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Le Diabète Insipide Néphrogénique
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I- Introduction
En pathologie, lorsque qu'un patient ne peut concentrer normalement ses urines, c'est à dire que le volume d'urine produite est trop important, on parle de « Diabète Insipide ». On en distingue deux grands types :
1 - Le Diabète Insipide Central (DIC) qui est lié à un défaut de production de l'hormone anti-diurétique (cf
page infos DIC).
2 - le Diabète Insipide Néphrogénique (DIN) qui est lié à une incapacité pour les reins de répondre aux effets de l'ADH qui est dans ce cas, produite en quantité tout à fait normale. Le traitement par le dDAVP ( Minirin ) n'est donc pas utilisé car non efficace sauf dans certains cas très particuliers.
II - Les différents types de Diabète Insipide Néphrogénique
Le Diabète Insipide Néphrogénique (DIN) est donc dû à l’incapacité des reins à répondre aux "effets antidiurétiques" de quantités normales de l'hormone anti-diurétique (ADH).
Plusieurs causes peuvent expliquer cette "résistance" des reins à l'action de cette hormone. Certaines sont congénitales et vont se manifester souvent très précocement chez l'enfant voire dès la naissance. D'autres sont acquises et liées à une pathologie rénale ou à la prise de certains médicaments et les symptômes peuvent alors apparaître à tout âge.
1- Les causes congénitales de DIN
A/ Le Diabète Insipide Néphrogénique congénital (DINc).
Il s'agit de situations rares mais qui se manifestent dans les premières semaines de la vie. Il faut donc savoir les reconnaître pour éviter des accidents de déshydratation parfois sévères qui peuvent survenir chez ces nourrissons.
Il s'agit d'une maladie héréditaire rare dont les causes sont actuellement bien connues. On en distingue deux types selon le gène en cause :
- le DINc lié au chromosome X :
il est dû à une anomalie du récepteur de type V2 de l'hormone antidiurétique. Ce récepteur, dont le gène (appelé AVPR2) est localisé sur le chromosome X (en position Xq28), est présent au niveau du tube collecteur du rein. C'est lui qui permet l'action de l'ADH sur le rein. Des mutations de ce gène peuvent être à l'origine soit d'une anomalie, soit d'une absence de ce récepteur V2 ; le tube collecteur est alors insensible aux effets de l'ADH.
Cette forme liée à l'X, représente plus de 80% des cas de DINc. En raison de son mode de transmission génétique, cette forme de DINc touche les garçons. Des filles dîtes "transmettrices", c'est à dire ayant un de leurs deux chromosomes X porteurs d'une mutation de l'AVPR2, peuvent cependant présenter un certain degré de polyurie.
Au Québec, où des études importantes sur ce sujet ont été réalisées, l'incidence est estimée à 8,8/ 1 000 000 naissances de garçons.
- le DINc de transmission récessive ou dominante :
il est du à une anomalie d'un "canal à eau" appelé aquaporine 2. Ce canal est normalement présent au niveau des cellules du tube collecteur du rein et, sous l'action de l'ADH, il va permettre le transport de l'eau dans ces cellules. Son gène (appelé AQP2) est localisé sur le chromosome 12 et des mutations de ce gène vont entraîner un dysfonctionnement de ce canal. Selon le type de mutations présentes sur le gène AQP2, la maladie peut s'exprimer sur un mode dit "dominant" ou sur un mode dit "récessif" (le plus souvent). Cette forme de DINc peut toucher aussi bien les garçons que les filles.
Dans les deux formes, la maladie est caractérisée par une polyurie avec polydipsie (cf page articles médicaux), des accès de fièvre, une constipation et des accidents de déshydratation hypernatrémiques survenant après la naissance et, s'ils ne sont pas traités, parfois responsables de séquelles neurologiques.
