Nom de la maladie et ses synonymes
Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel/Maladies exclues
Incidence
Description clinique
Mode de prise en charge et traitement
Etiologie
Conseil génétique/Diagnostic prénatal
Mots cléfs
Références
Nom de la maladie et ses synonymes
Maladie d'Alexander ou leucodystrophie avec fibres de Rosenthal (FR).
Critères diagnostiques
Depuis sa première description en 1949 par W.S. Alexander (1),
différentes formes cliniques ont été décrites
ayant en commun des critères neuropathologiques : présence
de FR associée à un déficit en myéline d’intensité
variable.
Dans les formes infantiles et juvéniles, le diagnostic est évoqué
sur un ensemble de signes clinico-radiologiques, il est confirmé
par la neuropathologie (biopsie cérébrale ou examen post-mortem)
(2-6).
Le diagnostic des formes adultes repose essentiellement sur l’histologie,
les signes neurologiques étant peu spécifiques voire absents.
La présence de mutations dans le gène qui code pour la
GFAP (Glial Fibrillary Acidic Protein) permet actuellement de confirmer
le diagnostic, mais il est encore trop tôt pour affirmer que tous
les cas sont liés à des anomalies de ce gène, notamment
les formes adultes (7).
Diagnostic différentiel/Maladies exclues
Les formes infantiles peuvent se confondre avec les encéphalopathies
progressives avec macrocéphalie, les hydrocéphalies mais
parfois des retards mentaux initialement isolés. Après réalisation
d’un examen neuroradiologique, le diagnostic est celui d’une leuco-encéphalopathie
avec macrocrânie. Il faut alors éliminer la maladie de Canavan
(par dosage du N-acétylaspartate) et la leucodystrophie mégalencéphalique
avec kystes (8,9). En l'absence de certitude diagnostique, le pronostic
annoncé doit être prudent car des cas de leucodystrophie avec
mégalencéphalie et symptomatologie minime sont rapportés
dans la littérature (10).
Les formes tardives sont d'un diagnostic plus difficile, faisant discuter
les atteintes bulbaires progressives dans les formes juvéniles et
essentiellement la sclérose en plaques chez l’adulte.
Incidence
La maladie d'Alexander est une maladie très rare.
Description clinique
Différentes formes cliniques ont été identifiées
(2-5)
-
Les formes infantiles (de la naissance à 24 mois), ont un
début précoce, vers 6 mois, leur pronostic est sévère
avec un décès dans l’enfance dans la majorité des
cas. La symptomatologie associe une anomalie du développement psychomoteur
(retard ou stagnation puis régression), une mégalencéphalie
progressive et/ou une hydrocéphalie , un syndrome pyramidal, une
ataxie et des crises épileptiques. Des épisodes d'aggravation
avec vomissements peuvent survenir au cours de l'évolution faisant
rechercher une hypertension intracrânienne. La présence de
protéines dans le liquide céphalo rachidien (hyperprotéinorachie)
est parfois retrouvée. Le scanner et l'IRM montrent des anomalies
de la substance blanche hémisphérique parfois excavées
qui prédominent dans le lobe frontale. Elles sont souvent associées
à des lésions des noyaux gris, du thalamus et du cervelet.
Toutes ces anomalies sont rehaussées et donc mieux visibles, par
la prise d’un produit de contraste (6).
-
Les formes juvéniles débutent à l’âge scolaire,
en moyenne vers 9 ½ ans, leur durée d’évolution est
variable (de 15 mois à plus de 12 ans). La symptomatologie est différente
dominée par une paraplégie spastique et des signes bulbaires
progressifs ; les fonctions cognitives sont habituellement préservées.
-
Les formes adultes sont hétérogènes. La plupart des
patients ont une symptomatologie neurologique à rechutes ressemblant
une sclérose en plaques. Le diagnostic n'est évoqué
dans la majorité des cas que lors de l'examen neuropathologique,
devant la présence de FR. Chez certains adultes, sans symptomatologie
neurologique particulière, décédés au terme
de maladies systémiques complexes, la présence de FR fait
évoquer le diagnostic de maladie d'Alexander, mais pour la majorité
des auteurs ces cas constituent une entité distincte.
Mode de prise en charge et traitement
Le traitement est actuellement purement symptomatique.
Etiologie
C’est l’aspect neuropathologique du système nerveux central
qui a permis de décrire la maladie d'Alexander (1). L'histologie
montre une prolifération puis une dégénérescence
astrocytaire, un déficit myélinique, et une présence
de FR (révélée par des dépôts hyalins
éosinophiles osmiophiles intra-astrocytaires) qui prédomine
dans les régions sous-épendymaires, sous-piales et péri-vasculaires.
Dès sa description, cette pathologie a été considérée
comme une maladie primitive des astrocytes (1). Cependant les FR ne sont
pas spécifiques de cette maladie, elles peuvent être présentes
dans les tumeurs astrocytaires, la maladie de Bourneville, les dysplasies
corticales focales, l'hémimégalencéphalie, la sclérose
en plaques...; mais leur abondance, leur distribution et l'association
à un déficit en myéline intense et diffus sont caractéristiques
de la maladie d’Alexander.
Cette affection étant rare et habituellement sporadique, la
recherche étiologique était difficile; elle s’est focalisée
sur l’analyse biochimique des FR, principal marqueur de la maladie. Le
composant majoritaire des FR est la protéine alphaB-crystalline
qui est associée à l’hsp27 (Heat shock protein), à
l’ubiquitine et à la GFAP. L'AlphaB-crystalline et l'hsp27 étant
des protéines du stress, certains auteurs ont émis l’hypothèse
que les FR apparaîtraient en réponse à un stress chronique
lié à un stimulus inconnu (11). Mais en 1998, Messing et
col. (12), dans le but d’étudier l’astrogliose, créent une
souris transgénique surexprimant la protéine GFAP humaine
et dont le système nerveux central contient des FR. Le gène
de la GFAP devient alors un bon candidat pour la maladie d’Alexander.
Les premières mutations de la GFAP viennent d’être
décrites dans 12 des 13 cas de maladie d’Alexander prouvés
neuropathologiquement. Il s’agit de mutations de novo, dominantes.
Dans un des cas, aucune mutation n’a été retrouvée
dans la séquence codante ; cela pourrait s’expliquer par une mutation
dans le promoteur ou par un remaniement génique. Néanmoins,
l'atteinte d’un autre gène, notamment dans les formes atypiques
et adultes, ne peut actuellement être exclue.
Conseil génétique/Diagnostic prénatal
La maladie est habituellement sporadique, mais quelques rares cas familiaux
ont été décrits avec une atteinte de plusieurs membres
d’une fratrie. Ces cas concernaient des formes infantiles et des formes
dominantes chez l’adultes. Tous les cas identifiés avec mutation
de la GFAP sont liés à des mutations sporadiques,
mais on ne peut exclure l’existence d’un mosaïcisme gonadique. Nous
proposons donc actuellement de rechercher la mutation identifiée
dans le cas index, lors d’une nouvelle grossesse.
Mots cléfs
Maladie d’Alexander, astrocyte, fibres de Rosenthal, GFAP, myeline,
leukodystophie.
Références
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associated with mental retardation in a hydrocephalic infant. Brain ; 1949;
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