La recherche médicale
La recherche médicale
Un des buts primordiaux de l'AFAF est de promouvoir et financer
la recherche sur l'ataxie de friedreich.
Axes de
Recherche.
A l'origine, les axes de
recherche promus par l'AFAF concernaient principalement la recherche
génétique et biochimique, telle que la mise en évidence de déficits
enzymatiques par microscopie électronique.(professeur J.J. Hauw en collaboration avec les laboratoires
du Dr. Bauman et du Pr. Agid), des études épidémiologique ( Pr. Agid et
Dr. A. Seck.)
Les recherche génétiques
initiées par le Pr. J.L. Mandel (INSERM Strasbourg) ont ainsi pu
déterminer que le gène responsable
était inscrit sur le chromosome 9, ce qui a abouti à
l'identification de celui-ci en mars 1996 par l'équipe du Professeur Koenig
en association avec d'autres laboratoires Européens.(28 cas génétiquement
atypiques d'ataxie de Friedreich ont étés mis en évidence par l'équipe
du Pr. Agid.)
Dans la foulée de la découverte
de ce gène, on a pu trouver la protéine produite par ce gène : la Frataxine. Elle est présente sous une forme analogue chez la levure et les
nématodes. Son absence totale entraîne la létalité, tandis que son
déficit aboutit au symptômes de la maladie.
Les recherches actuelles sont
actuellement centrées sur
- le rôle de la frataxine ;
- la création de modéles
animaux (souris) ;
- l'essai de substances
médicamenteuses
- in-vitro
- sur modèle animal
- clinique ( ATU de
l'Idébénome -CoQ10- depuis 1999.
Des recherche et applications
concernent aussi le diagnostic
anténatal qui peut être envisagé dans certaines
conditions ( plusieurs
équipes s'apprêtent à organiser les premières
ponctions amniotiques), les caméra à positrons, la production de
la parole, les formes atypiques...

Frataxine
Depuis l'identification, en Mars 1996, du gène de l'ataxie
de Friedreich et de sa protéine, baptisée Frataxine, les chercheurs vont de découvertes en découvertes.
Les données récentes indiquent que la Frataxine
est localisée dans les mitochondries (petites structures à
l'intérieur des cellules produisant l'énergie). Les chercheurs de l' équipe
de Strasbourg, ont observé une accumulation de fer pour un organisme modèle, la levure, qui
possède un gène homologue à celui de la
Frataxine.
En 1997, un an après l'identification du gène
de la frataxine, en cause dans la maladie, une autre équipe,
à l'hôpital Necker (P.Rustin, A.Rötig), a mis en évidence, chez des patients, une
accumulation anormale de fer dans les mitochondries, sièges
de la production d'énergie et de la respiration cellulaire.
Les chercheurs ont également observé que quatre
protéines mitochondriales du métabolisme énergétique
étaient inactives. Leur hypothèse : la déficience
en frataxine entrainerait un trop-plein de fer. Celui-ci conduirait
à l'apparition de radicaux libres d'oxygène, toxiques,
qui inactiveraient à leur tour ces quatre protéines.Cette
hypothèse est actuellement (début 2002) remise en question car du fait de l'interaction
accumulation de fer, oxygène, ce pourrait, initialement, aussi bien
être l'augmentation d'oxygène qui entraîne une accumulation de fer.

Modèles
animaux
Dans la foulée de la découverte du
gène, l'équipe du professeur Koenig (Inserm Strasbourg) a souhaité pouvoir
travailler sur un modèle animal : obtenir par génie génétiques des animaux
(ici des souris) présentant la "même" maladie sur lesquels on
pourrait pratiquer différents essais (médicamenteux notamment)
déontologiquement irréalisables sur un patient humain.
Une des premières difficultés a
consisté à obtenir des souris clonées viables. En effet, dans l'ataxie de
Friedreich, le gène produisant la frataxine peut avoir soit une mutation de
rupture, soit une mutation due à une répétition de nucléotides. La maladie
se développe si les deux gènes sont mutés, soit deux mutations de
répétitions, soit une mutation de répétition et une mutation de rupture, mais si les
deux gènes ont une mutation de rupture, il n'y a pas de production de frataxine,
et le foetus ou l'embryon n'est pas viable. C'est ce qui se passait avec les
premières tentatives sur les souris.
Il a donc fallu utiliser des
techniques récentes pour pouvoir neutraliser ces gènes en cours du
développement embryonnaire. Ces techniques permettent de plus de cibler les
organes atteints, ce qui a permis de créer un modèle cardiaque et un modèle
neurologique (Hélène Puccio, Michel Koenig et al.)
Ces souris sont mises à
dispositions des laboratoires internationaux et permettent d'ores et déjà
d'effectuer différent essais .
L'étude détaillée de ces souris a montré
notamment que les mitochondries ne fonctionnaient plus très bien
avant que le fer s'accumule.

Essai clinique
Sur les bases de l'action de la frataxine, les scientifiques ont cherché à
réduire la toxicité induite par l'accumulation
de fer. Les candidats médicaments, de simples antioxydants.
Les essais ont débuté in vitro, sur des
cellules cardiaques isolées afin de tester les effets
protecteurs de plusieurs molécules. Parmi elles, l'idébénone
(coenzyme Q10) protégeait les protéines mitochondriales des effets
de l'accumulation du fer. Cette molécule est connue, sans
effet secondaire répertorié, et les chercheurs
ont pu aussitôt lancer un essai in vivo chez trois jeunes
malades présentant des symptômes cardiaques, chez lesquels ils ont suivi l'évolution de
l'hypertrophie.
Pendant quatre à neuf mois, chaque malade a absorbé
oralement une dose quotidienne d'idébénone.
Les résultats sont très encourageants : en peu
de temps, l'hypertrophie cardiaque a significativement diminué
chez les trois malades, et le produit a été parfaitement toléré.
La courte durée de l'essai n'a pas permis de noter
de changement au niveau des atteintes neurologiques hors une observation subjective qui demande une validation scientifique.
Dans ce but, les équipes d'Arnold MUNNICH à Necker
et d'Alexis BRICE à la Salpêtrière ont engagé
un protocole d'étude d'au moins un an, sur plus de cinquante
malades, enfants et adultes, depuis Avril 1999.
L'équipe de Pierre Rustin et Agnès
Roetig (Necker) tente d'obtenir que des cellules de
la peau de patients atteints d'ataxie de Freidreich , lorsque elles sont mises en culture, meurent rapidement par rapport à
des cellules de peau de personnes non atteintes de la maladie.
L'idée derrière ces travaux est de réaliser
un système simple dans lequel en quelques jours, les unes
meurent et les autres survivent. Ceci obtenu, il sera possible
de tester toutes sortes de molécules "au hasard"qui
permettront aux cellules de la peau de patients de survivre.
lire : Le point sur la recherche
(D'après
un article du Dr Pierre Rustin paru dans la revue de l'Association
: "Espoir" n°85)
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