Au plan thérapeutique, le traitement reste, à ce jour, symptomatique. Il vise à permettre un état d'hydratation normal des nourrissons et des enfants, ce qui est important pour leur croissance et leur développement, et à éviter les accidents de déshydratation. Il comporte, outre un apport hydrique suffisant, un régime contrôlé en résidus osmotiques (régime hyposodé, contrôlé en protides), des diurétiques (thiazidique et/ou modamide) et de l'indométacine. Ce traitement a transformé la vie des patients atteints de cette affection, en particulier chez les nourrissons chez qui le gavage peut être supprimé mais ces traitements doivent faire l'objet d'une surveillance régulière pour apprécier à la fois leur efficacité et leur tolérance.
Chez les adultes, la poursuite de ce type de traitement est souvent nécessaire, elle est fonction de la tolérance au quotidien qu'ont les patients de la situation de polyurie et de polydipsie qu'ils présentent d'une part et des traitements d'autre part.
NB : Des recherches sont en cours qui visent à tenter une approche thérapeutique "spécifique" de certaines formes de DINc lié à l'X. Elles sont basées sur l'utilisation de molécules "chaperonnes" qui peuvent permettre de restaurer la fonction de certains récepteurs V2 mutés. Ces molécules sont des antagonistes non-peptidiques du récepteur V2.
B/ Autres causes de formes congénitales de DIN
Il existe d'autres situations pathologiques congénitales, s'exprimant essentiellement chez l'enfant, caractérisées par un défaut de concentration des urines d'origine rénale.
Il s'agit surtout des cas d' hypoplasie et/ou dysplasie rénale (parfois associées à une uropathie) ainsi que certaines formes de maladies kystiques rénales héréditaires et en particulier la néphronophtise. Certaines de ces pathologies sont génétiquement déterminées.
Chez ces enfants, la polyurie est en général moins importante que dans le DINc mais d'autres éléments liés à une fréquente insuffisance rénale associée, doivent être pris en compte, en particulier au plan du traitement et du pronostic rénal à moyen et long terme.
2 - Les causes acquises de DIN
Elles sont multiples et peuvent survenir à tout âge mais plus fréquemment chez l'adulte.
La aussi, l'importance du trouble de concentration de l'urine et donc de la polyurie sont souvent moins marquées que dans le cas du DINc.
Les causes en sont variées. Elles peuvent être liées :
=) à des pathologies rénales comme l' amylose et certaines néphropathies interstitielles chroniques dont les étiologies respectives sont nombreuses,
=) à des troubles métaboliques comme l' hypercalcémie, l'hypokaliémie dont les causes sont également diverses,
=) à la prise de certains médicaments comme le lithium donné au long cours, ou certains antibiotiques.
Au plan thérapeutique, il est surtout important de trouver et si possible de traiter la cause de la perturbation rénale qui explique le trouble de concentration de l'urine.
En résumé :
Le diabète insipide néphrogénique peut résulter de différents médicaments ou maladies des reins, y compris des maladies génétiques héréditaires. Il ne peut pas être traité par le Minirin et, suivant sa cause, peut ou non être soigné en éliminant le médicament ou la maladie responsable. La forme héréditaire, par exemple, dure toute la vie et ne peut pour l’instant pas être soignée. Cependant, des médicaments peuvent partiellement diminuer les signes et symptômes du DI néphrogène.
Le DINc est une affection héréditaire rare, secondaire à une insensibilité du tube collecteur à l'hormone antidiurétique.
La polyurie peut dépasser 10 litres chez l'enfant. Le trouble de concentration est insensible à l'administration de l'hormone antidiurétique. Dans la majorité des cas, il s'agit d'une maladie récessive liée au chromosome X secondaire à des mutations du gène codant pour le récepteur V2 de l'hormone antidiurétique et localisé en Xq28.
Dans certains cas, la maladie est transmise selon le mode autosomique récessif ou dominant, en rapport avec des mutations du gène AQP2 de l'aquaporine 2 localisé sur le chromosome 12. L'aquaporine 2 permet le transport de l'eau dans la cellule du tube collecteur.
