte leur nom (SKD) dans The Lancet, en 1972. Denborough est l’interniste-généticien australien qui le premier suspecta la nature pharmacogénétique de l’hyperthermie maligne (HM) de l’anesthésie en 1960.

Le SKD princeps associe, chez le garçon, un syndrome dysmorphique, des anomalies non spécifiques de la structure microscopique du muscle, la susceptibilité HM. Il est transmis sur le mode récessif et est identifié à partir du suivi national de l’HM en Australie et en Nouvelle Zélande en 1970.

Le SKD clinique est très rare parmi l’ensemble des familles HM, quelques observations ayant été décrites en 30 ans. Il comprend diverses anomalies d’origine musculosquelettique et d’expression  congénitale : retard de croissance et psychomoteur,  petite taille, dysmorphie thoracique, rachidienne et maxillo-faciale, élévation inconstante des CPK sériques. Le caryotype 46XY est normal. Le phénotype clinique du SKD ressemble au syndrome de Noonan. Des observations chez des filles ont aussi eu lieu.
Dans des affections musculosquelettiques comme l’ostéogénèse imparfaite et l’arthrogrippose, des réactions fébriles peropératoires sans rapport avec l’HM ont été rapportées chez l’enfant.
La question de la  réalité du SKD a été posée parce que les premières observations rapportaient ce type d’événement sans avoir pu  documenter  la susceptibilité HM à partir des tests de contracture musculaire in vitro, ceux-ci étant apparus plus tard.
Depuis 1986, l’association à l’HM a été clairement identifiée au moins à deux reprises. Dans une revue de la littérature, Heimann-Paterson et al. concluaient que le SKD pouvait être :
 - l’expression de l’hétérogénéité clinique de la susceptibilité HM, largement documentée aujourd’hui ;
 - le témoin d’une co-ségrégation génétique, inexplorée jusqu’à présent ;
 - une coïncidence fortuite.
Le SKD est à rapprocher de deux autres entités qui bénéficient d'entrée spécifique dans le MIM :
- la " native American myopathy" (MIM 255995),des indiens de la rivière Lumbee en Caroline du Nord. Elle comprend le phénotype SKD, une fente palatine et l'hyperthermie de l'anesthésie,
- le syndrome de "contractures, torticolis et hyperthermie maligne" (MIM 217150), décrit par Froster-Iskenius et al. et qui suggèrent l'association à l'arthrogrippose.

Références
-  McPherson EW, Taylor CA. The King syndrome : malignant hyperthermia, myopathy and multiple anomalies. American Journal of Medical Genetics 1981; 8:159-65.

- Heiman-Paterson TD, Rosenberg HR, Binning CPS, Tahmoush AJ. King-Denborough syndrome : contracture testing and literature review. Pediatric Neurology 1986; 2:175-7.

-. Stewart, C. R.; Kahler, S. G.; Gilchrist, J. M. : Congenital myopathy with cleft palate and increased susceptibility to malignant hyperthermia: King syndrome? Pediat Neurol 4: 371-374, 1988.

- Froster-Iskenius, U. G.; Waterson, J. R.; Hall, J. G. : A recessive form of congenital contractures and torticollis associated with malignant hyperthermia. J Med Genet 25: 104-112, 1988.

- Isaacs H, Badenhorst MF. Dominantly inherited malignant hyperthermia in the King-Denborough syndrome. Muscle Nerve 1992; 15:740-2.

- Chitayat D, Hodgkinson KA, Ginsburg O, Dimmick J, Watters GV. King syndrome : a genetically heterogenous phenotype due to congenital myopathies. American Journal of Medical Genetics 1992; 43:954-6.

- Denborough MA. Malignant hyperthermia. Lancet 1998; 352:1131-36.

- Iwatsubo T, Yoshikawa M, Karashima Y, Kurita N, Shimoda T, Takahashi H, Horiuchi T, Kitaguchi K, Furuya H. Anesthetic management of the King-Denborough syndrome Japanese Journal of Anesthesiology 2001; 50: 390-3.



Professeur Yves Nivoche et Docteur Béatrice Bruneau
Service d'anesthésie réanimation chirurgicale
AP-HP Hôpital Robert Debré
48 Boulevard Serurier
75019 Paris
France

Docteur Norma Beatriz Romero
Institut de Myologie et INSERM U523
AP-HP Groupe Hospitalier Pitié Salpétrière
47-83 boulevard de l'Hôpital
75651 Paris
France