Nom de la maladie et ses synonymes
Critères diagnostiques/définition
Description clinique
Modes de prise en charge incluant les traitements
Etiologie
Méthodes de diagnostic biologique
Conseil génétique
Diagnostic prénatal
Questions non résolues et commentaires
Références
Nom de la maladie et ses synonymes
-
Ataxies cérébelleuses autosomiques dominantes
-
Autosomal dominant cerebellar ataxia (ADCA)
-
Ataxies spinocérébelleuses autosomiques dominantes
-
Atrophie olivo-ponto-cerebelleuses autosomique dominante
-
Maladie de Machado Joseph
Critères diagnostiques/définition
Les ataxies cérébelleuses de transmission autosomique
dominante (ADCA) sont des affections neurodégénératives
cliniquement et génétiquement hétérogènes
mais qui ont en commun l'existence d'un syndrome cérébelleux
souvent inaugural. La plupart des formes surviennent à l'âge
adulte. Le diagnostic repose sur la présence d'un syndrome cérébelleux
progressif variablement associé à d'autres signes neurologiques
(cf classification clinique) et sur une transmission autosomique dominante.
L'imagerie cérébrale contribue à la mise en évidence
d'une atrophie cérébelleuse englobant plus le tronc cérébral.
Description clinique
Une classification en trois groupes a été proposée
par A. Harding en fonction des signes cliniques associés à
l'ataxie cérébelleuse.
Dans le type I, les signes suivants peuvent se rencontrer
: syndrome pyramidal et extrapyramidal, trouble de la sensibilité
profonde, ophtalmoplégie, troubles cognitifs. La maladie de Machado-Joseph
(MJD) fait partie de ce groupe.
Le type II, associe constamment ces signes à
une dégénérescence maculaire progressive qui conduit
à la cécité.
Enfin, dans le type III, le syndrome cérébelleux
est pur avec parfois des troubles de la sensibilité profonde.
Ces maladies débutent en règle générale à l'âge adulte,
elles évoluent vers une perte d'autonomie et le décès
survient habituellement en dix à trente ans. Aucun traitement spécifique
n'est connu.
Modes de prise en charge incluant les traitements
Le traitement est purement symptomatique. La rééducation
fonctionnelle, de même qu'une prise en charge médico-psycho
sociale sont très importantes.
Etiologie
La maladie est de transmission autosomique dominante avec une pénétrance
âge-dépendante, elle est probablement complète au delà
de 70 ans. L'âge de début est très variable au sein
d'une famille avec un phénomène d'anticipation, surtout vrai
lors d'une transmission paternelle. L'anticipation est plus particulièrement
marquée dans le type II.
Dans les ADCA de type I, quatre gènes ont été localisés
qui rendent compte d'environ 60 % des formes.
SCA1 (spinocerebellar ataxia l) sur le chromosome 6 (6p), SCA2
sur le chromosome 12 (12q), SCA3/MJD sur le chromosome 14 (14q),
et SCA4 sur le chromosome 16 (16q).
Dans les ADCA de type II, le locus SCA7 se trouve sur le chromosome
3 (3p). Cette forme est très probablement génétiquement
homogène.
Dans le type III, un gène a été localisé
sur le chromosome 11 (SCA5), mais semble rendre compte d'une minorité
de familles. SCA6 est localisé sur le chromosome 19p.
Les gènes SCA1, SCA2, SCA3/MJD, SCA6, SCA7, SCA10,
SCA12 et SCA17 sont identifiés. La mutation des gènes
SCA1,
SCA2, SCA3, SCA6, SCA7, SCA12 et SCA17 consiste en l'expansion d'un
trinucléotide CAG répété. La longueur de la
répétition est polymorphe dans la population normale mais
excède un seuil variable selon la pathologie. Une forte corrélation
inverse est mise en évidence entre le nombre de CAG et l'âge
de début. Cependant, il existe d'importantes variations inter-individuelles
qui rendent impossible une prédiction de l'âge de début
d'après le nombre de triplets CAG pour un individu donné.
Ces mutations sont instables lors de leur transmission sauf pour SCA6.
La mutation du gène SCA10 est l'expression de grande taille
d'un pentanucléotide répété.
Méthodes de diagnostic biologique
L'expansion de trinucléotides CAG aux locus SCA1, SCA2, SCA3/MJD,
SCA6, SCA7, SCA12 et SCA17 peut être facilement testée
pour confirmer le diagnostic chez un patient appartenant à une famille
connue ou chez un cas isolé. En France, seules les mutations SCA1,
SCA2, SCA3, SCA6 et SCA7 ont été mises en évidence
à ce jour. En l'absence d'histoire familiale, il est rare de trouver
ces mutations.
Conseil génétique
Le risque d'atteinte est de 1/2 pour les enfants d'un sujet affecté
par la maladie.
Le diagnostic présymptomatique est techniquement possible dans
les familles avec mutation des gènes SCA1, SCA2, SCA3/MJD, SCA6,
SCA7, SCA12 et SCA17. Il ne se conçoit que chez un candidat
adulte à risque et cliniquement indemne qui souhaite connaître
son statut véritable. En l'absence de thérapeutique efficace,
il est capital que ce diagnostic ne soit pratiqué que chez des candidats
dont les motivations ont été bien élaborées
et qui seront capables de faire face à un résultat même
défavorable. La procédure est superposable à celle
utilisée dans la maladie de Huntington.
Diagnostic prénatal
Le diagnostic prénatal peut être demandé par un
couple dont l'un des membres est porteur symptomatique ou non, d'une des
mutations identifiées. Ce dernier cas nécessite qu'un test
présymptomatique ait été pratiqué chez le membre
à risque du couple. Le diagnostic prénatal ne devrait être
réalisé que s'il conduit à une interruption de grossesse
en cas de résultat défavorable. Sinon ce test correspondrait
en réalité à un diagnostic présymptomatique
pratiqué chez un mineur.
Questions non résolues et commentaires
Il y a une grande variabilité d'expression intrafamiliale. Dans
les type I et II, la présentation clinique ne permet pas d'anticiper
la nature du gène responsable. L'ataxie dentato-rubro-pallido-lysienne
(DRPLA) est incluse dans ce groupe de maladie mais elle est très
rare pour des malades d'origine française. Il s'agit également
d'une expansion d'un trinucléotide CAG (localisation en 12p).
Références
Durr A, Brice A.Clinical and genetic aspects of spinocerebellar degeneration.
Curr Opin Neurol. 2000;13:407-13.
Ranum, L. P. W.; Lundgren, J. K.; Schut, L. J.; Ahrens, M. J.; Perlman,
S.; Aita, J.; Bird, T. D.; Gomez, C.; Orr, H. T. :
Spinocerebellar ataxia type 1 and Machado-Joseph disease: incidence
of CAG expansions among adult-onset ataxia patients
from 311 families with dominant, recessive, or sporadic ataxia. Am.
J. Hum. Genet, 1995; 57: 603-608.
Lucotte, G.; Semonin, O.; Mercier, G. : Presymptomatic testing for
autosomal dominant spinocerebellar ataxia type 1 in a French family. Genet.
Counsel, 2001,12: 173-175.