- Diabète insipide néphrogénique forme dominante
- Diabète insipide néphrogénique forme récessive
- Diabète insipide néphrogénique lié à l'X
- Diabète insipide néphrogénique type 1 - Diabète insipide néphrogénique type 2 - Diabète insipide néphrogénique type 3.
DIABETE INSIPIDE NEPHROGENIQUE
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EXAMENS
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SIGNES
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DIAGNOSTICS
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Echo ou scanner
abdominal
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Syndrome de masse
surrénalien |
Adénome de Conn
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Formations kystiques rénales
bilatérales |
Polykystose rénale |
Reins de petite taille et de
Contours bosselés |
Néphropathie interstitielle
chronique |
Reins normaux
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Diabète insipide héréditaire |
Source : Université de Rennes 1/CERF & MIM 125800 222000 304800
Le diabète insipide néphrogénique dans sa forme modérée est relativement fréquent dans la mesure où presque tous les patients âgés ou avec une insuffisance rénale chronique ou aiguë ont une réduction de la capacité maximale de concentration des urines. Cette anomalie n’est pas suffisamment sévère pour induire une polyurie même si certains patients peuvent se plaindre de nycturie. Une polyurie vraie, liée à une résistance à l’ADH, se voit essentiellement dans les circonstances suivantes :
· DIN héréditaire de l’enfant (voir lien nephrohus article 52 à http://www.nephrohus.org/uz/article.php3?id_article=52),
· toxicité du lithium au long cours,
· hypercalcémie,
· hypokaliémie,
· maladie rénale interstitielle.
Les causes du diabète néphrogénique sont (liste non exhaustive) :
· Congénitales
· Potomanie psychogène : trouble consistant en un besoin constant de boire de grandes quantités d'eau
· Pyélonéphrite : inflammation rénale
· Amylose : dépôts constitués de protéines (la substance amyloïde) dans plusieurs zones de l'organisme
· Prise de certains médicaments : lithium, aminosides (antibiotiques).
L'hormone antidiurétique peut être présente mais n'avoir aucune action sur le tube collecteur (zone de la cellule rénale sur laquelle elle agit), entraînant alors un DIN.
Complément d'informations :
Comme nous l'avons évoqué précédemment, Le DIN peut être héréditaire (récessif lié au sexe : transmis par les femmes et ne se manifestant que chez l'homme) ou secondaire à une maladie rénale chronique (pyélonéphrite, myélome, amylose…) ou encore provoqué par un médicament : sels de lithium, aminosides, anesthésie au méthoxyflurane. Le diabète néphrogénique chez le nourrisson qui ne peut manifester sa soif se traduit par une déshydratation grave avec fièvre, vomissements, convulsions. Le traitement est évidemment fonction de la cause. Il faut dans tous les cas ne pas laisser le malade se déshydrater ni s'hyper hydrater puis essayer de l'équilibrer avec un régime peu salé.
Le traitement de la cause est impératif s'il en existe une. La desmopressine est un analogue de l'ADH dont l'action antidiurétique est puissante. L'administration se fait en général par voie endonasale une ou deux fois par jour. Certains médicaments permettent de réduire les doses et peuvent être associés : Tégrétol, Largactyl, Lipavlon.
Un membre de votre entourage ou vous-même venez d'apprendre le diagnostic. Vous avez envie d'échanger vos points de vue avec d'autres personnes dans votre cas car parler du diabète insipide néphrogénique n'est pas toujours facile : l'AFDI et ses membres DIN sont là pour vous... Contactez-nous.
T., 8 mois, 7 kgs, appareillé la nuit pour "gavage".
Cf. également site de l'AIRG (http://www.airg-france.org), de la FMO, de Doctissimo (http://recherche.doctissimo.fr), Atoute,...
NB : Un FORUM DI a été ouvert mi-septembre 06 afin de vous permettre de dialoguer librement entre membres (patients et/ou familles de patients DIN). N'hésitez-pas à y communiquer.
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