La sclérose en plaques
Date de création : mars 1997
Dernière mise à jour : septembre 2001 faite par Dr
David Brassat
Critères diagnostiques/ Définition
La sclérose en plaques (SEP) est une affection inflammatoire
et démyélinisante du système nerveux central.
Comme aucun test diagnostique simple et spécifique n'est disponible,
le diagnostic de la SEP suppose une démarche qui requiert :
Description clinique
Toutes les régions du système nerveux central peuvent
être atteintes, bien que certaines le soient avec prédilection
: nerf optique, moelle épinière, cervelet, substance blanche
périventriculaire des hémisphères cérébraux.
Cette diffusion des lésions explique la grande variabilité
des symptômes d'un malade à l'autre, particulièrement
au début de la maladie. Le handicap, lorsqu'il s'installe, est plus
uniforme, d'abord dominé par une perte progressive de la mobilité
associé de manière variable à divers déficits
sensoriels. Après quinze à vingt ans, la moitié des
patients seront dépendants, ayant recours au fauteuil roulant, certains
d'entre eux présentant un sévère déficit des
fonctions intellectuelles.
Etiologie
La lésion histologique élémentaire est une zone
de démyélinisation inflammatoire centrée par une veinule.
Une rupture de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique
responsable d'un œdème inflammatoire périvasculaire accompagne
la formation d'un infiltrat lympho-plasmocytaire et macrophagique. La conséquence
en est une démyélinisation focale qui s'étend de manière
centrifuge en respectant dans la majorité des cas les axones. Au
décours de cette période inflammatoire, l'infiltrat cellulaire
diminue, se modifie qualitativement alors qu'apparaît une réaction
astrocytaire. Une remyélinisation peut s'amorcer mais elle est le
plus souvent abortive. Au cours des poussées, les zones démyélinisées
s'étendent de manière confluente alors que de nouvelles zones
apparaissent. L'IRM a montré que ce processus évolutif était
persistant alors que toutes les phases actives de la maladie n'étaient
pas à l'origine de symptômes. La phase chronique est marquée
par la disparition des axones qui conditionne l'irréversibilité
du handicap. Le corollaire en IRM est l'apparition d'une atrophie, cérébrale
et médullaire. De nombreux arguments expérimentaux, l'existence
en particulier d'un modèle animal (encéphalo-myélite
allergique expérimentale) lié à une immunisation vis-à-vis
d'une protéine de la myéline -la protéine basique
de la myéline- font considérer la SEP comme une maladie
auto-immune médiée par les lymphocytes TH1.
La physiopathologie fait intervenir, comme beaucoup d'affections de
ce type, l'interaction de facteurs environnementaux avec des facteurs génétiques.
Aucun virus n'a encore été isolé, et les facteurs
épidémiologiques montrent une inhomogénéité
de répartition de la prévalence avec un gradient nord-sud
(cf. Incidence)
Une prédisposition génétique est suggérée
par une différence de prévalence suivant l'origine ethnique,
une agrégation familiale de cas (5 % des cas, risque relatif 10
à 20 fois supérieur dans la même fratrie), un degré
de concordance plus élevé chez les jumeaux homozygotes comparés
aux hétérozygotes (30 % versus 5 %), un risque moindre chez
les enfants adoptés, un risque plus élevé pour les
enfants issus de 2 parents atteints.
Conseil génétique
La SEP est classée dans les maladies génétiques
à transmission complexe. Aucun modèle simple de transmission
de type mendéléien n'a pu être retenu. La susceptibilité
dépend de plusieurs groupes de gènes interactifs. Leur identification
est aujourd'hui l'objet de recherches intensives. La stratégie utilisée
est double, stratégie gène candidat et criblage anonyme du
génome. Ces deux approches sont en fait très complémentaires
et font appel à des études d'association et de liaison dans
des groupes homogènes de patients et de familles informatives. La
seule certitude actuelle est l'implication de la région HLA de classe
II, puisque l'haplotype HLA DR2-DQW1 (HLA DRB 1* 1501-DQA1*0102-DQB1*0602)
est associé à la SEP dans les populations de patients et
lié à la transmission de la maladie dans les familles multicas.
Le risque génétique qui lui est attaché est cependant
faible, et ce marqueur ne peut être en pratique utilisé comme
indice de facteur de risque. Les études préliminaires du
criblage anonyme récemment rapportées ne suggèrent
aucun groupe de gènes prépondérant. Plusieurs régions
du génome ont été localisées dans lesquelles
peuvent se situer des gènes candidats. Elles demandent à
être confirmées puis ces gènes identifiés. Dans
ce type d'approche, les difficultés méthodologiques se heurtent
au grand nombre d 'informations à collecter pour donner une réelle
signification aux analyses statistiques permettant l'interprétation
des données. En France, un réseau INSERM de recherche clinique
participe intensivement à ce type d'étude. (Réseau
INSERM n° 4R002A Coordonnateur M. Clanet). Aucune application clinique
n'est encore utilisable bien que l'espoir existe que cette recherche accroisse
les connaissances physiopathologiques et permette la détermination
de facteurs de risque.
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