Syndrome de rubéole congénitale
Date de création : novembre 2002
Historique
C'est à la suite d'une épidémie de rubéole
qui a touché en 1940 plusieurs milliers de personnes en Australie
que l'ophtalmologiste Norman Gregg, en 1941, eut son attention attirée
par un grand nombre de cataractes congénitales. Une prise de contact
avec d'autres ophtalmologistes australiens permit, en quelques jours, de
réunir 78 cas de cette anomalie auparavant très rare. L'examen
de ces cataractes montra que toutes les couches du cristallin étaient
atteintes, à l'exception de la couche la plus externe, signant une
atteinte précoce lors du développement. L'interrogatoire
de plusieurs des mères d'enfants atteints a permis de faire le lien
entre ces cataractes et l'épidémie de rubéole survenue
quelques mois plus tôt.
Critères diagnostiques
Chez la femme enceinte, dont l'immunité est négative
ou inconnue, le diagnostic de primoinfection rubéoleuse est caractérisé
par la présence de 2 des 3 critères suivants :
Incidence des infections rubéoleuses
En France, entre 1976 et 1984, il a été constaté
que la seule vaccination des pré-adolescentes et des femmes
en âge de procréer avait un impact limité sur l’incidence
des infections rubéoleuses durant la grossesse (moyenne annuelle
de 28 cas pour 100 000 naissances vivantes). L’introduction de la vaccination
dans le calendrier vaccinal du nourrisson a provoqué une diminution
très marquée de l’incidence des rubéoles congénitales
de 1985 à 1988 (moyenne annuelle de 13 cas pour 100 000 naissances
vivantes) avec une incidence réduite à moins de 5 pour 100
000 naissances vivantes à partir de 1989. Cependant, dans les années
1993 , 1994 et 1997, le réseau de surveillance de la rubéole
(Renarub, constitué
des laboratoires d'analyses de biologie médicale faisant la recherche
des IgM antirubéoleuses) a mis en évidence une recrudescence
de l’incidence avec des taux d’infections rubéoleuses durant la
grossesse autour de 10 pour 100 000 naissances vivantes.
En 1999, en France métropolitaine,l’incidence annuelle des infections
rubéoleuses en cours de grossesse a été de 5,40 /100
000 naissances vivantes et celle des rubéole congénitale
malformative de 0,14 /100 000 naissances vivantes.
Quarante cas d’infection rubéoleuse pendant la grossesse ont
été diagnostiqué, 26 grossesses ont été
poursuivies et 14 interrompues. Parmi les enfants nés, 2 avaient
un SRC, certain chez l'un et probable chez l'autre, après infection
rubéolique respectivement à la 6° et 7° semaine du
développement.
Description clinique
Les enfants nés d’une mère ayant contracté la
rubéole pendant la grossesse présentent des associations
malformatives qui, dans un contexte de séroconversion rubéolique,
correspondent à ce qu'il est convenu d'appeler syndrome de rubéole
congénitale (SRC). Ce syndrome est constitué d’une combinaison
variable des atteintes suivantes :
Risque de transmission du virus
En cas de rubéole confirmée par la sérologie maternelle
au premier trimestre de la grossesse, le risque de passage transplacentaire
du virus est supérieur à 80%. Quand l’'infection est plus
tardive, soit entre la 15ème et la 30èmesemaine
du développement, le risque diminue aux environs de 30%, pour augmenter
à nouveau avec un passage de pratiquement 100% après 36 semaines.
Le risque de SRC n'a été décrit que lors d'infections
survenues dans les 16 premières semaines de grossesse, à
l'exception de quelques cas de surdité après infection à
28 semaines, et d'un cas de sténose de l'artère pulmonaire
après rubéole à 24 semaines. Les infections survenant
entre le début du 5ème mois et la fin de la grossesse
n'induisent pas de risque de retard mental, mais celles du 3ème
trimestre impliquent un risque de retard de croissance intra-utérin.
Conclusion
Outre la nécessité d’améliorer et d’homogénéiser
rapidement, dans l’ensemble du pays, la couverture vaccinale des nourrissons,
le rattrapage de la vaccination des jeunes filles et des femmes non immunisées
en âge de procréer paraît prioritaire. Il faut éviter
la survenue prochaine de nouveaux pics épidémiques d’infections
rubéoleuses durant la grossesse qui ont pour conséquences
des interruptions thérapeutiques de grossesse et des formes
malformatives du nouveau-né. En 1999, si les 9 femmes avec antécédents
obstétricaux avaient été vaccinées à
l’issue d’une grossesse antérieure, une rubéole congénitale
malformative probable et 2 interruptions de grossesse auraient pu
être évitées. La vaccination en post-partum des femmes
dépistées séronégatives en cours de grossesse
nécessite d’être promue davantage auprès des cliniciens.